
Journaliste: Alain Crevier, animateur de Second regard.
Le voyage de Benoît XVI en Turquie, du 28 novembre au 1er décembre, met en relief des enjeux qui sembleront peut-être surprenants. La réunification de la grande famille chrétienne (orthodoxes et catholiques), le dialogue avec l'Islam, les droits de la personne et même la place de la Turquie au sein de l'Union européenne.
Mais d'abord, il faut dire que ce sont les orthodoxes qui ont invité le pape en Turquie. Et là se trouve un enjeu important pour les chrétiens.
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Un périple significatif?
![]() Photo: AFP/Mustafa Ozer « Le pape est hypocrite et ignorant, il ne devrait pas venir », dit une bannière affichée sur une mosquée d'Istanbul, quelques jours avant son arrivée. |
Ce voyage de Benoît XVI pourrait bien marquer profondément son pontificat tant les questions et les enjeux soulevés sont majeurs. Que ce soit pour les chrétiens ou pour l'avenir du dialogue islamo-chrétien. Notre époque est marquée par les conflits où souvent les uns et les autres se revendiquent du parti de... Dieu.
À ce sujet, il serait étonnant que personne ne souligne l'importance du leadership du Saint-Siège. Ce que semblait avoir accepté Jean-Paul II. Après tout, le Saint-Siège est la seule institution religieuse à pouvoir prétendre représenter légitimement plus d'un milliard de croyants.
J'ai même entendu un observateur dire que, dans le contexte actuel, le pape a un devoir: celui d'engager le dialogue, seule manière d'éviter, peut-être, des confrontations à caractères religieux.
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Les minorités religieuses en chiffres
Il y a en Turquie 100 000 chrétiens de toutes dénominations. Les catholiques sont concentrés à Izmir et à Istanbul, et les orthodoxes à Istanbul et Ankara. Le nombre de juifs se situe entre 24 000 et 30 000; la plupart d'entre eux vivent à Istanbul. |
Enfin... pour les croyants et les non-croyants, les catholiques et les musulmans, ces quatre jours de voyage n'auront décidément rien de banal.
Ils ont dit:
À propos de ce que Benoît XVI verra en Turquie:
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« Il va voir le déracinement démographique des chrétiens qui étaient, il y a quelques décennies, plus de 3 millions de personnes. Aujourd'hui, ils sont quelques milliers. Il va peut-être entrer à Éphèse, là où il y avait les conciles les plus fameux. Et il verra que c'est un territoire qui a un passé chrétien, mais qui n'est plus. Il va voir qu'il y a un paradoxe: il sera en train de dialoguer avec des musulmans turcs, mais ambitieux de laïcité et ambitieux d'être des Européens. Il va voir un régime qui est toujours central, autoritaire, où l'armée rentre avec force dans la politique. [...] Et il le sait bien: l'armée est garante de la stabilité intérieure et elle est garante aussi de cette modernisation de la Turquie. » — Sami Aoun, politicologue et historien, Université de Sherbrooke
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