Çompagnonnage en production laitière
Journaliste : Ginette Marceau
Réalisateur : Maurice Roberge
21 mars 2004

 

Retour à l'école...

Martin Demers est ouvrier agricole. Il n'a aucun diplôme. Après avoir complété son secondaire III, il s'est aventuré sur le marché du travail. Il a occupé différents emplois mais depuis deux ans, il travaille à la ferme des frères Blais. Même s'il a grandi à la campagne il connaît très peu de choses sur la production laitière.

Il décide donc de retourner sur les bancs d'école. L'école qu'il a choisie n'a rien de conventionnel, c'est une école pratique qui s'adapte aux travaux de la ferme. Les professeurs sont ses patrons, Réal et Mario Blais.

 

Le compagnonnage...

Le programme est une initiative d'Emploi-Québec et fonctionne sur un principe qui remonte à plusieurs siècles : le compagnonnage. L'élève est formé en milieu de travail et c'est son compagnon qui lui transmet tout son savoir, son expérience. Les compagnons de Martin sont les propriétaires de la ferme où il travaille, Réal et Mario Blais.

La formation dure deux ans et elle touche à tous les aspects du travail à la ferme : autant les habiletés manuelles que les connaissances théoriques. Une conseillère assure un support technique.

 

Le programme...

Les frères Blais sont producteurs agricoles de père en fils depuis huit générations. Ils sont à Saint-Henri-de-Lévis près de Québec. Ils possèdent une grosse entreprise avec plus de 220 vaches en lactation, 250 génisses, de nombreux veaux et vaches taries et 800 acres en culture. Il y a beaucoup de travail à abattre à la ferme Blais.

Le programme se bâtit selon les besoins spécifiques de l'entreprise agricole. Il vise à approfondir et à diversifier les connaissances de Martin sur le travail qu'il a à accomplir à la ferme.

Exemple de thèmes à développer par Martin: reproduction du troupeau, reconnaître les signes externes de vêlage des vaches, assurer la préparation au vêlage, assurer l'assistance au vêlage, donner les soins aux veaux naissants...

C'est le compagnon qui évalue l'apprenti et qui s'assure qu'il maîtrise bien toutes ses tâches. Mais avant d'émettre le certificat de Martin, Emploi-Québec évaluera la qualité du travail de Réal.

 

Conclusion...

Pour les frères Blais, il est essentiel d'avoir des employés bien formés parce qu'un ouvrier non qualifié est source de bien des ennuis. Les erreurs génèrent bien souvent des coûts et puis lorsqu'elles sont nombreuses elles démotivent l'ouvrier qui les fait. Plus l'ouvrier est démotivé, plus le propriétaire est nerveux et moins il lui confie des tâches importantes. L'employé insatisfait quitte son emploi. Le processus est à recommencer avec un nouvel employé.

Avec la formation en compagnonnage, les choses changent.

«Son ouvrage va changer, il ne fera plus toujours les mêmes tâches plates. Il va faire des tâches qui sont différentes et ça va le motiver. Aussi j'pense qu'il va respecter notre choix de le former et qu'il va nous le remettre au centuple. Je pense que Martin c'est quelqu'un qui va être fidèle, qui va nous être fidèle. Peut-être qu'à un moment donné quand sa formation sera terminée, il va changer de braquette ça c'est sûr. Il va changer de classe et sera payé plus cher. Mais payer un employé un peu plus cher versus en former un autre, j'aime autant payer.» Réal Blais


«Après mes deux ans, je vais savoir toute la routine de l'entreprise. Savoir comment fonctionne toutes les affaires et Réal et Mario vont avoir confiance en moi de plus en plus. Ils vont pouvoir me laisser faire les tâches que je ne faisais pas auparavant. Il met de son temps à m'apprendre c'est comme si c'était mon professeur, il tient beaucoup à moi, à mes résultats, à mon bien-être. C'est important pour moi, de me sentir intégré, de sentir que j'ai ma place dans l'entreprise.» Martin Demers

 


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