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2001 à juin 2004


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- Portrait de Claude Dumaine -
Une famille heureuse
Il y a trois ans, le mot nosocomial n’existait que dans le dictionnaire. À l’époque, dans la majorité des hôpitaux, les principes d’hygiène de base, comme le lavage des mains, n'étaient pas la priorité. Récit d’un homme qui vivait le parfait bonheur, avant une banale fracture de la jambe.

La vie de Claude bascule

Claude Dumaine mène une vie heureuse. Il est entouré de sa famille et de ses amis. Son commerce, un garage dans l’est de Montréal, est florissant. Il a une santé de fer. Puis, le 5 août 2001, sa vie bascule.

La saga débute par une simple balade en patins à roues alignées. En fixant son patin, Claude tombe et se fracture la jambe. Il se rend donc au Centre hospitalier Pierre-Legardeur pour recevoir des soins. Le diagnostic: fracture du tibia et du péroné. On lui fait une attelle plâtrée et, le lendemain, un orthopédiste lui suggère de fixer la fracture avec une plaque et des vis.

C’est une chirurgie courante, semble-t-il, mais les choses se compliquent. La plaie ne guérit pas, la douleur devient intolérable, et Claude doit retourner plusieurs fois à l’urgence. Un mois plus tard, on réalise qu’il a été infecté au staphylocoque aureus, une bactérie nosocomiale contractée à l’hôpital.

La plaie de Claude Dumaine
Le doute s’installe alors chez Claude lorsqu’il constate que l’infirmier qui soigne sa plaie ne porte ni gants ni masque. Un contraste frappant avec les mesures d’hygiène prises au CLSC de Pointe-aux-Trembles, où il doit se rendre plusieurs fois par semaine.

Les problèmes ne font que commencer

Après six semaines, la plaie ne guérit toujours pas, et les antibiotiques sont inefficaces. Au cours des deux années suivantes, Claude subit deux interventions majeures pour guérir la plaie à sa jambe, soit une greffe de l’os de la hanche et une greffe du muscle de la cuisse. Dans les deux cas, c’est un échec.

Devant assumer plusieurs coûts médicaux, Claude voit fondre toutes ses économies. Comme il ne peut plus travailler, il est également obligé de vendre son garage. En tant que travailleur autonome, il n’a pas droit à l’aide sociale, pas plus qu’à une assurance invalidité. La situation est d’autant plus désespérante qu’on lui fait comprendre qu’il serait pratiquement impossible d’intenter des poursuites, car la preuve qu’il s’agit d’une infection nosocomiale est extrêmement difficile à faire.

Une lueur d’espoir

Une belle attention pour M. Dumaine
À ce moment, la seule lueur d’espoir pour Claude est le VAC, un appareil qu’il porte sur lui nuit et jour et qui retire les sécrétions de sa plaie. Il a noté une amélioration dans la douleur et dans la guérison de la plaie.

Claude est aussi allé chercher du soutien auprès de l’Association pour la défense des victimes d’infections nosocomiales, qui milite en faveur d’un programme national de lutte aux infections contractées à l’hôpital. Notons que le Centre hospitalier Pierre-Legardeur a réagit récemment en mettant sur pied une politique de lavage intensif des mains qui a permis de réduire le taux d’infections de moitié.

C’est que les cas comme celui de M. Dumaine coûtent environ 150 millions par année au système de santé. Claude Dumaine fait le calcul: il a été hospitalisé 14 mois, a subit 15 chirurgies et a effectué quelque 700 visites au CLSC ou à l’hôpital. Il y a également des dépenses personnelles associées aux soins. M. Dumaine évalue la somme des dépenses encourues et des revenus perdus à 250 000 $.

Devant cette situation, la famille et les amis de M. Dumaine ont mis sur pied un souper spaghetti afin de regarnir son portefeuille et lui signifier leur soutien. Claude a donc des ressources financières pour un an. Après, il ne sait pas ce qui lui arrivera. Il a été pris, malgré lui, dans un système qui laisse mourir 3000 personnes chaque année au Québec, toutes des victimes d’une maladie contractée à l’hôpital.

Journaliste: Hélène Courchesne
Réalisateurs: Léon Laflamme et Nicole Messier



 [Regardez le reportage]

Hyperliens
Comité canadien sur la résistance aux antibiotiques

Association des médecins microbiologistes du Québec

Section des infections nosocomiales et professionnelles

Un dossier de Découverte sur la résistance aux antibiotiques

« Les hôpitaux qui tuent »
Reportage d'Enjeux diffusé en janvier 2004

« Les hôpitaux qui tuent » (suivi)
Reportage d'Enjeux diffusé en juin 2004

L'Association pour la défense des victimes d'infections nosocomiales



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