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Charlie
Nowkawalk est inuk, et il vit dans un village de la baie d'Hudson,
dans l'Arctique canadien. Il a mis en place, pour le gouvernement
canadien, un programme d'aide à la jeunesse en difficulté.
Chez lui, à Inukjuak, comme dans presque tous les villages
du Grand Nord, l'alcoolisme, la drogue, la violence et le suicide
touchent une jeunesse en proie au chômage et au désuvrement.
Cette situation est la résultante d'une acculturation déjà
lointaine et de la christianisation : comme chez beaucoup d'autres
peuples d'Indiens d'Amérique, le contact avec l'homme blanc
a été ravageur.
Les
Inuits, qu'on appelait autrefois les Eskimos, ont laissé
tomber leurs croyances et leur mode de vie, et ils ont adopté
les maisons de bois, les motoneiges et la télévision.
Les anciennes activités des chasseurs de la banquise n'ont
pas été remplacées par celles des blancs, et
beaucoup d'Inuits se retrouvent aujourd'hui inactifs et désorientés.
Charlie,
conscient des difficultés de son peuple, mène conjointement
à son travail une recherche sur les anciens modes de vie
inuits et sur les histoires et légendes de son pays. Peu
à peu, au fil des rencontres avec les aînés,
il a découvert que ce qui structurait autrefois la société
inuite était le chamanisme. Le chamanisme, par l'intermédiaire
du chaman, avait pour rôle d'expliquer les relations des êtres
entre eux et des hommes avec la nature, montrait comment gérer
le gibier et les territoires de chasse, et préserver les
relations sociales en tenant compte des particularités de
la vie dans une nature environnante inhospitalière.
Cette
découverte est devenue pour Charlie une quête personnelle,
certains signes lui ayant montré qu'il pourrait être
lui-même chaman. Mais il se heurte à l'absence d'informations
directes. Chez les Inuits, le chamanisme n'existe plus que dans
les souvenirs et les récits des anciens. Comment faire, sans
aide, alors que tout semble disparu?
C'est
en se tournant vers le sud, à l'autre bout du continent américain,
au Pérou chez les Indiens shipibo que lui, l'Indien du Grand
Nord, va peut-être trouver la solution. En ce jour de juin
2001, Charlie prend l'avion depuis son village du détroit
d'Hudson vers la forêt amazonienne. Au Pérou, il va
découvrir les pratiques ancestrales et les mythes fondateurs
du chamanisme amazonien, et aussi un chamanisme plus social et plus
politique qu'il ne l'imaginait. Un chamanisme qui a intégré
le christianisme sans perdre sa singularité, ancré
dans la tradition, mais ne refusant pas la modernité, peut-être
un exemple de voie à suivre pour son peuple. Il va également
retrouver Questem Betsa, un chaman shipibo, et suivre avec lui un
long apprentissage pour devenir chaman.
Le
paradoxe semble total. En effet, qu'y a-t-il de commun entre la
forêt amazonienne et le monde de la banquise? D'une culture
à l'autre, quels échanges peut-il y avoir? Que partagent
des peuples aussi différents? Existe-t-il, au delà
des différences de traditions, des valeurs transethniques?
Aujourd'hui,
des peuples autochtones s'organisent pour lutter contre la globalisation
qui menace leurs cultures. C'est dans ce contexte que s'inscrit
l'histoire de Charlie. Comment intégrera-t-il les coutumes
shipibo? Quel sens peut-il donner aux chasses en forêt, aux
peintures corporelles, aux séances chamaniques auxquelles
il assiste? Comment peut-il se les accaparer et retrouver le chemin
du réveil de la conscience inuite? Ce sont ces questions
auxquelles il veut répondre.
De
retour chez lui après cette initiation, Charlie ne sait pas
s'il est devenu chaman lui-même, s'il a appris à maîtriser
suffisamment les techniques de transe qui lui permettraient d'entrer
en contact avec les esprits des animaux de la banquise. Ce dont
il est sûr, c'est de vouloir transmettre cette expérience,
montrer comment l'adaptation de ce mode de vie ancien a permis de
préserver à la fois la culture et le mode de vie des
Indiens shipibo et comment, face à une nature également
hostile, ils ont su se protéger d'une modernité trop
envahissante, souvent peu apte à l'environnement dans lequel
ils vivent.
À
son échelle, par son engagement personnel, il compte être
l'acteur et le témoin de ce qui pourrait être la renaissance
des fondements de la société inuite. Pour lui, permettre
aux Inuits de réapprendre leur passé, de se réapproprier
certaines de leurs anciennes traditions, même au prix d'un
détour chez ses frères du sud, doit conduire à
une reconstruction sociale. Savoir d'où l'on vient, dit-il,
permet de mieux savoir qui l'on est.
C'est
cette quête que ce film expose en retraçant à
la fois l'histoire de la rencontre de deux hommes, mais aussi celle
de deux peuples qui jouent, en ce moment, l'avenir de leur âme.

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En
raison des droits d'auteur, ce reportage ne sera pas disponible
sur Internet.
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Quelques
données à propos des peuples autochtones
À
l'échelle nationale, 4,4 % de tous les Canadiens ont
des ancêtres autochtones. La population autochtone du Canada
est divisée en trois groupes : les Indiens, les Métis
et les Inuits.
Le
pays compte environ un million d'autochtones sur une population
totale de plus de 30 millions d'habitants. Le Québec est
la province dont la population autochtone est la moins nombreuse.
On y trouve 11 nations autochtones, soit une nation inuite et dix
nations indiennes, ce qui représente environ 70 000
personnes ou un peu moins de 1 % de la population québécoise.
La population inuite du Québec (8300 personnes) est la deuxième
en importance au pays (données de 1996).
source
: radio-canada.ca
L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 4 h et à 20h, ainsi que le lundi à 3 h.
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