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| Ces oiseaux affamés... À chaque printemps, des millions de bernaches survolent les grandes villes d'Amérique du Nord. À Toronto comme à Regina, Chicago ou Seattle, l'engouement de ces oiseaux affamés pour les grands parcs nationaux augmente sans cesse.
Le parc Wascana n'y échappe pas. Cet îlot de verdure devient, au printemps, l'un des plus grands sanctuaires urbains pour les oies sauvages au Canada. Si certains accueillent les oiseaux avec joie, d'autres citoyens se sentent dépassés par le phénomène. En mai, au moment de l'éclosion des oeufs, l'occupation se transforme
en invasion. «On ne peut pas arrêter les migrations d'oiseaux...
et le parc est un habitat idéal. Il y a de l'eau, on est loin des
prédateurs et l'herbe est toujours fraîche. Les oies adorent
l'herbe fraîche.» Bob Edwart, centre
de Wascana
Opération... capture! À chaque été, très tôt le matin, le parc Wascana prend des allures militaires. Les troupes de travailleurs se déploient sous les ordres du commandant en chef Ray Longmuir. Les jardins du palais législatif sont clôturés: la chasse peut commencer...
Deux aéroglisseurs, assistés par deux bateaux hors-bord et une dizaine de rabatteurs, encerclent les oies. Alertés par le bruit, les oiseaux se regroupent: ils sont rapidement refoulées vers le rivage. Les bernaches n'ont d'autres choix que de suivre le mouvement. À ce moment de l'année, les oisons ne savent pas encore voler et les adultes sont cloués au sol par la mue. Les oies sont regroupées dans un enclos. On en attrape ainsi environ
1000 par année. Des rodéos de ce genre se tiennent à
chaque été dans un grand nombre de villes sur tout le continent.«C'est
pareil partout en Amérique du Nord. À Toronto, on compte
jusqu'à 50 mille oies dans les parcs». Ray
Longmuir Un déménagement... annuel! Aidé par des citoyens bénévoles, l'équipe de rabatteurs attrape les oies une à une. On les enferment dans des caisses de bois, en évitant les coups de bec. Les caisses sont chargées sur une remorque et, à peine trois heures après le début de l'opération de capture, les oies partent pour un long voyage de 500 kilomètres de route vers une région sauvage du nord de la Saskatchewan.
En déménageant les oiseaux de la ville à un lac sauvage, on mise sur l'instinct naturel des jeunes oies: une bernache a tendance à revenir à l'endroit où elle a appris à voler. En automne, une nouvelle invasion est à prévoir. Les bernaches migrent vers le sud et refont escale à Regina. Le parc Wascana subit alors les assauts de deux à trois fois plus d'oiseaux qu'au printemps. «Le déménagement sert à réduire le nombre d'oies du parc en juillet et août. C'est la période où les risques de conflits avec les citadins sont les plus élevés». Bob Ewart. Le grand déménagement annuel des bernaches ne réduit pas le nombre d'oiseaux: il maintient la population d'oies du parc à un nombre acceptable, sans avoir à en tuer une seule. Le parc Wascana peut ainsi garder à la fois sa verdure et son charme naturel.
HYPERLIENS Les
oiseaux migrateurs Ministère
de l'Agriculture, des pêcheries et de l'alimentation Conservation
des oiseaux migrateurs |
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Un peu d'histoire... À la fin du 19e siècle, le ruisseau Wascana est creusé pour créer un lac artificiel: le plan d'eau n'est alors qu'un marais vaseux, mais il attire déjà un petit nombre d'oiseaux migrateurs. Les choses changent en 1905, lorsque la Saskatchewan devient une province. Le nouveau palais législatif, inspiré du palais de Versailles, est grandiose... C'est alors qu'on entreprend l'aménagement du parc Wascana. Au moment de l'inauguration, les citoyens débordent de fierté pour le nouveau parc: l'un des plus grands au pays. Ils ne se doutent pas que le lac est sur le point de devenir un gigantesque terrain d'atterrissage. Au dessus de leurs têtes, un demi millions de bernaches du Canada suivent l'un des plus importants couloir migratoire du continent. Un couloir de plus de 4000 kilomètres qui va des états du sud-ouest américain jusqu'à l'Arctique canadien. Au fil des ans, le nombre d'oies qui fréquentent le parc grimpe
de 1000 à 5000, puis à plus de À la fin des années 60, la survie du parc est en jeu: il faut stopper l'envahisseur.
Visionnez notre reportage «Des migrateurs gênants».
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