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| Question de quotas...
En Écosse, les bateaux de pêche reviennent au port de Fraserburg avant l'aube. Une tempête approche et la saison se termine. Les quotas pour la morue et l'aiglefin imposés par la Commission européenne sont presque remplis. Les pêcheurs d'Écosse n'apprécient pas que ce soit l'Europe qui supervise les pêcheries. Les gens de l'Association des pêches du nord sont en colère contre les scientifiques et les bureaucrates de la Commission européenne, qui veulent réduire à zéro les prises de morues pour protéger l'espèce. Selon l'Association, la localité dépend entièrement de la pêche pour sa survie. Déjà le village de Fraserburg a l'air morne et gris. Les commerçants ferment, le chômage grimpe et les gens partent. La situation rappelle les ports de pêche de Terre-Neuve il y a 12 ans. Deux réalités...
Les bateaux amarrés dans le port de Fraserburg ne sont plus que l'ombre de la grande flotte qui y était basée jusque dans les années 70. Il y avait alors 900 bateaux. Aujourd'hui on en compte moins de 150. Les quotas et les subventions de Bruxelles, aux pêcheurs qui renoncent à la pêche, ont eu un impact immense. Au fur et à mesure que la flotte disparaît, la frustration des pêcheurs augmente. Selon eux, les scientifiques qui affirment que les stocks de morues sont en grave déclin ne comprennent rien à la mer. En fait, les pêcheurs disent trouver encore beaucoup de morue dans cette mer. De l'autre côté, il y a les scientifiques qui disent exactement le contraire. Ils sont convaincus que les pêcheurs ne comprennent pas, qu'ils refusent de voir la réalité en face. La Commission européenne recommande d'ailleurs, l'abolition totale de la pêche à la morue depuis 2 ans.
Le poisson noir... Les quotas ont déclenché la colère des pêcheurs. Mais aussi la capture d'une nouvelle catégorie de poisson, du poisson noir, des espèces de poissons protégées. Tout le monde est au courant, mais personne ne veut en parler ouvertement, parce que c'est illégal et sévèrement puni par des amendes très lourdes. Des amendes qui provoqueraient sans doute la faillite des braconniers si ceux-ci étaient attrapés. Mais très peu de pêcheurs sont arrêtés. Le commissaire européen à la pêche prétend que les autorités britanniques refusent d'appliquer la loi. L'ironie du marché noir du poisson, c'est que les pêcheurs disent que son existence est une preuve de plus que les scientifiques ne savent pas mesurer les vrais stocks dans la mer.
Le déplacement des populations de morues... Le député local Alex Salmond est l'ancien chef du parti indépendantiste écossais. Il s'en prend lui-aussi à ceux qui veulent imposer des quotas. Le problème, selon lui, c'est le réchauffement des eaux de la mer du nord, qui a causé une migration de la morue vers les secteurs plus froids et plus au nord. «Les études scientifiques démontrent que nous avons la plus grande quantité d'aiglefin de la mer du nord depuis 1971. Si c'était simplement une question de surpêche, nous ne pourrions pas avoir la plus grande quantité d'aiglefin en 32 ans et seulement quelques morues. Il y a d'autres facteurs qui entrent en ligne de compte. J'aimerais que les scientifiques passent plus de temps à réfléchir qu'à compter le poisson.» Alex Salmond Pour les écossais, la solution passe par l'indépendance. Au moins celle des pêcheries. Ils veulent se retirer de la politique commune de la pêche en Europe.
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