Le turbot volant

Reporter réalisateur:
Bertin leblanc (Paris)

27 juillet 2003

«L'homme a une tendance naturelle à réfléchir en animal aérien et a quelquefois un peu de mal à se projeter dans le monde aquatique.» Didier Leclerc, France Turbot


L'aquaculture à Noirmoutier...

Bien que la chair des poissons plats soit appréciée dans diverses cultures, leur élevage, potentiellement lucratif, rencontre plusieurs difficultés.

Sur l'île Noirmoutier, la pêche constitue depuis toujours un mode de vie, un art que l'on maîtrise depuis des siècles. Pourtant, ce n'est pas que les pêcheurs ramènent dans leurs filets qui fait la notoriété et la richesse de cette île française : c'est plutôt un turbot capable de voyager hors de l'eau pendant plus de 24 heures.

C'est au milieu des années 1970 que l'on songe à développer l'aquaculture sur l'île Noirmoutier, après la découverte, dans son sous-sol, d'une nappe d'eau de très grande qualité, riche en sels minéraux et exempte de bactéries.

Après des années de recherche et d'échecs répétés, c'est finalement en 1988 que France Turbot voit le jour.

Cette entreprise est le premier producteur de turbots au monde. Cinq millions de ces petits spécimens ont quitté les bassins de l'entreprise en 2001, pour se retrouver dans d'autres fermes d'élevage en Europe, et depuis peu en Chine.

Dans la nature, un couple de turbots pond environ jusqu'à deux millions d'oeufs dans une saison, et dans ces deux millions d'oeufs, deux individus survivront.


Les difficultés de l'élevage

«La première difficulté, c'est de faire pondre les reproducteurs. La seconde, c'est d'incuber leurs oeufs correctement et ensuite, d'assurer à cette petite larve son premier mois de développement.» Didier Leclerc, France Turbot

L'élevage se poursuit ensuite dans une ferme de grossissement où l'on observe attentivement le comportement des turbots. Tout est soigneusement dosé et surveillé.

«Le métier d'élevage, c'est un métier de bon sens. L'homme a une tendance naturelle à réfléchir en animal aérien et a quelquefois un peu de mal à se projeter dans le monde aquatique.» Didier Leclerc

C'est justement en se projetant vers le futur que Didier a l'idée de faire voyager son turbot au-délà des frontières, notamment en Asie. C'est alors que commence toute une série de tests pour assurer le transport dans de bonnes conditions.

«Il s'agit de mettre le poisson dans un état de presque hibernation avec de l'air suffisamment humide pour ne pas le sécher.» Didier Leclerc

«On estimeaujourd'hui qu'on est capable de transporter les turbots vivants sans eau pendant 24 heures.» Bruno Justome, biologiste

Il aura fallu à France Turbot plus de cinq années de recherche pour arriver à concocter l'emballage parfait qui allait permettre la survie du poisson tout au long du voyage.

Aujourd'hui, le groupe de Noirmoutier réalise près de 80% de son chiffre d'affaires à l'exportation. 60 tonnes de turbot ont ainsi voyagé l'année dernière, pour le plus grand plaisir des convives de Hong-Kong, Singapour ou Shangaï : des consommateurs qui n'avaient sans doute jamais imaginé pouvoir un jour manger du turbot vivant de l'Atlantique...

 




HYPERLIENS

Île de Noirmoutier

Le turbot



 

 

Visionnez notre reportage «Le turbot volant».