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La
publicité québécoise est née il y a
une cinquantaine d'années. Une compagnie américaine
cherchait des comédiennes québécoises pour
reprendre une annonce publicitaire. L'agence de publicité,
à qui avait été confié le contrat, n'arrivait
pas à trouver des interprètes qui ressemblaient au
type américain. Et c'est là qu'est venu l'éclair.
Il y avait là un marché à conquérir
et une industrie à inventer. La publicité québécoise
a vite pris un tournant culturel avant d'être économique.
Pendant deux décennies, la publicité québécoise
connaît du succès grâce à son style, qui
s'appuie sur les valeurs de la société québécoise.
Dans
les années 1980, la pub québécoise domine le
marché, et parfois même elle s'exporte. Au milieu des
projets cinématographiques, la publicité fait vivre
la plupart des réalisateurs. Aujourd'hui, tout a changé.
Le président de l'Union des artistes, qui gère les
cachets des comédiens, le confirme : la publicité
n'est plus tout à fait la manne qu'elle a déjà
été. « En l'an 2002, on est rendu à
22 millions. Ça représente 22 % des revenus des
artistes, alors qu'il y a 10 ans, c'était 32 %. »
Les
raisons? Selon Jean-François Pouliot, qui signe tous les
messages de la campagne de Monsieur B, il y en a plusieurs : « D'une
part, il y a un resserrement économique. Aussi, il se tourne
moins de publicité originale au Québec ».
Il n'a pas tort. Mondialisation des marques et des compagnies, crises
économiques : la pub est souvent la première
à en ressentir les effets. Les grands annonceurs essaient
désormais de rentabiliser le même message sur plusieurs
continents. Un bon exemple de cela est la campagne pour Mastercard.
Le temps de la carte « tchik a tchik » avec
Julie Snyder est révolu parce qu'il ne s'exporte pas. Aujourd'hui,
le message de la compagnie est : « Ça n'a pas
de prix », un concept qui se traduit dans toutes les
langues et dans toutes les cultures. Désormais, adaptation
rime souvent avec qualité, et ce que les Québécois
veulent avant tout, c'est une bonne publicité, quelle que
soit son origine.
Les
conséquences de cette mondialisation de la pub sont nombreuses.
Économiquement, les plus touchées sont les maisons
de production. Mais pour tous ceux qui voient dans la publicité
un prolongement du débat nationaliste, l'enjeu dépasse
largement le cadre de l'industrie publicitaire. « Tout
ça, c'est juste le reflet de la culture québécoise
qui, depuis quelques années, est moins dynamique, moins forte,
et qui s'est mise à accepter le bilinguisme dans la vie,
suggère Pierre Falardeau, cinéaste québécois.
Mais tu ne peux pas faire un combat si la société
ne veut pas le mener. Si la société est bien, elle,
avec Céline Dion qui chante en anglais
»
Malgré
ce contexte mondial où les pressions sont énormes,
des voies se dessinent pour les publicitaires québécois.
À commencer par une publicité québécoise
qui performe mieux. « La publicité québécoise
devra faire la preuve aux annonceurs que les publicitaires d'ici
sont capables de trouver des solutions pertinentes, et non pas des
solutions qui ne sont pertinentes qu'au Québec »,
précise Jacques Labelle, de l'agence Cossette, la plus grande
agence de publicité au Canada.

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L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 20 h
ainsi que le lundi à 1 h.
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