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La
margarine
Il existe une multitude de sortes de margarines.
Notre recherche nous a permis d'identifier près de
50 produits différents! Pas étonnant que le
consommateur ait de la difficulté à en choisir
une qui soit bonne pour la santé. Comment faire? L'important,
c'est de bien lire les étiquettes et de repérer
certains mots-clés.
La margarine a été inventée en 1869
pour trouver une alternative économique au beurre.
Elle a su rapidement s'imposer dans notre alimentation pour
des raisons fort simples : sa durée de conservation,
qui peut aller jusqu'à six mois, son faible coût
et les propriétés plutôt « santé »
qu'on lui attribue depuis quelques années.
« Je
pense qu'on peut dire que les margarines sont de bons aliments,
affirme le Dr Robert Dufour, cardiologue à l'Institut
de cardiologie de Montréal. Mais ce sont des aliments;
ce ne sont pas des médicaments. Elles doivent être
utilisées comme produit de tartinade ou de cuisson
en substitution de graisses qui sont possiblement plus nocives
pour la santé. »
Mais la margarine demeure un produit gras, et c'est justement
pour le type de gras qu'on choisira une margarine plutôt
qu'une autre. Pour vous aider à faire un choix santé,
L'épicerie a fait analyser la composition et
la valeur nutritive de quelque 32 marques différentes
de margarine.
Cynthia Beaudry,
nutritionniste au Service de lipidologie du Centre hospitalier
de l'Université Laval, nous énumère les
types de gras : « Que ce soit le beurre,
l'huile ou la margarine, on va toujours retrouver trois types
de gras. On parle des acides gras saturés, des acides
gras polyinsaturés et des acides gras monoinsaturés ».
La fabrication de la margarine entraîne aussi la création
d'un autre type de gras, nocif pour la santé :
les fameux acides gras trans. « Les acides gras
polyinsaturés et monoinsaturés, explique
M. Dufour, sont des acides gras qui ont une influence sur
le cholestérol sanguin meilleure que les acides gras
saturés et les acides gras trans. On retrouve particulièrement
ces derniers dans les margarines dures et dans le beurre. »
Comment est fabriquée la margarine?
Pour connaître le procédé de fabrication
de la margarine, L'épicerie a visité
les installations du groupe Bergeron-Thibault, le seul fabricant
québécois de margarine.
La
présidente du groupe, Danielle Bergeron, nous a rencontrés.
« C'est un produit légiféré,
nous apprend-elle. On ne peut pas mettre n'importe
quoi. Des ingrédients spécifiques, et même
les quantités, sont précisés par la loi.
Pour avoir le droit d'appeler cela de la margarine, il faut
qu'elle ait 80 % d'huile et 16 % d'eau, d'humidité. »
La
recette de la margarine est demeurée relativement inchangée
au fil des ans. « La margarine, c'est un procédé
de cristallisation : on part d'une phase liquide pour
aller vers une phase solide », poursuit Mme Bergeron.
Il s'agit essentiellement du mélange de deux éléments
en apparence incompatibles : l'eau et l'huile.
On
prépare d'abord un mélange d'huiles raffinées
ou modifiées par hydrogénation, auquel on ajoute
des colorants. Par un procédé d'émulsion,
cette préparation est alors mélangée
de force à une portion plus liquide composée
d'eau, de lait, de sel, de sucre, d'arômes et parfois
de vitamines.
Pour
rendre ce mélange tartinable, deux procédés
sont possibles : l'hydrogénation ou l'ajout d'acides
gras saturés. Mme Bergeron précise : « Si
vous enlevez l'hydrogénation, vous allez devoir ajouter
autre chose qui va permettre de durcir la margarine. »
Sauf que l'hydrogénation ne produit pas des gras bénéfiques
à la santé, nous dit de son côté
Mme Beaudry : « L'hydrogénation
va apporter une augmentation des gras trans, qui ont à
peu près le même impact au niveau du cholestérol
que les gras saturés. C'est un impact très négatif.
Donc il faut essayer d'éviter le plus possible ces
gras-là ».
M. Dufour nuance un peu cette position : « Il
faut bien réaliser qu'il ne s'agit pas d'un effet astronomique
et qui, à lui seul, peut être responsable de
l'artériosclérose ou des problèmes cardiovasculaires.
