Balakot : une ville détruite 
Les petits blessés d'Islamabad 
Le sort de la famille d'Ahmed 
Chez les démunis de Bagh 
Le téléphone de Nadwir 
La nostalgie des réfugiés du Cachemire indien 
Barrage sur la route de Muzaffarabad 
À l'urgence du plus grand hôpital d'Islamabad 
En route pour le Cahemire pakistanais 
À la recherche d'une tente entre Mussana et Bagh 
Akli Aït Abdallah témoigne de ce qu'il a vu au Pakistan et au Cachemire pakistanais 

Au moins 17 000 enfants ont péri dans l'effondrement des écoles causé par le séisme au Pakistan. Cette estimation de l’Unicef ne tient pas compte des traumatismes subis par les survivants. L’organisme prévoit que ces traumatismes seront pires que ceux subis dans d’autres tragédies.

Non seulement estime-t-on à près de 20 000 le nombre d’enfants blessés, mais il y a aussi les séquelles psychologiques. Beaucoup d’enfants ont perdu des gens significatifs pour eux: parents, amis ou professeurs.

Par ailleurs, si les survivants ne reçoivent pas les soins adéquats, estime l’Unicef , il pourrait y avoir une seconde vague de décès chez les enfants. L’organisme ajoute que le tremblement de terre a touché entre 1,6 million et 2,2 millions d'enfants.

Au 1er novembre, le bilan fait état d'au moins 87 000 morts, de 69 260 blessés et de 3,3 millions de sans-abri.


«Les enfants sont restés là-bas...»


Du Pakistan, je n’ai ramené aucune photo. Seulement des images que nulle caméra ne peut vraiment saisir.
De Balakot, petite ville à deux heures de Peshawar, celle d’un gamin, juché sur une dalle de béton.
Construite il y a 3 siècles sur l'ancienne route de la soie, Balakot n’est plus qu’un champ de ruines, hanté par des populations hagardes et désespérées.
Ces ruines, ce gamin ne semble pas les voir.
Lui, projette son regard vers le cerf-volant orange qu’il fait virevolter dans le ciel en tirant sur un fil.
Peut-être que cet enfant dont je ne connais pas le nom rêvait-il, entraîné par son jouet, de quitter cette terre qui continuait de trembler après avoir tout détruit.

De Muzaffarabad, capitale ravagée de l'Azad Kashmir, cet homme accroupi, qui semble ne rien attendre.
Le shalwaz kamiz qu’il porte est sale.
Le visage, envahi par une barbe de plusieurs jours, n’exprime que la douleur.
Dans ses bras, l’homme serre un enfant, presque un bébé.
Mon imagination me dit que ces deux-là sont maintenant seuls au monde, que les autres, épouse, maman, frères ou sœurs, n'ont pu ressortir vivants de leur prison de pierre ou de terre.

D’Islamabad, les couloirs de l'hôpital pour enfants.
Cris d’enfants gravement blessés, grincements de roues de civières sur le sol.
Un homme nous croise.
Il tient dans ses bras une fillette dont le bras gauche, enveloppé dans un bandage blanc, s’arrête au dessus du coude.
Les maisons seront reconstruites, mais les bras amputés…
La fillette ne pleure pas. Comprend-elle vraiment ce qui se passe?
À l'entrée du pavillon est , deux policières en tenue montent la garde.
Ici, sont soignés les enfants dont les deux parents sont morts ou portés disparus.
Ces mesures de sécurité très particulières sont là pour décourager les voleurs d’enfants, qui fournissent les réseaux professionnels de mendicité et de prostitution.
Horreur sans frontières… Les petits orphelins du séisme intéressent des trafiquants esclavagistes.

Voici traduites en mots, quelques images, parmi des milliers d'autres, rapportées d’un voyage dans la tristesse, la tragédie et la souffrance.
Le journaliste est de retour chez lui.
Les enfants sont restés là-bas.
Que vont-ils devenir ?

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