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Les
policiers saisissent chaque année des quantités
importantes de marijuana dans les champs du Québec. Il
faut dire que les plantations de mais offrent un abri plus qu'intéressant
pour les trafiquants. En 2000, la Sûreté du Québec
a saisi près de 400 000 plants. L'an dernier, la récolte
a été encore meilleure, 421 155 plants, et c'est
sans compter les saisies effectuées par la Gendarmerie
royale du Canada.
Dans la chasse aux trafiquants, la SQ fait encore principalement
appel aux méthodes policières traditionnelles; enquête
et dénonciation restent ses principales armes. La sûreté
possède trois hélicoptères, mais ne les utilisent
qu'occasionnellement pour patrouiller. Pour le survol du territoire,
les policiers demandent l'aide d'un petit avion privé,
qui prend des photos du haut des airs. La SQ refuse de révéler
la fréquence de ces missions. Mais le ministre responsable
se félicite des résultats obtenus.
La
SQ affirme que sa priorité est de sortir les planteurs
de marijuana des champs des agriculteurs. Les saisies de marijuana
augmentent, mais est-ce que ça veut dire qu'il y en
a moins dans les champs ? Nous avons affrété
un hélicoptère pour vérifier l'efficacité
de la stratégie policière, pour vérifier
si le Québec est encore le gruyère qu'on a déjà
décrit. Bilan de l'opération : deux heures de
vol nous ont permis de débusquer sept plantations et
850 plants. Selon les estimations policières les plus
conservatrices, cela équivaut à quelque 850
000 dollars. Le constat est clair : si on vole au-dessus
des champs de maïs, on trouve des plantations de marijuana. |
Plutôt que d'effectuer des patrouilles aériennes
systématiques, la SQ semble miser sur la collaboration
des producteurs agricoles. Dans le cadre de l'Opération
Cisaille, mise en place dans la région de Québec,
les policiers avertissent avec des affiches les trafiquants que
les champs peuvent être inspectés en tout temps.
La région de Saint-Hyacinthe où les planteurs de
marijuana se montrent très actifs depuis quelques années,
a aussi mis sur pieds un programme Info Crime. Le député
bloquiste de la région, Yvan Loubier révélait
la semaine dernière que le nombre de dénonciations
est passé de huit l'an passé à plus de 50
pour les neufs premier mois de l'année. Est-ce suffisant
de se fier à l'augmentation du nombre de dénonciation
pour conclure à une diminution de marijuana dans les champs
? Le portrait que nous avons vu du haut des airs semble indiquer
que non.
| Nouvelle
saisie |
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Le 12 septembre dernier, les policiers de la Sûreté
du Québec ont procédé au démantèlement
d'une production de marijuana située sur le
Rang 7, dans la municipalité de Chénéville.
Vers 1h05, trois suspects se sont présentés
sur les lieux afin de prendre possession de la récolte.
Les policiers ont procédé à leur
arrestation au moment où ils s'apprêtaient
à quitter les lieux. Cette opération
policière a permis la saisie de plus de 395
kg de cannabis.
Un des trois suspects, Alain Poirier, 41 ans, a comparu
au Palais de justice de Gatineau afin de répondre
à des accusations de production de marijuana.
Les deux autres suspects comparaîtront au palais
de justice dans les semaines à venir.
Cette saisie s'inscrit dans le cadre de l'Opération
Cisaille.
source
: Sûreté
du Québec
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Et pour ceux qui osent dénoncer, l'intimidation reste
une réalité. Les exemples sont nombreux. Pour n'en
citer qu'un : il y a moins de deux mois, deux petits avions ont
été incendiés à Saint-Flavien, dans
Lotbinière, après avoir survolé des champs.
À l'exemple des automobiles incendiées, le crime
portait la signature des motards et une note prévenait
le pilote de ne plus survoler les champs. S'il y a une limite
à l'efficacité de la dénonciation pour combattre
les planeurs de cannabis, elle est physique. Il est extrêmement
difficile du sol de localiser la marijuana.
Même
après avoir vu nos images, le ministre québécois
de la Sécurité publique, Normand Jutras, n'est pas
convaincu de la nécessité d'augmenter les patrouilles
aériennes. Dans la lutte au crime organisé, les
policiers ont réussi des coups spectaculaires au cours
des dernières années comme l'Opération Printemps
2001 qui a permis d'arrêter des dizaines de motards et ébranlé
l'organisation même des Hells Angels. Mais les coups d'éclat
ont été réussis en ville. Dans les milieux
ruraux, les saisies de drogues sont importantes, mais les agriculteurs
attendent toujours une opération de la même envergure.
La culture de la marijuana dans les champs compte pour moins
de 20 % de la production totale selon les policiers. Mais pour
les gens qui vivent à la campagne, c'est 100 % du
problème. Et si deux heures d'hélicoptère
nous ont permis de localiser pour près d'un million de
dollars de marijuana, on peut imaginer l'efficacité et
l'impact d'une patrouille policière systématique.
Écoute
du reportage
Format WindowsMedia
| « Ne
fermez pas les yeux pour eux ! » |
| Extrait du communiqué
publié par la Sûreté du Québec
expliquant les principes de l'Opération
Cisaille, lancée en 1999. |
« L'expérience
acquise au cours des années nous démontre
que lorsqu'il y a éradication de plants à
un endroit, il est très rare d'en retrouver
l'année suivante. Elle démontre également
que l'importance des productions augmente d'année
en année lorsqu'elles ne sont pas éradiquées;
les criminels associant la non-intervention des propriétaires
à une acceptation des faits. Il est donc dans
l'intérêt des citoyens de ne pas laisser
ces « squatters » utiliser leurs
propriétés à des fins illégales.
Le fait de participer à ces activités
illégales en les encourageant, en les opérant
ou tout simplement en acceptant quelque compensation
que ce soit pour en permettre l'exploitation expose
le participant à des poursuites judiciaires.
Nous sollicitons la participation de la population
du Québec et de toutes les organisations ayant
un lien avec la conservation et la mise en valeur
de la faune, soit : les refuges et les réserves
fauniques du Québec, les zecs, les pourvoiries,
leurs utilisateurs ainsi que les pilotes, les compagnies
et les associations ayant pour champ d'activité
l'aviation, l'union des producteurs agricoles et tous
ses membres, les compagnies qui uvrent dans
le domaine forestier.
Toute la publicité entourant les menaces faites
à des agriculteurs sert très bien les
criminels, inculquant un climat de méfiance.
La solution n'est pas de baisser les bras et d'abandonner
le contrôle de vos terres à ces individus.
Les policiers du Québec sont sensibilisés
aux craintes que vous avez concernant ce problème,
et agissent avec discernement dans tous les dossiers
de production de marijuana. Il ne faut surtout pas
hésiter à faire appel aux services policiers
pour conserver le contrôle de vos propriétés.
Cette drogue produite au Québec se retrouve
sur le marché de la rue, vendue à nos
jeunes, dans nos écoles.
Vous pouvez communiquer avec votre Service de police
local (Service de police municipal ou Sûreté
du Québec tél. : 310-4141 partout au
Québec) ou, communiquer anonymement à
la ligne Info-Crime au numéro 1-800-711-1800. »
source
: Sûreté
du Québec
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