On estime que l'augmentation du mauvais cholestérol
le cholestérol LDL par la consommation
d'acides gras saturés ou d'acides gras trans est de
l'ordre de 8 à 10 % environ ».
Pour
leur part, les margarines non hydrogénées sont
fabriquées à partir d'un mélange d'huiles
insaturées auxquelles on a incorporé des huiles
saturées comme de l'huile de palme, de palmiste ou
de coprah. Ce sont ces huiles saturées, ajoutées
en faible quantité, qui rendent solides les margarines
non hydrogénées.
Comment s'y retrouver?
Mme Beaudry nous donne un exemple : « Sur
les margarines, on peut toujours retrouver le pourcentage
des huiles utilisées. Sur celle-ci, on retrouve 74 %
d'huile de canola et de tournesol, et 6 % d'huile de
palme et de palmiste. Donc on a seulement 6 % d'huiles
saturées. Par contre, si on compare avec une autre
margarine... Celle-ci a 80 % d'huile liquide et partiellement
hydrogénée de soya. Dès qu'on retrouve
des huiles hydrogénées, ce sont des huiles néfastes. »
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Repérer
les mots-clés sur les étiquettes

Comment choisir la margarine qui se rapproche
le plus de l'équilibre idéal entre les
bons et les mauvais gras? En lisant les étiquettes!
Attention aux appellations suivantes :
« shortening végétal »,
« saindoux », « huile
de coprah », « huile de coco »,
« huile de noix de coco », « huile
de palme », « huile de palmiste »
et « margarine hydrogénée ».
Ces expressions indiquent inévitablement la présence
de mauvais gras.
Par contre, les huiles de canola, d'olive, de
tournesol, de maïs ainsi que les margarines non
hydrogénées peuvent aisément se
classer dans la colonne des bons gras.
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M.
Dufour nous donne une indication supplémentaire :
« On devrait rechercher une margarine qui contient
une quantité d'acides gras saturés et trans
minimalement inférieure à 2 g au total
par 10 g de margarine. Je pense que c'est un guide relativement
bon pour le consommateur. D'ailleurs, à partir de 2003,
l'étiquetage nutritionnel va spécifier sous
la même rubrique le total des acides gras saturés
et des acides gras trans ». Il sera donc vraisemblablement
plus facile de s'y retrouver.
Règle
générale, la plupart des margarines non hydrogénées
que nous avons analysées se comparent entre elles.
Pas de marque « gagnante », donc. Par
portion de 10 g, elles ont pratiquement toutes la même
quantité d'acides gras saturés, soit entre 1,1
et 1,5 g, et entre 0,1 et 0,6 g d'acides gras trans.
Du côté des prix, les margarines non hydrogénées
que nous avons analysées se vendent entre 1,89 $
et 2,69 $ pour 454 g, alors que le prix de vente
pour les margarines hydrogénées varie entre
0,99 $ pour 454 g jusqu'à 2,79 $ pour
le format double de 907 g.
Voici
le conseil de Mme Beaudry : « Je recommande
de choisir une margarine non hydrogénée faible
en gras saturés. Toutes les margarines non hydrogénées
que j'ai pu vérifier étaient faites à
partir d'huile de canola. Cette huile est riche en acides
gras polyinsaturés et monoinsaturés, qui ont
une influence sur la diminution du cholestérol sanguin ».
« Il ne faut pas oublier non plus, rappelle
de son côté M. Dufour, qu'en dehors des margarines
et des produits de tartinade, il peut y avoir des sources
d'acides gras saturés et d'acides gras trans importantes
dans l'alimentation. On parle en particulier des biscuits,
des craquelins et des croustilles qui sont, la plupart du
temps, fabriqués à partir d'huiles hydrogénées,
et donc qui peuvent avoir un contenu élevé en
acides gras saturés et en acides gras trans. »
En conclusion, rappelez-vous qu'au-delà des slogans
publicitaires accrocheurs et des appellations « santé »,
la margarine demeure une source de gras importante. Votre
choix devra donc s'intégrer dans une alimentation équilibrée,
en tenant compte de vos goûts et de votre budget.
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