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Arrivé
une semaine avant la guerre, Alexandre (Sacha) Trudeau est accueilli
par une famille irakienne bien chaleureuse. Alors que tous les étrangers
sont sommés de partir, il décide de rester à
Bagdad. La famille irakienne qui l'a hébergé décide
aussi de rester, même si presque tous les voisins fuient la
capitale. Ceux qui restent se préparent au pire. Ils font
des réserves et barricadent les fenêtres. Tous ont
peur des bombardements qui semblent inévitables. Une peur
mélangée d'espoir, puisque tous détestent Saddam.
La
troisième nuit après le déclenchement de la
guerre, les bombardements commencent. Curieusement, les citoyens
sont relativement calmes. « Pendant la première
demi-heure, nous avions peur, témoigne Leïla. Mais
après, [nous sommes allés nous] coucher. »
Jour et nuit, les bombes continuent de tomber sur Bagdad. Ce qui
n'empêche pas Sacha de parcourir la ville pour témoigner
des conséquences de cette guerre. Il continuera de parcourir
la ville après chaque bombardement.
La
tension se fait de plus en plus vive à Bagdad, alors que
les soldats irakiens se replient sur la capitale. Les bombes américaines
tombent, les Irakiens ripostent comme ils le peuvent.
Au
cinquième jour de guerre, la ville prend des airs d'enfer.
Non pas en raison des offensives militaires, mais à cause
de la colère de la nature. Une tempête de sable balaie
la ville, changeant le bleu du ciel en un rouge sang. Les palmiers
sont courbés sous la pression des vents puissants, et la
guerre des hommes semble alors insignifiante.La
colère de la nature n'aura pas freiné les ardeurs
des soldats. Après la tempête, le front américain
se remet en marche.
Malgré
les apparitions de Saddam Hussein à la télévision,
la population est plus que convaincue que son chef a déjà
quitté la capitale. Une opinion que ne semblent pas partager
les Américains puisqu'ils continuent à bombarder les
édifices gouvernementaux de la capitale. Certaines bombes
touchent des quartiers résidentiels. Derrière sa caméra,
Sacha laisse les victimes s'exprimer. « On aurait
dit la fin du monde! », lance un homme dont la maison
a été soufflée par les bombardements. Ses enfants
ont été blessés, ses biens détruits,
mais il garde le moral tant bien que mal.
Jusqu'à
la dixième nuit de guerre, les citoyens avaient de l'électricité.
Mais ce soir-là, les Américains commencent à
attaquer l'aéroport et à entrer dans la ville. La
bataille sera courte. L'armée américaine sort de la
ville presque aussi rapidement qu'elle y est entrée, ne laissant
derrière elle que des décombres. Le règne de
Saddam est terminé. « Je suis tellement surprise,
commente Leïla. J'ai toujours pensé qu'il allait
lui-même se battre contre les Américains et mourir
d'une mort honorable. Mais il s'est rendu si facilement! »
La
bataille pour Bagdad est terminée, mais le pire commence.
Après les bombes, la ville est envahie de pilleurs. « Je
ne savais pas qu'il y avait autant de voleurs à Bagdad »,
constate tristement Leïla. Sacha veut bien se rendre dans un
des palais de Saddam, mais son hôte ne veut pas l'accompagner
jusque-là. Il a davantage peur des pilleurs que de Saddam
Hussein! Face à cette anarchie, les soldats américains
restent immobiles.
Le
seul édifice protégé par les Américains
est le ministère du Pétrole. Cette protection spontanée
laisse aux Irakiens le message que les États-Unis, et la
Grande-Bretagne, ne sont pas là pour la liberté et
la démocratie, comme ils le prétendent, mais pour
le pétrole.
Tranquillement,
des autorités s'installent dans la ville. La situation serait-elle
sur le point de s'améliorer? Au départ de Sacha, les
Irakiens, devenus ses amis, n'arrivaient toujours pas à imaginer
un avenir heureux.
« Engouffrée
par le chaos, empestée par les voleurs, polarisée
en factions religieuses et occupée par les Américains,
pour les bons citoyens de Bagdad, la liberté n'est qu'une
promesse lointaine. »

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La
prise de Bagdad : chronologie
Du
jeudi 20 mars au mardi 2 avril : la ville est bombardée
par les forces de la coalition.
Mercredi
9 avril : la capitale irakienne tombe sous le contrôle
des forces de la coalition. Le commandement américain affirme
que son centre est sécurisé, mais que l'ensemble de
la ville ne l'est pas. Les forces américaines ont franchi
le Tigre et pris position sur la rive est du fleuve qui divise la
capitale. Ils sont également positionnés sur la rive
ouest, où ils contrôlent plusieurs ministères.
Les troupes se sont emparées d'un camp de formation de la
milice du parti Baas, dans un quartier de l'ouest de Bagdad, proche
du centre. Elles sont également entrées à Saddam
City, principal faubourg chiite du nord-est de la capitale.
Jeudi
10 avril : les scènes de pillage se multiplient à
Bagdad. Après une nuit sans bombardement, des avions ont
attaqué jeudi matin des cibles sur la rive ouest du Tigre.
Par ailleurs, 1 Marine est mort et 13 autres ont été
blessés lors de violents combats autour d'une mosquée.
Vendredi
11 avril : Bagdad sombre dans l'anarchie. Plusieurs incendies
sont allumés par des groupes de vandales qui détruisent
systématiquement les édifices publics, les ministères,
les hôpitaux et les hôtels. Des hommes armés
errent dans les rues de la capitale, devenue la proie de pillages
généralisés. Deux jours après l'entrée
des chars américains au cur de la métropole
de 5 millions d'habitants, la situation est incontrôlable.
La situation est particulièrement grave dans les hôpitaux,
pillés de leur matériel et dont le personnel a fui.
Samedi
12 avril : les forces américaines rencontrent des policiers
irakiens afin d'organiser un retour à l'ordre. Premier objectif
: rétablir la sécurité dans la ville.
Dimanche
13 avril : les forces américaines interpellent pour la
première fois des pilleurs à Bagdad. Ils ont arrêté
quatre d'entre eux.
Lundi
14 avril : plus de 2000 policiers irakiens reprennent leur travail
afin de rétablir l'ordre dans la capitale.
Mercredi
16 avril : les patrouilles mixtes de la coalition et de la police
locale rétablissent peu à peu l'ordre après
les pillages des derniers jours. Les Marines prévoient de
remettre rapidement en fonction 15 des 33 hôpitaux de la ville,
dont plusieurs ont été pillés. Ils ont également
prévu, avec l'aide d'ingénieurs civils, de réparer
le réseau électrique, de rétablir l'eau potable
et de permettre un usage limité des téléphones
cellulaires.
Vendredi
18 avril : les Marines annoncent qu'ils vont commencer, dans
les prochaines heures, à passer le relais à l'armée
de terre sur la rive est du Tigre, ce qui marque la fin de la phase
de combats dans la capitale irakienne.
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POUR
EN SAVOIR PLUS
Guerre
en Irak
Dossier du site Nouvelles de Radio-Canada.
On y retrouve les faits, les explications, et des reportages
radio et vidéo de correspondants de Radio-Canada.
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L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 4 h et à 20h, ainsi que le lundi à 3 h.
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