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Henri Berthuin exerce le métier de boucher depuis
plus de 45 ans. Il a débuté sa carrière
à Grenoble, en France, à l'âge de 18 ans.
Il était alors ce qu'on appelait un boucher-crieur.
Qu'est-ce qu'un boucher-crieur?
La boucherie pour laquelle travaillait M Henri était
située sur une petite rue sans issue. Sur cette rue,
il y avait plusieurs boutiques de boucherie. Les bouchers
plaçaient un comptoir à viande presque sur le
trottoir pour bien montrer les produits en vente de la journée.
La clientèle, qui venait presque tous les jours, achetait
à la pièce. Pour faire valoir leurs produits,
les bouchers criaient les bons achats que la clientèle
pouvait réaliser en achetant à leur boutique.
M.
Berthuin : « On vantait la fraîcheur
de la viande, les spéciaux de la journée, les
aubaines, etc. Souvent, on faisait cela en tenant dans nos
mains les morceaux de viande, même qu'il m'arrivait
de tenir à bout de bras un quartier de buf entier
pour montrer que notre viande était vraiment fraîche
et que je venais de la recevoir de l'éleveur. C'était
celui qui pouvait attirer le plus de clients à son
étal. Aujourd'hui, on ne pourrait pas faire cela, les
règles d'hygiène sont trop strictes. »
À cette époque, les bouchers n'avaient pas de
comptoirs réfrigérés. Cette manière
de faire était pratique commune dans les marchés
publics, aux Halles de Paris, par exemple, mais ce n'était
pas courant ailleurs. M. Berthuin a fait ce métier
à Grenoble et à Lyon pendant près de
30 ans.
M. Berthuin est maintenant à Montréal et pratique
toujours son métier au marché Atwater. Il a
su importer sa manière de faire. Les restaurants et
les hôtels étaient ses principaux clients. Les
individuels n'achetaient pas beaucoup au marché.
M. Berthuin : « Je me suis mis à
interpeller les clients à la manière d'un boucher-crieur,
en vantant ma marchandise. Vous auriez dû voir les bouchers
avoisinants, ils n'en croyaient pas leurs yeux et leurs oreilles.
Ils n'avaient jamais vu ça. Mais ma stratégie
a fonctionné, parce que les clients se sont mis à
venir plus nombreux voir mes produits et à acheter
davantage. Alors, mes voisins bouchers ont emboîté
le pas et ils ont imité ma manière de faire.
En très peu de temps, presque tous les bouchers se
sont mis à interpeller les clients. Je vous avoue que
cela a changé l'atmosphère du marché. »
C'est devenu, avec le temps, une partie de plaisir entre
bouchers.
M.
Berthuin : « C'est certain qu'une fois que
d'autres bouchers entrent dans le jeu, on s'amuse souvent
à pimenter la compétition. Il m'est arrivé
de faire la compétition avec mon voisin d'en face.
On baissait le prix de nos poulets chacun notre tour pour
narguer l'autre, de sorte qu'à la fin, je vendais à
perte. Nous sommes plus raisonnables aujourd'hui. On connaît
nos limites, alors on s'emballe beaucoup moins. Mais il reste
qu'il y a toujours une saine compétition entre nous.
Le client le sait bien quand il se promène d'un étal
à l'autre, attiré par un boucher qui l'interpelle.
Une chose est certaine, c'est que l'atmosphère de travail
est super ici, et je me dis que c'est un peu grâce à
moi et à ma grande gueule. »
Adresse :
Henri Berthuin
Boucher
Boucherie Claude et Henri inc.
Marché Atwater
Hyperlien :
Corporation
de Gestion des Marchés Publics de Montréal
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