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| Désespoir dans les érablières...
En 1998, Mario Bourdeau est dévasté. 80% de ses arbres sont atteints par la tempête. Le verglas lui prend 2 000 de ses 12 000 entailles. De l'espoir, il en fallait. Au lendemain du verglas, les producteurs ont plus de questions que de réponses. Faut-il entailler ou laisser aller? L'érable coulera-t-il de nouveau et coulera-t-il longtemps? Stéphane Guay et ses collègues du centre de recherche en acériculture, le centre Acer, se sont penchés sur ces questions. Ils ont entrepris, juste après le verglas, une étude afin d'en mesurer l'impact. Les découvertes sont surprenantes... «Le verglas n'a pas eu que des impacts négatifs. Pour certains, l'éclaircissement de branches a été bénéfique puisque la croissance des érables a augmenté.» Stéphane Guay
Après la chute des cimes, la lumière est entré dans les érablières. En 1998, on croyait qu'un arbre sans cime était condamné à mourir. Stéphane Guay a donc étudié comment l'arbre emploierait ses réserves pour reconstruire sa cime. Cinq ans plus tard, les cimes sont pratiquement reconstruites. L'explication: les racines sont restées intactes. Puisqu'il y a autant de racines que de branches dans un arbre, les érables se retrouvent donc, après le verglas, avec le même garde-manger et beaucoup moins de branches à nourrir. La poussée de croissance s'est fait également sentir chez les plus jeunes érables. Ceux-ci n'attendait qu'un peu de lumière pour grandir.
Un bilan positif...
La plus étonnante découverte des chercheurs est de constater que le rendement, à la reprise de la coulée, demeure comparable à la moyenne antérieure. Dans certains cas, elle augmente. «Changer les tubulures qui ont été détruites par les arbres a amené un rendement supérieur par arbre.» Stéphane Guay On ne doit pas conclure pour autant que le verglas a été bénéfique sur les érablières. Dans certains cas, les arbres ont dû être abattus et des producteurs ont perdu des années de travail, et ce, sans compter le temps qu'ils auront mis à réparer les dégâts. En réalité, bien des érables ont perdu des branches mais peu ont complètement cessé de produire.
La perte d'entailles est survenue en Montérégie, et non dans la Beauce ou dans le Bas-Saint-Laurent, qui sont de grandes régions acéricoles. Le verglas n'a donc pas déstabilisé l'industrie québécoise. Au contraire, l'industrie doit aujourd'hui gérer des surplus d'au-delà de 20 millions de livres de sirop. Des chiffres qui donnent à penser que le verglas de 1998, dû à son intensité, a fait plus de bien que de mal...
HYPERLIENS Cabanes à sucre et érablières au Québec Les
érablières après le verglas Centre de recherche, de développement et de transfert technologique en acériculture (ACER) La filière
acéricole
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