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Pendant
longtemps, on a cru les filles incapables de violence. La violence
chez les jeunes, c'était l'affaire des gars. Les chercheurs
découvrent maintenant que les filles sont aussi violentes
que les gars, mais à leur manière. Une vaste étude
réalisée sur deux ans par un groupe de chercheurs
dirigé par Tracy Vaillancourt, de l'université McMaster
à Hamilton, démontre qu'avec l'âge, pendant
que la violence physique diminue chez les garçons, la violence
psychologique, qu'on appelle aussi violence relationnelle ou indirecte,
augmente constamment chez les filles. Elles représentent
les deux tiers du groupe le plus violent recensé par l'étude.
Écoute
du reportage 1re partie
Format WindowsMedia
Écoute
du reportage 2e partie
Format WindowsMedia
| Des
livres en anglais qui traitent des relations entre filles
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Odd
Girl Out: The Hidden Culture of Aggression in Girls,
par Rachel Simmons
Queen Bees and Wannabes: Helping your Daughter
Survive Cliques, Gossip, Boyfriends, and Other Realities
of Adolescence, par Rosalind Wiseman;
Fast Girls: Teenage Tribes and the Myth of the
Slut, par Émily White;
The Secret Lives of Girls: What Good Girls Do-
Sex Play, Aggression and their Guilt, par Sharon
Lamb;
The Wonder of Girls: Understanding the Hidden
Nature of our Daughters, par Michael Gurian.
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La violence des filles suscite beaucoup d'intérêt
aux États-Unis également. Trois livres viennent
de paraître sur le sujet au cours des derniers mois. Odd
Girl Out, de Rachel Simmons, a passé plusieurs semaines
sur la liste des best-sellers. L'auteur a interviewé des
centaines de victimes et des agresseurs. Elle affirme qu'il faut,
pour le bien des filles, cesser de les croire incapables de violence.
La
violence psychologique ne laisse pas de bleus, il n'y a pas de
sang, pas de cicatrices apparentes. La blessure est intérieure,
souvent douloureuse, profonde. Cindy Lamoureux est sociable et
sportive. Elle n'avait jamais eu de problème avant qu'un
groupe de filles de sa nouvelle école la prennent en grippe
en secondaire I parce qu'elle était populaire auprès
des garçons. Sa situation est devenue tellement invivable
qu'elle a dû changer d'école. On peut penser que
ce genre de problème touche surtout les grosses polyvalentes
publiques, mais Cindy fréquentait le collège privé
Esther Blondin, de St-Jacques, près de Joliette, qui fait
justement de la sécurité des élèves
sa priorité. Comme beaucoup d'établissements, il
est mieux préparé pour faire face à la violence
des garçons.
À
Mission, une petite ville tranquille en banlieue de Vancouver,
on sait bien ce qu'est la violence psychologique entre jeunes
filles et surtout on connaît les conséquences graves
que cela peut entraîner. Un drame impliquant quatre adolescentes
a ouvert les yeux à bien des gens à cette réalité.
Dawn-Marie Wesley était une jeune fille de 14 ans, sans
histoire, sans problème, jusqu'au 10 novembre 2000, lorsque
ses parents l'ont retrouvée sans vie dans sa chambre. L'adolescente
laisse une note ou elle explique qu'elle a décidé
de se suicider parce qu'elle est convaincue que trois filles de
son école vont la tuer. Cindy Wesley découvre trop
tard que sa fille était une victime de violence psychologique.
Les
trois filles de 15 ans identifiés par Dawn-Marie ont été
accusées de harcèlement criminel et d'avoir proféré
des menaces. Deux d'entre elles ont été trouvées
coupables et ont reçu des sentences d'emprisonnement suspendues,
une première au Canada. La troisième a été
acquittée. Cindy Wesley sait maintenant quel peut être
le prix de la violence des filles. Avec d'autres parents, elle
a fondé Parents against violence everywhere, PAVE. Elle
a participé à plusieurs émissions canadiennes
et américaines pour dénoncer la violence psychologique.
Elle mène cette bataille pour tenter de donner un sens
à la mort de sa fille.
Au
Québec, on commence à peine à prendre conscience
de cette violence des filles et les victimes trouvent de l'aide
où elles le peuvent. Funkymag.com s'adresse aux jeunes.
Le site Internet traite de sujets comme le multimédia,
l'humour, la sexualité et les problèmes que vivent
les ados. Une éducatrice spécialisée dans
une école secondaire répond bénévolement
aux questions des jeunes. Chaque jour, elle voit la détresse
des filles dans le courrier qu'elle reçoit.
Élaine
Tremblay change plusieurs fois sa fille Rachel, d'école,
mais le problème persiste. Rachel est toujours la cible
d'attaque de filles qui se moquent de son tour de taille et de
ses faibles résultats scolaires. Mme Tremblay voit sa fille
perdre toute estime de soi. Désespérée, elle
décide d'écrire au magazine favori de Rachel, le
magazine Cool. Elle envoie une photo de sa fille et la
direction du magazine accepte de faire de Rachel l'une de ses
modèles, l'une de ses vedettes du magazine.
Il n'y a pas que les parents qui se demandent quoi faire. De plus
en plus de professeurs s'inquiètent de ce qu'ils voient
dans leurs classes. La Commission scolaire de Montréal
a même dû mettre sur pied des sessions de formation
sur la violence psychologique des filles, à la demande
des enseignants.

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