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Reportage au Point
Le vendredi 21 mars
Guerre en Irak: l'impact de l'armemement américain
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Pour l'administration américaine, le défi est de taille : renverser Saddam Hussein, tout en épargnant le peuple irakien, et même, dans la mesure du possible, l'armée irakienne. Dans une guerre de ce genre, les frappes aériennes massives, qui touchent toujours les civils, ne sont pas nécessairement la meilleure stratégie. Pour tenter de décapiter un régime dans une guerre éclair, les États-Unis utiliseront un arsenal beaucoup plus sophistiqué que celui déployé dans le conflit irakien en 1991.

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Lors de la première guerre du Golfe, qu'on qualifiait déjà de guerre technologique, moins de 10 % des bombes utilisaient un système de guidage intelligent. Ce chiffre pourrait grimper à 80 % dans un conflit avec l'Irak qui serait concentré sur son dirigeant et sa garde républicaine. On veut frapper vite et fort. Par exemple, Lockheed-Martin et Boeing ont mis au point une nouvelle génération de missiles guidés par GPS plutôt que par laser, une technologie qui déjoue tous les brouillages. Le missile JASSM de Lockheed-Martin utilise de plus la technologie Stealth qui le rend pratiquement invisible aux radars. Les forces américaines s'appuient aussi sur l'incroyable acuité des nouveaux satellites et sur de nouvelles tactiques pour améliorer la précision des tirs.


Le nouvel arsenal inclura des drones comme le Predator ou le Global Hawk, des appareils sans pilote capables non seulement d'espionner mais aussi de mener des attaques ciblées, comme ce fut le cas l'automne dernier au Yémen contre les terroristes d'Al-Qaeda. L'armée américaine pourra aussi neutraliser les réseaux électriques grâce à des bombes au graphite. Ces bombes, qui ont déjà été utilisées en Serbie, explosent à basse altitude en libérant des fibres de graphite. Ces fibres sont attirées par les champs magnétiques des installations électriques et provoquent des pannes majeures.

 

Pour isoler Saddam Hussein de ses troupes, les Américains ont aussi de nouvelles armes, qui relevaient de la science-fiction, il n'y a pas si longtemps, comme la bombe E. La bombe E, qui peut être introduite dans un missile ou dans un drone, utilise la technologie micro-ondes pour produire une puissante pulsation électromagnétique qui s'infiltre partout. Si la bombe laisse les édifices intacts, elle peut causer de graves brûlures à cause de son effet micro-ondes qui agite les molécules de tout ce qui se trouve dans son rayon d'action.


Pour atteindre les bunkers souterrains, les Américains vont miser sur des bombes à pénétration dont la tête est faite d'uranium appauvri, des bombes qui n'explosent que plusieurs mètres sous le sol. Pour déloger les occupants d'un bunker, certains soutiennent que les États-Unis pourrait avoir recours à de mini-bombes atomiques 15 fois moins puissantes que celle d'Hiroshima; un scénario que la plupart des experts rejettent du revers de la main. Des bombes au plasma qui siphonnent l'oxygène pourraient aussi être mises à contribution contre la garde républicaine. Des bombes comme Big Blue, dérivés d'une technologie utilisée au Vietnam, fonctionnent en deux temps.

Les Américains ne sont pas les seuls à avoir amélioré leur arsenal. Pour contrer d'éventuels Scud irakiens, Israël misera sur de nouveaux missiles plutôt que sur les missiles américains Patriot, qui s'étaient révélés peu efficaces lors de la première guerre du Golfe. Même si le président George Bush père avait affirmé que les Patriot avaient détruit 41 des 42 Scud lancés sur Israël, il s'agissait de propagande de guerre. Les Patriot n'ont abattu que quatre Scud, les autres autres explosant à 600 mètres de leur cible. Les Arrow pourraient intercepter les missiles Scud à une plus haute altitude, ce qui pourrait aider à dissiper le matériel toxique que pourrait contenir l'ogive. Malgré toutes les percées technologiques, les erreurs humaines humaines seront toujours au rendez-vous.


L'idée d'une guerre propre, avancée par certains, reste une utopie.

 

La formule est connue : «La première victime d'une guerre est toujours la vérité». Or, nous sommes en guerre. En ce début de conflit, il n'est pas inutile de se rappeler que la propagande a été, de tout temps, une arme redoutable. Nous vous proposons la petite histoire véridique de ces mensonges de guerre.

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