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Adaptation pour Internet : CAROLINE PAULHUS

LE MOUVEMENT CONTRE LA GUERRE EN IRAK
Émission du 14 février 2003

journaliste : SOLVEIG MILLER
réalisateur :
ROGER ARCHAMBAULT

À la veille d'un déclenchement de plus en plus probable des hostilités avec l'Irak, les mouvements pacifistes semblent faire un retour en force. Depuis plusieurs semaines, la mobilisation progresse, aux États-Unis en particulier, dans un effort ultime pour infléchir la détermination de l'administration Bush. En fait, il faut remonter à l'époque de la guerre du Vietnam pour voir des manifestations pacifistes d'une telle ampleur. À l'époque, le mouvement pour la paix était né sur les campus universitaires, où les étudiants protestaient surtout contre la conscription, qui les forçait à risquer leur vie dans une guerre dont ils ne partageaient pas du tout les objectifs. Cette fois-ci, la coalition contre la guerre est très différente et beaucoup plus diversifiée. Des artistes aux gens d'affaires en passant par des militaires à la retraite, les nouveaux pacifistes américains sont encore minoritaires chez eux, mais le mouvement refuse de s'essouffler.

 

Bush a une nouvelle bataille à livrer. Les pacifistes viennent d'ouvrir un nouveau front hostile à l'administration fédérale. Le combat pour gagner l'appui de l'opinion publique est engagé.

« Je m'oppose à ce que les États-Unis se lancent seuls dans une guerre préventive. Je porte un drapeau des Nations unies parce que je crois à une action collective. »

« Nous avons laissé mourir 5000 enfants par mois, nous avons fait un génocide. C'est ce que nous avons fait en Irak pendant les dix dernières années. »
« Il y a 17 pays capables de produire des armes nucléaires, 20 pays ont des armes biologiques, 26 ont des armes chimiques et 19 ont ou sont en train d'acquérir la technologie nécessaire pour fabriquer des missiles. Alors si le fait que ces pays possèdent de telles armes est une raison pour leur faire la guerre, nous serons très occupés ! »
« Un des problèmes avec la position américaine sur l'Irak, c'est qu'elle nous donne l'impression d'être hors de contrôle, d'être hors-la-loi. Nous avons déclaré que nous avons le droit de faire la guerre partout, n'importe quand. Les autres doivent se demander qui sera le prochain. »

Ce n'est pas qu'une poignée de citoyens qui se lèvent contre une éventuelle guerre. Plusieurs sénateurs et représentants au Congrès partagent le même avis. Certains d'entre eux vont jusqu'à douter des véritables intentions de l'administration Bush. Selon ces derniers, l'Irak n'a rien de menaçant pour les États-Unis. Ils croient que le gouvernement utilise le 11 septembre 2001 comme un simple prétexte pour déclencher une guerre qu'il désire livrer depuis longtemps.

Des vétérans aussi se lèvent pour rappeler que les guerres du passé n'ont rien réglé. « La guerre ne règle jamais rien, elle perpétue, intensifie la violence, qui ressurgit encore sous une autre forme, en d'autres lieux », nous dit l'Amiral Eugene Carrol, qui a été pilote d'avion dans la Marine, puis commandant d'un porte-avions Mid-way. Il souligne aussi que le Moyen-Orient est une véritable poudrière, qui risque de rendre la sécurité des États-Unis encore plus précaire si les Américains y pénètrent.

De plus en plus de gens d'affaires se rangent aussi du côté de la paix. Le Business Leaders for Sensible Priorities a publié une publicité-choc dans le New York Times. On pouvait y lire : « Vous vendez la guerre, nous ne sommes pas acheteurs ». Leurs arguments : la guerre va détruire l'économie, engendrer le terrorisme, discréditer l'Amérique aux yeux du monde et entraîner la perte de beaucoup de vies humaines. Ils suggèrent de plutôt investir dans la création d'emplois.

« Les États-Unis investissent 400 milliards de dollars par année dans leur puissance militaire. En transférant une partie [de cet argent] dans la recherche et le développement de programmes internationaux d'aide pour améliorer les approvisionnements en eau, en agriculture, nous toucherions les racines mêmes du terrorisme. Le terrorisme naît de la misère et du désespoir », conclut l'amiral Eugène Carrol.



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POUR VISIONNER
LE REPORTAGE

Première partie
Deuxième partie
Générique

images : PIERRE MAINVILLE
son : JOE CANCILLA
montage : PIERRE DUCROCQ

Quelques groupes américains qui s'opposent à la guerre

Answer
Coalition d'une douzaine de groupes de gauche qui offre un support logistique à une nouvelle génération de pacifistes. En quelques mois, 270 centres dans 45 États ont été mis sur pied. Ce groupe était l'organisateur du grand rassemblement du 18 janvier. (S
ite Internet)

Code Pink
Organisation humanitaire formée de femmes qui dénoncent la guerre et le militarisme. Medea Benjamin, une économiste qui travaillait auparavant pour les Nations unies, est à la tête de l'organisation.(S
ite Internet)

Peacefull Tomorrows
Un groupe de familles qui ont perdu un être cher lors des attentats terroristes du 11 septembre 2001.(S
ite Internet)

Business Leaders for sensible priorities
Un groupe de 600 entreprises en faveur de la paix. (S
ite Internet)

Cato Institute
Un institut influent qui s'oppose à la guerre pour des raisons économiques. (S
ite Internet)

POUR EN SAVOIR PLUS


La mobilisation dans le monde

Dossier spécial préparé par le site Nouvelles de Radio-Canada

L'émission Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.