L'ouragan Juan
Journaliste - réalisatrice : Marie Thompson 11 janvier 2004

 

L'ouragan Juan...

À la fin de septembre, la Nouvelle-Écosse a été frappée de plein fouet par l'ouragan Juan. L'ouragan qui venait de l'Atlantique a ravagé une partie de la ville puis s'est rendu plus au nord dans la campagne. On n'avait jamais vu un ouragan aussi haut dans le nord de la Nouvelle-Écosse.

Deux familles d'agriculteurs ont vu leur ferme dévastée par la tempête.

 

La ferme des Whidden...


Après l'ouragan, la maison des Whidden est encore debout. Toutefois, là où il y avait quatre silos, il n'y en a plus que trois. Un des silos s'est effondré sur l'étable laitière des Whidden. En fait, 50 tonnes de béton ont littéralement écrasé l'étable toute neuve dans laquelle les Whidden venaient d'investir 120 000 dollars. Un coup très dur.

 

«Nous allons nettoyer les dégâts et on verra ensuite. L'industrie laitière, c'est peut-être fini pour nous. C'est traumatisant, habituellement je ne suis pas très émotif… C'est dur à prendre.»

Havey Whidden

 

 

À la fin octobre, Havey Whidden ne sait toujours pas ce qu'il fera de son exploitation laitière. Il s'occupe toujours de ses vaches mais celles-ci sont installées dans l'étable d'un ami agriculteur. En échange de l'espace et de l'équipement nécessaire, monsieur Whidden remet à son ami presque toute la valeur du lait récolté.

Chez lui, c'est encore un désastre. Il ne peut ramener son troupeau tant que l'étable n'est pas reconstruite.

Sa compagnie d'assurance refuse de l'indemniser. Tous les bâtiments des Whidden sont assurés pour les dommages causés par le vent. Toutefois, l'assureur refuse de payer pour la perte de l'étable laitière parce que ce n'est pas le vent qui a causé les dommages mais l'effondrement du silo. Selon la compagnie d'assurance la perte du silo est couverte mais pas celle de l'étable.

Comble du malheur, les Whidden doivent d'abord régler leur problème d'assurances avant de pouvoir bénéficier d'un programme d'aide en cas de désastre. Entre temps, les factures s'accumulent… et le désarroi aussi.

 

La ferme des Dillman...

Un peu plus loin, une autre ferme est en péril, celle de la famille Dillman.

L'ouragan a détruit en moins d'une heure le travail de toute une vie. Ses deux étables sont complètement détruites.

Les étables sont au coeur de l'exploitation des Dillman. Elles valent un demi-million de dollars. Les assurances de la famille Dillman ne couvre pas les dommages causés par le vent. Ils n'ont pas jugé nécessaire de s'assurer pour les dommages causés par le vent étant donné que les ouragans et les tornades meurent sur la côte, ils ne se rendent jamais dans leur région, à part cette fois-ci.

Un programme d'aide gouvernemental d'urgence lui offre 250 000 dollars. C'est substantiel, mais il a besoin du double pour rebâtir ses installations.

 


«Nous réfléchissons à notre avenir. Tout dépendra si on obtient les appuis nécessaires pour que nous puissions continuer à exploiter notre ferme, notre entreprise. Il faudra peut-être tout liquider et partir.»

John Dillman

 

 

Ailleurs, on reconstruit...

L'argent ne manque pas partout. En ville, à Halifax, les autorités dépenseront plus de 20 millions de dollars pour réparer les rues, les trottoirs et les infrastructures. Également, des individus ont contribué pour plus d'un million de dollars afin de rebâtir les parcs de la ville.

De leurs côtés, les Whidden et les Dillman retardent leur décision autant qu'ils peuvent : vont-ils s'endetter et tout rebâtir ou liquider ce qui reste et faire autre chose.

Comment savoir quelle est la décision la plus sage ?

 

Bovine Beauty...

Shirley Locke, une cadre dans une entreprise financière, crée le projet " Bovine Beauty "… un programme du genre: «Adoptez une vache». Pour chaque chèque, le donateur reçoit une affiche d'une vache aux grands yeux et un gros merci.

Les dons sont venus de partout au Canada. Jusqu'à maintenant, 25 mille dollars ont été amassés.

 


 

HYPERLIENS

L'ouragan Juan - Septembre 2003 - Environnement Canada



Les ouragans et la Nouvelle-Écosse

Il n'est pas rare que des ouragans frappent la Nouvelle-Écosse. Depuis quelque temps, cela se produit tous les trois ans environ.

Ce qui est plus rare, c'est qu'ils aient toujours une force d'ouragan lorsqu'ils atteignent nos côtes.

L'ouragan Juan est arrivé sur les côtes, le 29 septembre 2003, en tant qu'ouragan à la limite des catégories 1 et 2, avec des vents soutenus de 85 noeuds, soit 158 km/h.

Il semblerait, selon les observations des 100 dernières années, que de tels ouragans n'atteignent les côtes de la Nouvelle-Écosse qu'une fois tous les 50 ans.

Source : Environnement Canada

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