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Sauvé
du feu in extremis, Sébastien Gilbert, 26 ans, s'accroche
à ce que la vie lui a laissé après sa tentative
de suicide. C'est à la suite d'une peine d'amour, en fait,
le premier grand amour que le jeune homme vit à l'âge
de 23 ans, qu'il s'immole par le feu dans l'appartement de celle
qui l'a quitté. Sébastien s'est réveillé
de son long coma en octobre 2001. Le 12 juillet 2001, il est transporté
d'urgence en ambulance à l'unité des grands brûlés
de l'Hôtel-Dieu.
Écoute
du reportage
Format WindowsMedia
À
deux ans, Sébastien a perdu ses parents dans un accident
d'automobile. Sa vie ne sera que la suite de cette tragédie.
Plus rien ne tient autour de lui. Ses frères et surs
ne lui parlent plus. Il est isolé. En fait, durant toutes
ces années d'errance, alors qu'il va de famille d'accueil
en famille d'accueil, il ne trouve aucun réconfort, à
une exception près, soit celui d'un psychiatre, Michel
Lemay, de l'hôpital Sainte-Justine, que Sébastien
avait rencontré à l'âge de 12 ans. Il ne l'a
jamais revu. Or, aussi incroyable que cela puisse sembler, c'est
à ce même psychiatre que le journaliste Alain Picard
a donné rendez-vous afin qu'il tente d'expliquer, en visionnant
le témoignage de Sébastien, pourquoi il a attenté
à ses jours.
| «Je pense que ce n'est pas une question
de courage, ni une question de lâcheté que de
vouloir mettre fin à mes jours. C'est une question
de détresse, une question de
C'est sûr
que c'est difficile à expliquer, parce que je n'étais
pas dans mon état normal quand j'ai fait ça.
J'étais rendu à bout, j'étais déprimé,
je ne voyais plus aucune porte de sortie, je ne voyais plus
la lumière au bout du tunnel. Pour moi, c'était
ma porte de sortie. C'était, c'était un peu
comme une délivrance aussi: mettre fin à tout,
à toute cette souffrance qui m'habitait. C'est sûr
que c'était un geste sur lequel bien des gens peuvent
se poser des questions. Si j'ai décidé de mettre
fin à mes jours de cette façon-là, c'est
parce que je voulais partir sans laisser aucune trace. En
voulant dire: j'ai pas été capable de faire
une vie normale, j'ai pas eu le soutien nécessaire,
j'ai pas eu
Il y a bien des choses qui m'ont manqué.
À ce moment-là, ça été
le point culminant de mon existence. Je ne croyais plus en
rien. Puis quand tu es rendu que tu crois plus en rien, à
quoi ça sert d'espérer que ça va changer?»,
affirme Sébastien Gilbert. |
| Centres
de ressources |
| Avec la semaine nationale
de prévention du suicide, du 9 au 15 février,
l'heure est au bilan. Malheureusement, les chiffres
ne baissent pas, ou très peu. À
l'Association québécoise pour la
prévention du suicide, on s'inquiète
toujours, puisqu'en 2001, 1323 personnes se sont
enlevé la vie au Québec, ce qui
est légèrement sous la moyenne annuelle
des dix dernières années. Près
de 80 % des personnes qui se suicident sont des
hommes, et 15 % des suicides se produisent chez
les 25 ans et moins. |
Aide téléphonique
Pour une urgence suicidaire, partout au Québec,
24 heures sur 24, 7 jours sur 7, composez
1 866 APPELLE
Suicide-Action Montréal, 24 heures sur 24,
composez (514) 723-4000
Carrefour Le Moutier: (450) 679-7111
Multi-Écoute, service d'aide offert en plusieurs
langues: (514) 737-3604
Tél-Aide, 24 heures sur 24: (514) 935-1101
Déprimés anonymes, 24 heures sur 24:
(514) 278-2130
Gai Écoute: Montréal (514) 866-0103.
Ailleurs au Québec: 1-888-505-1010
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