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Elle traite
son cancer avec la médecine chinoise
Ce
que vit Moreah Sheldan est révolutionnaire au Canada :
traiter son cancer par la médecine occidentale et chinoise.
Cette femme a découvert il y a deux ans qu'elle avait un
cancer du sein. Son oncologue lui donne deux ans de survie. Mme
Sheldan refuse le traitement standard : l'ablation du sein.
Son oncologue lui prescrit un bloquant d'strogène pour
réduire la tumeur. Une tumeur qu'il faudra ensuite enlever.
Philippe
Rivière est un spécialiste du cancer, mais en médecine
chinoise. Il a été formé en France. Il parle
et écrit en mandarin : « Le public
méconnaît encore trop les énormes possibilités
qu'offre la médecine chinoise en traitement du cancer. »
Ce
médecin prescrit à Mme Sheldan des exercices pour
diminuer le stress et des herbes chinoises qui devraient tuer les
cellules cancéreuses. Mme Sheldan prépare elle-même
ses remèdes. Des dépenses de presque 2000 $ en
3 mois, qui ne sont pas remboursées par les assurances. Mme
Sheldan : « Je souffre du cancer, mais
je me sens encore bien, très bien même, depuis que
je suis ce traitement. » En quatre mois, la tumeur
a diminué de moitié, et on a pu la lui enlever, évitant
ainsi l'ablation du sein. Mme Sheldan : « C'est
la décoction d'herbes qui permet au bloquant d'strogène
d'avoir un effet aussi puissant. »
Les
herbes que prend Mme Sheldan n'ont subi aucun contrôle de
Santé Canada. Si bien que le docteur Rivière éprouve
le besoin de vérifier lui-même la qualité des
herbes avant de les prescrire à ses patients.
Des
métaux lourds dans les granules?
Les
Canadiens sont friands de produits de santé naturels dont
les herbes médicinales. Ils en consomment deux fois plus
qu'il y a 10 ans. Des milliers d'ingrédients en vrac ou en
comprimés sont vendus dans les quartiers chinois, sans ordonnance,
sans contrôle de qualité. Ils sont un danger potentiel.
À
Vancouver, par exemple, des gens se font soigner par une herboriste
dans une arrière-boutique. Elle pose un diagnostic et prescrit
les herbes qu'elle vend en magasin. Des produits qui n'ont subi
aucun contrôle de qualité.
Zone
libre a fait analyser le contenu
d'un remède chinois - un tonique sous forme de granules -
par l'Institut
national de santé publique du Québec. Résultats :
les comprimés contiennent des métaux lourds comme
l'arsenic, le plomb, le mercure et le cadmium. Pas suffisamment
pour s'intoxiquer, mais assez pour se demander si cela vaut la peine
de les prendre. Ce lot est contaminé; d'autres lots le sont
peut-être. Le problème : le manque de contrôle.
Santé Canada n'a toujours pas fixé des normes de qualité,
si bien que des cas d'intoxication, comme avec la plante Mutong,
éclaboussent toute la médecine chinoise.
La
commercialisation des médicaments chinois
À
Hong Kong, de nombreux entrepreneurs rêvent de commercialiser
la médecine chinoise sous forme de comprimés, et ainsi
percer plus facilement le marché nord-américain. La
famille Chou fabrique notamment des capsules de concentré
de champignons. Un produit qui se vend 50 $US la bouteille.
Une entreprise payante. Les Chou travaillent à la mise au
point d'un remède pour l'incontinence. Avec des essais cliniques,
ce produit, déjà en vente comme supplément
alimentaire aux États-Unis, deviendrait un médicament
reconnu, breveté et, ô combien! lucratif.
Toujours
à Hong Kong, le docteur Kelvin Chan est directeur de la recherche
et du développement à l'École de médecine
chinoise de l'université Baptiste. Il arrive d'Angleterre
pour imposer les standards occidentaux à la pharmacopée
chinoise, et ainsi aider à la commercialisation. Si la Chine
veut conquérir le monde avec sa pharmacopée, elle
doit assainir ses cultures. Il faut savoir que l'Organisation mondiale
de la santé recommande que la médecine chinoise soit
intégrée aux soins de santé et que la qualité
des herbes soit contrôlée d'ici 2005. Kelvin Chan : « Sur
le marché mondial, même à Hong Kong, on trouve
de la bonne et de la mauvaise qualité. La demande est telle
que certains marchands essaient de s'enrichir rapidement. Ils ne
sont pas toujours professionnels. C'est un peu le far west. »
Le
docteur Chan croit aux pouvoirs thérapeutiques de la médecine
chinoise, notamment pour traiter le cancer, pour freiner la croissance
des tumeurs. Il affirme que des expériences cliniques ont
été réalisées en Chine, mais que l'Occident
n'y croit pas. Les scientifiques occidentaux ne se fient peut-être
pas aux études chinoises, mais ils sont très intéressés
par le sujet. L'université de Californie teste actuellement
différentes herbes chinoises dans le traitement du cancer
du sein. Le docteur Chan travaille en partenariat avec l'Université
Western, en Ontario, pour étudier entre autres le ginseng
canadien, qui serait anticancéreux. Le but : développer
et breveter des médicaments.
Un
hôpital allemand ouvre ses portes à la médecine
chinoise
L'hôpital
de Kötzting, en Bavière, est unique. Il a ouvert ses
portes à la médecine chinoise, et les soins sont payés
par l'assurance santé publique. Les 80 lits sont toujours
occupés et il y a une liste d'attente. Les patients souffrent
de maladies chroniques ou encore du cancer. Pour plusieurs patients,
la médecine chinoise est leur dernier recours. Les malades
sont soignés par deux équipes, l'une occidentale et
l'autre chinoise. Parmi les traitements donnés dans cet hôpital,
il y a des décoctions d'herbes, l'acupuncture, les massages.
En
quittant Kötzting, 9 patients sur 10 sont finalement soulagés
de leur migraine, alors que les traitements réguliers n'avaient
rien donné. Les meilleurs résultats sont obtenus pour
la migraine, la bronchite chronique et l'asthme. Le gouvernement
allemand oblige l'hôpital à mesurer le taux de succès
des traitements. L'établissement a réalisé
une étude auprès de 3500 patients. Le directeur de
l'hôpital, le docteur Stefan Hager : « Près
de la moitié d'entre eux ont obtenu une amélioration
de bonne à excellente. Et après un an, plus de 50 %
des patients ont indiqué qu'il y avait toujours de l'amélioration. »
Avant tout, la médecine chinoise recommande aux patients
de se prendre en main, de changer leur style de vie, comme par exemple
éviter certains aliments, arrêter de fumer, faire certains
exercices. Ce qui entraîne des effets à long terme.
Reconnaître
la médecine chinoise au Canada
L'acupuncture
est une profession reconnue dans seulement trois provinces :
le Québec, l'Alberta et la Colombie-Britannique. Cette dernière
va plus loin : un nouvel ordre professionnel va bientôt
reconnaître des praticiens en médecine chinoise et
leur donner le droit d'utiliser toutes les techniques traditionnelles.
Les candidats doivent cependant passer un examen pour obtenir le
diplôme, être en règle et pouvoir pratiquer.
L'ordre veut ainsi éliminer les charlatans et les incompétents.
En
conclusion
La
médecine chinoise est bien ancrée au Canada. Reste
maintenant à contrôler la qualité de la pharmacopée
chinoise pour qu'elle soit exempte de pesticides et de métaux
lourds. Tous les patients y gagneraient, même ceux de la Chine.
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