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| Pollution des eaux...
Plus de 100 000 personnes boivent l'eau de la rivière Yamaska. Pourtant, cette eau est la plus polluée au Québec. C'est que la rivière Yamaska draine un territoire essentiellement agricole. Les polluants viennent de partout, de chaque ferme et de chaque champ cultivé. Pour la dépolluer, il faut remonter jusqu'à ses moindres
affluents, comme le ruisseau des Aulnages. Véhicule de polluants!
À chaque pluie, l'eau de ce ruisseau devient brune, ce qui veut dire qu'elle transporte de la terre. Elle transporte donc tous les polluants qui y sont rattachés, comme les pesticides, les nitrates et le phosphore. Toute cette terre ne fait pas que polluer l'eau : Elle bouche aussi le ruisseau, ce qui occasionne de sérieux problèmes de drainage. À certains endroits au printemps, l'eau déborde et compacte
le sol jusqu'à le rendre pratiquement infertile. Quelle est la solution ?
La solution la plus simple est de laisser en friche une bande de terre le long des cours d'eau. On appelle ça une bande riveraine. Elle permet de retenir non seulement le sol, mais aussi une bonne partie des polluants dissouts dans l'eau de ruissellement. La bande riveraine est un filtre entre le champ et le cours d'eau.
Analyse des résultats...
À l'Institut de recherche en agroenvironnement de Saint-Lambert-de-Lauzon, des chercheurs ont évalué le pouvoir filtrant des bandes riveraines. «La présence d'une bande de trois mètres réduit
de 99,5% la concentration ou la masse d'herbicides qui est exportée
du champ. Pour ce qui est des matières en suspension, on obtient
des réductions d'environ 85%. Pour l'azote, c'est environ 75% et
pour le phosphore, 85%. La bande riveraine est donc très efficace!»
Un chercheur de l'Institut de recherche en agroenvironnement,
Saint-Lambert-de-Lauzon Problème de conscientisation ? La plupart des enquêtes à travers le Québec montrent que dans au moins la moitié des cas, les bandes riveraines ne sont pas respectées. Une question d'habitude...
Le gouvernement provincial a élaboré en 1996 une politique de protection des rives. Elle oblige à respecter une distance de trois mètres de la limite supérieure des eaux avec au moins un mètre en haut du talus. Mais cette politique n'est toujours pas en vigueur. Elle doit d'abord être incluse dans les schémas d'aménagement des MRC et dans les règlements des municipalités. Le processus prendra encore quelques années. Malgré toute la bonne volonté de certains producteurs, la bataille pour la protection des berges est encore loin d'être gagnée. Et ce n'est qu'une bataille parmi d'autres pour vaincre la pollution
de l'eau...
HYPERLIENS Les bandes riveraines (PDF) Le bienfait des bandes riveraines Les bandes riveraines et la qualité de l'eau (PDF) |
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