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Journaliste
- réalisateur : Aubert Tremblay
3 février 2002
La ouananiche
du Lac-St-Jean
L'année 2001 a été désastreuse
pour la pêche à la ouananiche. Le nombre de prises
a été un des plus bas jamais enregistrés.
Même constat pour les reproducteurs. Ils
ont été à peine un millier à remonter
les rivières pour frayer, soit neuf fois moins qu'en
1998.
Rien ne laissait prévoir une baisse aussi
radicale. Les chercheurs comme les pêcheurs sont étonnés
et pris au dépourvu. D'autant plus que l'augmentation
des populations de ouananiches des quatre dernières
années les faisaient nager dans l'optimisme.
L'histoire
de la ouananiche au
Lac-St-Jean
Les années de
gloire
La ouananiche a connu ses grandes années
à la fin du 19ième siècle. Un hôtel
de Roberval accueillait même des riches pêcheurs
venus du monde entier. En 1891, un journaliste du New York
Times aurait même pris 240 ouananiches en trois jours,
dont 26 en une heure.
Le déclin des
populations
Le déclin a commencé avec les
barrages hydroélectriques qui sont venus modifier le
niveau du lac et empêcher les géniteurs d'atteindre
plusieurs frayères.
Les passes migratoires ont résolu une
partie du problème, mais la population de ouananiches
a continué de décliner jusqu'aux années
1990.
De 1990 à 1996 ont été
les années les plus sombres pour la pêche à
la ouananiche. On a accusé la surpêche.
La ouananiche se refait
une beauté
Des mesures ont été prises pour
rétablir la population de ouananiches.
Ils ont restreint la période de pêche,
diminué le nombre de prises autorisé, imposé
une taille minimale et ensemencé. Progessivement, la
ouananiche s'est refait une beauté. L'année
1999 a même été une année record.
2001, retour à
la case départ
La saison de 2001 a été aussi
mauvaise que dans les pires années de la ouananiche.
Cette fois on n'accuse plus la surpêche. On cherche
un autre coupable.
La ouananiche
se meurt de faim
Les biologistes ont constaté que la population d'éperlans,
la principale source de nourriture de la ouananiche, avait
diminué de façon spectaculaire. Il y a maintenant
200 fois moins d'éperlans dans le lac qu'il y a six
ans!
Les biologistes ont donc conclu que si la ouananiche décline,
c'est qu'elle se meurt de faim.
Pour l'instant, les biologistes sont prudents. Ils se donnent
trois ans pour proposer des solutions concrètes qui
permettraient de rétablir les populations d'éperlans
et par le fait même celles de la ouananiche.
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