Sur un air d'espagnol
Reporter : André Bernard
Réalisateur : Marie-Eve Thibault
25 mai 2003

Si les productrices se payent des cours d'espagnol, c'est que le nombre de travailleurs mexicains a triplé depuis sept ans.


Tous à l'espagnol !

Une fois par semaine, à la fin de sa journée de travail, Diane Rémillard troque ses légumes pour ses notes de cours. «Je vais suivre mon cours d'espagnol. Je veux améliorer la conjugaison des verbes.»

Mme Rémillard y retrouve d'autres productrices maraîchères qui, à défaut de trouver suffisamment de main d'oeuvre locale, embauchent des travailleurs mexicains pour l'été.

De tout le groupe, Sylvie Guinois est la plus habituée à la langue espagnole. Elle l'a apprise dans le champ au contact des travailleurs mexicains: elle en embauche depuis 15 ans.

Des cours... payants !

Si les producteurs se payent des cours d'espagnol, c'est que le nombre de travailleurs mexicains a triplé depuis sept ans. En été, en banlieue de Montréal, l'espagnol est la langue du champ.

Ce qui rend la maîtrise de cette langue indispensable, c'est que les Mexicains passent six mois à travailler et à vivre à la ferme. Durant cette période, les productrices doivent les accompagner à la banque, chez le médecin mais aussi dans les moments plus difficiles. C'est parfois à ce moment que les mots manquent.

Dire mieux, c'est aussi dire plus. Le fait de se comprendre finit par transformer la relation entre les producteurs et les travailleurs mexicains. «En prenant des cours d'espagnol, ça me donne la chance de leur demander de faire plusieurs travaux variés. Certains font l'arrosage, d'autres sont sur les tracteurs et quelques-uns manient des machines.» Diane Rémillard

 



HYPERLIENS

Contrat de travail des travailleurs agricoles saisonniers du Mexique employés au Canada

Travailleur agricole saisonnier



 

Si le nombre de travailleurs mexicains augmente année après année, c'est à cause du recrutement difficile des travailleurs québécois.

Quand l'économie tourne rond et que la demande d'emploi est forte dans la province, les travailleurs journaliers d'ici préfèrent le milieu industriel au milieu agricole. Les contrats y sont parfois longs et mieux rémunérés.

Ceci explique la pénurie de main d'oeuvre locale en agriculture. C'est notamment ce qui a justifié l'embauche de
2 600 Mexicains dans les champs du Québec à l'été 2002.

 

Visionnez notre reportage «Sur un air espagnol».