Imprimer cette page

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Du pétrole et des dollars en Alberta

Mise à jour le vendredi 19 janvier 2007 à 19 h 01
Envoyer à un ami

 

Du pétrole et des dollars en Alberta

Gisements de sables bitumineux

Les premiers explorateurs qui ont découvert, il y a 100 ans, du sable recouvert de bitume le long de la rivière Athabaska étaient loin de se douter de la quantité de pétrole qu'il contenait: 1700 milliards de barils, cinq fois les réserves de l'Arabie saoudite. Immenses, les gisements s'étendent sur 140 000 kilomètres carrés, soit une superficie plus grande que celle de la Floride.

Camion-citerne

Extraire le pétrole des sables bitumineux n'est pas très sorcier: on pourrait le faire dans sa cuisine. Il suffit de verser un peu d'eau chaude, de bien brasser et d'attendre un peu. Le sable se dépose au fond, alors qu'un produit noir et visqueux, le bitume, flotte à la surface. Sa structure moléculaire, l'une des plus complexes que l'on retrouve dans la nature, compte des centaines d'atomes de carbone. Il faut chauffer le bitume à plus de 500 degrés Celsius pour briser la molécule et en faire du pétrole synthétique.

Différents procédés permettent de réaliser cette séparation. Tous nécessitent beaucoup d'eau, entre deux et cinq barils d'eau douce pour produire un seul baril de pétrole. Or, on produit aujourd'hui plus de un million de barils par jour. Et ce n'est qu'un début.

Pour produire un seul baril de pétrole à partir d'une mine de sables bitumineux, on doit extraire du sol une quantité impressionnante de terre et de sable: quatre tonnes en moyenne, de quoi remplir un petit camion commercial.

Camion dans une mine de sables bitumineux

La région de la rivière Athabaska compte déjà les plus grandes mines de la planète. À elle seule, celle de la compagnie Syncrude fait 35 kilomètres carrés. Depuis le début de son exploitation, on a prélevé ici, dans le sol, plus de un milliard et demi de tonnes : un volume supérieur à la grande muraille de Chine, au canal de Suez, aux pyramides égyptiennes et aux dix plus gros barrages au monde réunis.

Après tout cela, seulement 3 % des réserves de pétrole de la région ont été extraits.

Des pétrodollars

Chantier du projet Horizon de CNRL

Au cours de la prochaine décennie, cent milliards de dollars seront investis dans le développement de cette richesse enfouie sous la forêt boréale du Nord de l'Alberta. Des milliards provenant d'un peu dans le monde: de France, des Pays-Bas, du Japon, de Chine et surtout, bien sûr, des États-Unis, où vont toutes les exportations de pétrole. Avec un million de barils par jour acheminés grâce à un réseau d'oléoducs de plus de 16 000 kilomètres, le Canada est le principal exportateur de pétrole dans le marché américain. Pas une goutte ne va aux raffineries de l'Est du Canada, qui s'approvisionnent au Proche-Orient et en mer du Nord.

Le plus important projet énergétique du continent se trouve dans la région de Fort McMurray. Il s'agit du chantier d'une nouvelle mine que CNRL souhaite ouvrir en 2008. Plus gros investissement de l'histoire dans le Nord du Canada - 10,5 milliards de dollars -, il emploiera jusqu'à 6000 personnes. CNRL estime que son gisement contient 6 milliards de barils de pétrole, qu'elle peut produire pour 12 à 15 $ chacun.