Tonte de moutons (reprise)
Reporter : Rachel Brillant
Réalisateur : Bernard Laroche
29 février 2004

Il n'existe aucune tradition de tondeurs au Québec. Pourtant, c'est l'un des plus vieux métiers du monde...


L'heure de la tonte

Au printemps, les brebis sont des clientes qui ont un besoin urgent de changement. Avec l'arrivée de l'été, il fait plus chaud. La laine des brebis est longue et isole. Leur corps a ainsi moins de chance de respirer. «Une laine humide, c'est comme un chandail de laine humide pour nous. Ce n'est pas confortable. » Nancy Bergeron, bergère


Sebastian Zalac, tondeur de moutons

Sebastian Zalac se lève à l'heure des poules pour tondre des moutons. Ce métier est rare et ces jours-ci, tout le monde se l'arrache.

Sebastian parcours le Québec et même l'est de l'Ontario. Lorsqu'un tondeur est appelé à domicile, il vient pour la peine. «Une grosse journée, c'est 180 moutons. En moyenne, je fais entre 120 et 150 moutons par jour».

Tous les éleveurs font tondre béliers, brebis et agnelles une ou deux fois par année.

Lors de la tonte, c'est avec beaucoup de force et de douceur que Sebastian réussit à amadouer les brebis. «C'est beaucoup de travail avec les jambes et la main gauche. La main droite ne sert pas du tout. Je l'utilise juste pour tondre.»

Si la toison du mouton a valu pendant des siècles aussi cher que la viande, aujourd'hui elle ne rapporte plus un sou à l'éleveur.

La laine occasionne des frais.


Une formation rigoureuse...

Sebastian a reçu les premières leçons du métier en France par des moniteurs australiens. Leur méthode est rigoureuse : il doit tondre morceau par morceau, toujours avec les mêmes gestes, dans le même ordre, en roulant la brebis pour enchaîner le mouvement. Une toison réussit alors à tomber au plancher en entier.

Sebastian a perdu l'hésitation de l'apprenti. Son mouton est tondu en deux minutes et demi. Avant la rapidité, les australiens ont enseigné à Sebastian Zalac à devenir d'abord un maître de la précision. «Il y a toujours un risque de coupures ou de blessures si elle bouge. Il faut donc la maintenir calme.»

La valeur de la laine

Une brebis donne cinq livres de laine par année. Si la toison du mouton a valu pendant des siècles aussi cher que la viande, aujourd'hui elle ne rapporte plus un sou à l'éleveur. La laine occasionne des frais. «Pour
1 500 $ de tonte, on peut retirer environ 300$ de laine.». Nancy Bergeron, bergère

Seulement quatre autres tondeurs parcourent le Québec comme Sebastian. Voilà un métier qui se perd. Pourtant, ce n'est pas les moutons à tondre qui manquent : depuis 15 ans, le cheptel du Québec a augmenté de 300 %.

Il n'existe aucune tradition de tondeurs au Québec. Pourtant, Sebastian exerce l'un des plus vieux métiers du monde...

Le prix de la laine dégringole depuis 15 ans. Cette année, une livre de laine rapporte à l'éleveur à peine 0,22$: deux fois moins qu'il y a cinq ans.

La compagnie qui achète presque toute la laine l'exporte vers la Chine, le Royaume-Uni et les États-Uni.



HYPERLIEN

Centre d'expertise en production ovine




On se fait une beauté ?

La nature de la brebis, c'est d'agneler au printemps.

Nancy Bergeron fait tondre ses brebis pour stimuler l'activité sexuelle à longueur d'année.

À six mois de la saison de reproduction, ses brebis iront quand même au bélier demain.

La brebis a peur ou est stressée si elle est dérangée dans sa routine. Mais ça peut devenir un stress positif.

Quand une brebis se fait tondre et qu'elle reçoit les avances du bélier, les chances sont bonnes que les chaleurs apparaissent.

Des chercheurs ont démontré qu'une simple balade en camionnette a le même effet sur la fertilité de la brebis que la tonte.

 

Visionnez notre reportage «Et les moutons seront bien tondus».