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2001 à juin 2004


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- L'ÉNIGME ANDRÉ BOISCLAIR: une entrevue avec Raymond Saint-Pierre -
Bien qu’il ait avoué avoir consommé de la cocaïne lorsqu’il était ministre, André Boisclair reste le plus populaire des candidats à la direction du Parti québécois. Comment expliquer ce phénomène? Le journaliste Raymond Saint-Pierre et le réalisateur Pier Gagné ont fait enquête. Ils ont suivi André Boisclair pendant plusieurs semaines, le temps de trois débats, à Trois-Rivières, à Québec et à Rimouski, de quelques points de presse et de mêlées journalistiques. Raymond Saint-Pierre répond à nos questions.

Photos du tournage, de gauche à droite: le journaliste Denis Lessard avec l'équipe d'Enjeux, l'ex-journaliste Normand Girard et Raymond Saint-Pierre, l'entrevue avec le député péquiste Stéphane Bédard

Au départ, que vouliez-vous démontrer en vous attachant aux pas d’André Boisclair?

Dans des discussions au sein de l’équipe d’Enjeux, on a constaté que le fait d’avoir consommé de la cocaïne ne semblait pas avoir d’effets sur la popularité d’André Boisclair ni au sein de son parti ni dans l’opinion publique. Ce phénomène est quand même surprenant. Dans d’autres pays ou dans d’autres provinces, de telles révélations peuvent tuer une candidature. Alors, on s’est demandé si le niveau de tolérance de notre société était plus élevé face à la consommation de cocaïne. D’autre part, est-ce que les journalistes doivent continuer à poser des questions à André Boisclair? On a alors décidé de suivre André Boisclair pour voir qui il est, quel est son comportement avec la presse et quel est le comportement des médias avec lui.

On s’est aperçu qu’il y a vraiment plus de tolérance au Québec qu’ailleurs envers la consommation de drogue. Au départ, il n’y avait aucun sondage sur le sujet. Mais, comme vous le verrez dans le reportage, un sondage Léger Marketing, divulgué pendant notre enquête, confirme cela. Nous avons aussi parlé avec une criminologue qui nous dit qu’au Québec, on criminalise quatre fois moins de personnes que dans le reste du Canada pour la possession de drogues.

Doit-on continuer à poser des questions à André Boisclair sur cette histoire de consommation de cocaïne?

Oui, sans aucun doute. M. Boisclair devrait en dire plus. Nous avons posé la question à bien des gens – des experts et des journalistes – et ils nous disent que oui, André Boisclair doit s’expliquer. Que ce soit maintenant ou plus tard, il doit accepter d’aller plus loin.

Pourquoi l’équipe d’Enjeux n’est-elle pas intervenue, comme média, en posant directement des questions à André Boisclair, lors des points de presse ou des mêlées journalistiques, pendant cette enquête?

On voulait observer les relations d’André Boisclair avec la presse. On était là comme témoin. Si on intervient, il est difficile de témoigner, par la suite. On voulait vraiment être un observateur extérieur.

Fait à noter, pour le reportage, on a demandé, à plusieurs reprises, une entrevue de fond à André Boisclair sur cette question de consommation de cocaïne, et son entourage nous dit qu'il refuse de donner des entrevues sur le sujet avant la fin de la course à la chefferie du Parti québécois.

Croyez-vous que votre reportage aura une influence sur la course à la direction du PQ ou sur l’opinion publique?

Je ne crois pas que notre reportage ait une influence sur la course. André Boisclair est tellement en avance. Et je ne sais pas si ce reportage va changer la perception que les gens ont de Boisclair. En tout cas, ils vont mieux le connaître.
Que vont apprendre les gens sur Boisclair avec votre reportage?

Ils vont voir un jeune politicien un peu assiégé, mais qui refuse de bouger face à la presse.

Pouvez-vous expliquer, aujourd’hui, l’énigme Boisclair?

C’est un personnage très intéressant. Pour ce qui est de sa popularité au sein de la population, je ne le sais pas. Sa popularité au sein du parti s’explique par le désir du Parti québécois de s’adresser aux jeunes, d’avoir une relève.

Propos recueillis par Danielle Beaudoin, de Radio-Canada.ca



 [Regardez le reportage (1re partie)]

 [Regardez le reportage (2e partie)]

 [Regardez le reportage (3e partie)]

Hyperlien
« Changement de garde au PQ »
Dossier de Radio-Canada.ca



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