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HEURE DE DIFFUSION Mardi 19 h 30
REDIFFUSION SUR RDI
Samedi 17 h 30
Dimanche 2 h 30 |
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| - Voitures d'occasion: attention aux odomètres trafiqués! deuxième partie - |
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Pour 8 $, il est possible d'obtenir de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) l'historique d'un véhicule d'occasion. Cet historique indique qui a possédé le véhicule et quel kilométrage il avait alors au compteur. Le problème, c'est que cet historique ne parle que des propriétaires québécois du véhicule. D'une part, cela rend la vie très difficile à l'acheteur averti. D'autre part, c'est carrément une invitation à la fraude!
Journaliste: François Sanche
Réalisatrice: Claudine Blais
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Martin et Mélanie ont acheté un Nissan Pathfinder qui comptait 138 000 kilomètres au compteur. Ils l'ont payé 8000 $.
« Le véhicule s'est arrêté sur le bord de l'autoroute, raconte Martin. J'ai donc ouvert le capot pour voir ce qu'il y avait d'anormal. »
Martin a eu toute une surprise en découvrant une étiquette indiquant que la courroie de distribution avait été changée en 2000. Son Pathfinder avait alors déjà 178 000 kilomètres au compteur!
De son côté, c'est en remarquant des signes d'usure sur son camion que Jacques a compris que son Ford Explorer a beaucoup roulé.
« J'étais un petit peu fâché parce que je me dis que j'ai payé pour un véhicule ayant parcouru 80 000 kilomètres et il en compte peut-être 180 000 au compteur. Ce sont plusieurs milliers de dollars que je perds. »
Quant à Éric, il croyait faire une bonne affaire en mettant lui aussi la main sur un Pathfinder de seulement 138 000 kilomètres.
« J'ai trouvé des factures dans le véhicule qui indique que des réparations ont été effectuées en 2005, alors que le compteur était à 210 000 kilomètres. »
Bref, les odomètres falsifiés, c'est un refrain connu. Les trafiqueurs d'odomètres ont le champ libre au pays. À cause du manque de surveillance, mais aussi à cause du manque d'information, ce qui favorise la fraude.
Se renseigner sur le vendeur
 | Réjean Collard
| En fait, il est très facile de rajeunir une voiture qui vient de loin. Même si le kilométrage parcouru figure dans le registre d'une autre province, il n'est pas transmis au Québec quand l'auto passe la frontière.
Le nouveau propriétaire québécois peut déclarer n'importe quoi à la SAAQ, personne ne vérifiera. C'est vrai pour toutes les transactions entre toutes les provinces. Et une voiture d'occasion sur dix vient de l'extérieur du Québec.
La facture a rencontré Avedis, un homme qui achète des véhicules d'occasion pour les revendre au public, en se promenant dans la cour d'un encan de Montréal avec une caméra cachée. Elle l'a suivi discrètement jusqu'à sa résidence, qui est aussi son bureau. Des voitures se succèdent devant sa porte.
Parmi celles-ci, une Chrysler Intrepid affichant 37 000 kilomètres au compteur, selon ce qu'il a déclaré à la SAAQ. Tout juste avant de lui appartenir, la voiture venant de l'Ontario en comptait pourtant 137 000. Cent mille kilomètres en moins, 6000 $ de profit en plus.
Avedis a aussi acheté une Chevrolet Malibu de 84 000 kilomètres en Ontario et il l'a revendue à une autre personne qui a inscrit un kilométrage de 39 000 kilomètres auprès de la SAAQ.
À la Gendarmerie royale du Canada (GRC), on conseille de faire des recherches non seulement sur le véhicule, mais aussi sur celui qui le vend.
« Les gens font trop vite confiance aux commerçants, surtout les commerçants qui ne sont pas établis. Ceux qui donnent rendez-vous à la résidence, des choses comme ça. Il faut faire attention à ça », prévient Réjean Collard, de la GRC.
Un système non sans failles
Il y a aussi un autre trou béant dans le registre de la SAAQ: les commerçants sont exemptés de déclarer le kilométrage des véhicules.
