La mer nourricière
Reporter : Rachel Brillant
Réalisateur : Bernard Laroche
12 octobre 2003

«Il y a du foin et des joncs au bord de l'eau. Ce sont les Algonquins qui l'ont remarqué et dans leur mots, ils disaient Kamouraska.»


La coureuse des grèves...

Claudie Gagné est la coureuse des grèves. Elle cueille des plantes de rivage le long de la côte du grand Kamouraska. Des plantes qui se mangent.

Les plantes marines sont communes mais plus personne ne les connaît.

La cueilleuse de plantes marines repère les coins de battures les plus riches.

Elle a mis quatre ans à découvrir son territoire de 30 kilomètres de rivage. Parfois difficile à atteindre et encore un peu secret.


Quelques plantes marines :

 


Sabline faux-péplus - L'une des plantes remarquables du littoral, qui a de bonne heure attiré l'attention des découvreurs.

 


Caquillier édentulé - Bien que normalement une plante d'eau salée, elle se retrouve sur les Grands Lacs comme relique d'une époque (période Champlain) où les eaux étaient saumâtres.

 


Salicorne - Nos navigateurs mettent quelquefois une poignée de Salicorne dans la marmite pour assaisonner le dîner.

 

Source : Flore Laurentienne, Frère Marie Victorin.

 

Il y a les succulentes et les dangereuses...

Les plantes, gorgées d'iode, ont un goût salé.

Mais il faut faire attention car il y a les succulentes et il y les dangereuses. La cueilleuse a appris à discerner les bonnes des mauvaises plantes marines.

 

«Faut pas confondre certaines choses comme ça, ça ressemble au plantain maritime. Ça ressemble à de la ciboulette en fait, mais ça ne se mange pas. C'est super toxique. Ça dégage du cyanure si on le mange. Ça peut empoisonner du bétail. Fait que c'est comme le champignon un peu, faut pas manger n'importe quoi.»
Claudie Gagné

 

 

 

La cueillette durable...

Cette année, pour remplir les commandes, Claudie a besoin d'aide. Elle engage des apprenties cueilleuses.

Elle prend le temps de leur enseigner ce qu'elle connaît, les instruire de ce qu'on lui a elle-même appris : la cueillette durable.

«On cueille d'une certaine façon pour que la plante puisse repousser. En fait la façon de cueillir c'est de prendre juste les extrémités. On n'arrache rien. Puis le fait de cueillir juste le bout ben ça fait repousser la plante encore plus. C'est un peu comme forcer le plant à produire. Comme ça ben ça nous assure de pouvoir revenir cueillir les années d'après.»
Claudie Gagné

 

 

 

Un jardin de mer...

La cueilleuse de plantes sauvages a d'autres ambitions. Elle voudrait un jour ensemencer les plantes marines comestibles, cultiver des jardins de la mer. Pourquoi pas?

Mais en attendant ce jour elle continue de cueillir ses plantes le long de la côte du grand Kamouraska, du moins jusqu'à ce que les grandes marées d'automne aient inondé ses plantes de bord de mer.

 

 


HYPERLIENS

 




Où vont les plantes marines?

 

Claudie Gagné vend sa cueillette à des palais fin.

Les restaurateurs de la région ont été les premiers à l'encourager. Ceux des grandes tables comme ceux d'une cuisine plus abordable.

Il y a des plantes marines en sauce, en potage ou en décoration d'assiette.

 

 

Visionnez notre reportage.