Bibittes interrompues
Journaliste - réalisatrice :
Thérèse Champagne (Vancouver)
23 novembre 2003

 


Les pommes de la Colombie Britannique...

Les vergers de la Colombie-Britannique sont aux prises avec l'insecte le plus dévastateur des pommes, la pyrale de la pomme. Aussi nommé carpocapse, cet insecte donne naissance au fameux ver de pomme.

La pomme est le fruit le plus cultivé en Colombie-Britannique. La production annuelle se chiffre à 40 millions de dollars. Éliminer ce ravageur est donc une priorité pour la Colombie-Britannique.

Depuis près de 10 ans, toute la vallée est le site d'un vaste projet d'éradication de la pyrale, l'insecte le plus dévastateur des pommes.

La lutte contre le carpocapse se fait avec des produits chimiques. Mais les insectes développent une résistance et les pesticides deviennent de moins en moins efficaces.

 

L'autre solution...

En 1994, la Colombie-Britannique met à l'essai une nouvelle technologie de lutte contre les pyrales. Elle se lance dans la stérilisation d'insectes, un programme qui a des allures de science-fiction. Dans le seul centre d'élevage de pyrales au monde, les techniciens produisent 2 millions d'insectes chaque jour.

Lorsqu'ils deviennent papillons de nuit, on stérilise les insectes en utilisant des radiations de cobalt 60.

Les insectes stériles sont ensuite disséminés dans les vergers. On doit en saturer la région. On vise un ratio de 40 mâles stériles pour un mâle sauvage. Les mâles stériles s'accouplent aux femelles sauvages et les œufs ne se développent pas. Ainsi la population de carpocapses diminue graduellement. L'objectif, c'est l'éradication totale.

 

Les résultats de 1998 et de 2003...

En 1998, une équipe de la Semaine Verte s'est rendue chez un producteur de pommes qui avait participé à ce programme ambitieux. Les résultats après quatre ans sont prometteurs. Le producteur a réduit plus que la moitié ses applications de produits chimiques. Au lieu d'appliquer les produits chimiques 5 à 6 fois l'an, il les applique 2 fois seulement.

En 2003, neuf ans après le début du programme, on ne trouve plus un seul carpocapse dans le verger du producteur. L'opération est un succès, on n'a même plus besoin d'avoir recours aux insectes stériles.

Toutefois, le verger est situé à Oliver dans le sud de la vallée de l'Okanagan. Une région entourée de montagnes qui freinent la migration d'insectes des régions avoisinantes. Cet isolement contribue au succès du programme.

Ailleurs, la réussite n'est pas tout-à-fait la même, la partie n'est pas encore gagnée. Un autre producteur de pommes qui participe au programme depuis neuf ans, doit continuer sa lutte au carpocapse avec les insectes stériles.

Le problème, c'est que le verger de ce producteur est situé tout près d'une usine d'empaquetage. Les insectes arrivent sur les fruits provenant du nord de la vallée, une région dans laquelle le programme d'insectes stériles n'est qu'à ses débuts.

Dans le sud de la vallée, les pyrales sont maintenant éliminées dans 88% des vergers. Dans le nord, où on n'a commencé à disperser des insectes stériles qu'en 2001, les pyrales sont disparues dans seulement 24% des vergers. Si tout va bien, on prévoit qu'en 2005, il ne restera des pyrales que dans 10% des vergers, au nord comme au sud.

 

Une lutte coûteuse...

Le problème réside dans le coût du programme, 50 millions de dollars, financé en très grande partie par les contribuables. C'est beaucoup plus élevé que prévu.

Les critiques affirment qu'il y a des moyens plus économiques de contrôler la pyrale qui respectent assez bien l'environnement.

En 2005, le financement du programme sera revu. Il faudra 2 millions et demi de dollars par année pour le maintenir. Les producteurs sont-ils prêts à payer davantage pour le garder?

En attendant, les scientifiques continuent de documenter l'efficacité du programme. On retrouve cet insecte dans les vergers de pommiers à travers le monde. Le programme de la Colombie-Britannique intéresse d'autres pays comme l'Afrique du Sud et l'Argentine. Les insectes stériles élevés dans l'ouest canadien pourraient devenir un produit d'exportation. Une idée qui plaît même aux critiques du programme.

 

 

L'agriculture en Colombie-Britannique

Bien que la superficie des terres agricoles soit restreinte dans ce pays montagneux (2,4 millions d'hectares), la Colombie-Britannique possède quelques riches zones de culture, notamment dans la basse vallée du fleuve Fraser (production laitière et cultures légumières) et dans la vallée de l'Okanagan, une des plus importantes pour la production fruitière (pommes, poires, cerises, prunes, abricots). Sur les plateaux intérieurs, on élève le bétail dans les ranches. Fleurs et bulbes sont cultivés sur l'île de Vancouver.

 


 

HYPERLIENS

Le carpocapse de la pomme - Université McGill

Lutte intégrée contre les insectes déprédateurs




La pyrale en 1872 au Québec.

La pyrale de la pomme pose des problèmes depuis longtemps.

Elle a été observée pour la première fois au Québec, en 1872, par Léon Provencher, qui a constaté qu'elle entraînait des pertes considérables dans les vergers.

Il a recommandé qu'on enduise le tronc des pommiers d'une matière adhésive à laquelle colleraient les larves et qu'on brûle les fruits véreux afin de détruire les larves.

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada

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