Moulin à farine traditionnel (reprise)
Reporter : Ginette Marceau
Réalisateur : Stéphan Gravel
29 décembre 2002

«Je pense que les hommes du 18e siècle devaient toujours s'ennuyer de leur dulcinée. Faire de la farine est un travail solitaire...» Jean-Claude Gauthier


Histoire... d'un moulin!

Le moulin Saint-Louis existe depuis 1758, lors de la période seigneuriale où les Ursulines des Trois-Rivières développaient notre région.

Les soeurs opèrent le moulin pendant près de 100 ans avant de le vendre à un dénommé Jean-Baptiste Magnan.

Malheureusement, Jean-Baptiste n'est pas en mesure de payer ses hypothèques envers les religieuses.

En 1902, Joseph Saint-Louis et sa soeur Marie-Louise prennent possession du moulin. Ils y élèvent Jean, un orphelin arrivé au Québec en 1920.

En 1965, Jean Saint-Louis reprend le moulin pour le vendre à Jean-Claude Gauthier en 1992.

«Un certain 26 ou 27 juillet 1992, ma femme apprend par des amis qu'il y a un moulin à vendre à Sainte-Ursule. Elle m'a traîné ici de force ou presque... Je suis tombé en amour avec l'endroit. Un site merveilleux, historique. Trois semaines plus tard, c'était notre propriété.» Jean-Claude Gauthier, farinier

«Lorsque j'ai acheté ce moulin, j'ai exigé de monsieur Saint-Louis qu'il me montre le métier pendant deux ans.» Jean-Claude Gauthier

Pendant deux automnes, M. Saint-Louis a montré à M. Gauthier à moudre la farine de sarrasin, la spécialité du moulin.

«Ce serait un sacré beau cadeau si j'arrivais devant Saint-Pierre et qu'il me dirait: Ah! Le petit vieux qui faisait la meilleure farine de sarrasin du Québec !» Jean-Claude Gauthier


Un bon équipement

Selon M. Gauthier, lorsque les communautés religieuses de l'époque bâtissaient quelque chose, elles le faisaient avec des matériaux de première qualité.

«C'est pour ça qu'au moulin, j'ai des meules qui travaillent de manière exceptionnelle, comme tous les moulins en rêvent.» Jean-Claude Gauthier

«Ces meules sont grandes et vont permettre de moudre sans que la céréale ne chauffe. Ça va conserver le goût de la céréale, les sels minéraux et les éléments nutritifs qui sont contenus dans la farine.» Jean-Claude Gauthier

La deuxième chose qui rend son moulin si particulier est la qualité de son bluteau. Le bluteau est le tamis.

«Quand on tamise sur 18 pieds de long, ça a comme fonction d'oxygéner les molécules de farine. On rend ainsi la farine plus légère et plus digestible.» Jean-Claude Gauthier

La passion du métier...

«Mon père a commencé à être vieux quand il a arrêté d'être gardien. Depuis, il regarde la télévision. Et ça, je ne veux pas ça.» Jean-Claude Gauthier

«Il faut absolument que je vende à quelqu'un qui acceptera de perpétuer le patrimoine vivant. Ça, c'est excessivement important.» Jean-Claude Gauthier




HYPERLIENS

Le moulin ancestral Saint-Louis cherche preneur

Histoire du moulin Fisk

Les premiers moulins à farine




Dès 1665, on dénombre neuf meuniers dans le recensement de la Nouvelle-France.

En 1734, on en compte 118. Plus détaillé, le recensement du Canada de 1851 donne le chiffre de 541.

Au début du XXe siècle, ce nombre décroît considérablement: on ne compte plus que 79 meuniers au cours de l'année 1919.

Il est intéressant de noter que vers les années 1935, le terme «minoterie» apparaît, marquant ainsi la transition entre le moulin à farine traditionnel et les nouveaux établissements à caractère plus industriel.

Alors qu'en 1933, on dénombre 376 minoteries et meuneries, le chiffre baisse à 185 en 1943.

La fluctuation de ces chiffres indique bien les difficultés qu'ont connues ces entreprises au début du XXe siècle.

 

Source : Culture et Communications du Québec

 

Visionnez notre reportage «Moulin à farine traditionnel».