Par exemple, aucun kilométrage ne figure dans l'historique de la SAAQ pour une Pontiac Grand Prix 2004 vue dans le commerce de Saint-Eustache dont il était question dans la première partie du reportage. Et c'est normal, parce qu'elle a successivement appartenu à plusieurs commerces.
Son odomètre indique 28 743 kilomètres, mais La facture a découvert que tout juste avant d'appartenir au commerce, il en affichait 110 743.
La facture a contacté Avedis et le propriétaire officiel du commerce où se trouve la Grand Prix. Tous deux nient avoir fait falsifier les odomètres de ces voitures. Pourtant, les preuves sont là, mais il a fallu chercher au-delà des informations fournies par la SAAQ, qui a d'ailleurs refusé d'accorder une entrevue.
La société d'État n'a pas l'intention de changer son système. Elle conseille simplement au public d'être prudent.
« On ne peut pas se fier à la bonne foi [des gens], soutient Mélanie. Surtout quand on sait que la falsification d'odomètres est tellement fréquente aujourd'hui. »
« Aujourd'hui, c'est un véhicule sur deux, et peut-être deux sur trois, dont le kilométrage a changé, ajoute Jacques. Ce n'est pas normal. »
Quelle est l'ampleur de la fraude?
 | Richard Morse
| La facture a demandé à la GRC quelle est l'ampleur de la fraude sur les odomètres au Canada.
« On nous a souvent posé la question, admet Réjean Collard. Ça fait des années qu'il y en a, il y en a encore, mais je ne pourrais pas vous dire quelle est l'ampleur de la fraude. »
Personne au Canada n'a évalué ce phénomène, mais selon l'Office of odometer fraud investigations, à Washington, il s'agit d'un véritable fléau.
« Il y a 450 000 voitures trafiquées par année aux États-Unis. Avec un profit de 3000 $ à 4000 $ par voiture, cela coûte plus de 1 milliard de dollars par an aux Américains, affirme son directeur, Richard Morse. Après le vol d'auto, la falsification d'odomètres est le deuxième crime en importance contre la propriété. »
Depuis qu'on a remplacé les odomètres mécaniques par des odomètres numériques, bien des gens pensent que cela a compliqué la tâche aux fraudeurs. Mais la réalité, c'est que l'odomètre numérique ne freine pas la fraude.
« On croyait que ça ralentirait, avoue Richard Morse. Malheureusement, les fraudeurs ont leur propre équipement, qui est facilement accessible par Internet. »
Pas de solution magique
 | Serge Dubois
| Les grands manufacturiers pourraient-ils rendre la tâche plus difficile aux fraudeurs? Chez General Motors du Canada, on est conscient du problème, mais on n'a pas de solution magique.
« Il y aura toujours des pirates informatiques qui trouveront une façon de déjouer les systèmes électroniques, souligne le directeur adjoint du service après-vente, Serge Dubois. Il va de soi que, quand nos véhicules changent, nous essayons d'avoir de nouveaux systèmes plus difficiles à déjouer, mais il y aura toujours quelqu'un qui trouvera une façon de déjouer le système ou de le modifier. »
Indifférence des autorités, silence entre les provinces, absence de vérification du kilométrage, les consommateurs n'ont pas le choix: ils doivent être très méfiants avec les voitures d'occasion.
« Il y a de gros manquements du côté de la protection des citoyens et des consommateurs », croit Mélanie
« C'est une bonne business pour les concessionnaires automobiles », ajoute Martin.
« L'histoire de la pédale d'accélérateur plus usée sur un coin, c'est une vieille histoire. Aujourd'hui c'est bien plus sophistiqué que ça », termine Jacques.
En conclusion
Un des outils permettant d'éviter des fraudes dans le cas des véhicules d'occasion, c'est l'historique que peut fournir la SAAQ. Dans cet historique, il y a une information primordiale: d'où vient le véhicule.
S'il vient d'une autre province, méfiance. L'historique ne dira pas combien de propriétaires le véhicule a eus ni son kilométrage. Pour le savoir, l'acheteur devra communiquer avec le ministère des Transports de la province d'où il vient.

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