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Les
dangers du sel
Le sel est un aliment indispensable à
la vie. On en retrouve dans de plus en plus d'aliments. Mais
ces dernières années, il défraie la manchette.
La science découvre les effets néfastes du sel
sur la santé publique. 
«Le principal effet du sodium, c'est de faire une
rétention "hydrosodée", c'est-à-dire
de retenir le sel. On augmente le volume vasculaire, donc
le volume circulaire de sang et d'eau dans le sang, ce qui
augmente un petit peu la tension artérielle à
l'intérieur des parois vasculaires. Mais on sait aussi
qu'il y a un effet direct du sodium sur les parois des artères,
qui amène un certain durcissement au niveau des artères»,
explique le docteur Alain Vanasse, de l'Université
de Sherbrooke.
| Le sel commun, ordinaire, est
du chlorure de sodium plus ou moins pur. |
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Le sel est désormais associé à l'hypertension.
«On connaît que l'hypertension amène
des problèmes de maladies cardio-vasculaires et d'infarctus
du myocarde et d'accident vasculaire cérébral.
C'est d'ailleurs la principale cause de mortalité dans
les pays industrialisés», poursuit le dr
Vanasse.
Les aliments transformés au banc
des accusés
Et
c'est l'industrie de la transformation alimentaire qui est
pointée du doigt. «On estime à peu
près de l'ordre de 75 % notre consommation de
sel dans les aliments qui sont transformés. Alors la
salière comme telle, ce qu'on rajoute dans notre assiette
ou à la cuisson par la salière même, ne
représenterait que 25 % du sel que l'on consomme»,
explique Chantal Blais, nutritionniste.
Puisque les aliments transformés sont en cause, nous
avons mené une enquête sur la teneur en sel de
11 produits offerts dans les grandes surfaces. Il s'agit d'une
enquête menée en collaboration avec l'Université
Laval à Québec. Ces aliments composent un déjeuner,
un dîner et un souper. Les résultats sont probants.
Ces 11 aliments consommés en quantité normale
contiennent plus de 11 g de sel, soit presque deux fois
la dose recommandée par la Fondation américaine
des maladies du cur.
«Il y a certains groupes alimentaires qui ne sont
pas dans ce menu-là, par exemple les produits laitiers
ne sont pas là, les fruits ne sont pas là non
plus. Alors, considérant qu'il y a d'autres aliments
qui peuvent se rajouter et qui peuvent augmenter légèrement
l'apport en sodium, c'est un apport qui est très important»,
confirme Mme Blais.
La
norme nord-américaine est de 6 g de
sel par jour. Consommer 11 g de sel par jour est
l'équivalent de deux cuillères à
thé. À ce rythme, cela représente
¼ tasse de sel en une semaine et plus de
4 kg au cours d'une année. |
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Il est à noter qu'aucun des produits testés
ne dépasse la limite recommandée de sel. C'est
l'accumulation qui peut causer des problèmes de santé.
Certaines des compagnies alimentaires contactées affirment
que les produits faibles en sel n'ont pas la cote auprès
du public, bref que les consommateurs désirent des
produits salés et laissent le débat sur les
effets du sel aux spécialistes.
Les problèmes de santé causés
par le sel
Pour le consommateur, le sel prend donc des allures de roulette
russe. «Il y a des individus qui sont sensibles au
sel. Donc, avec un apport augmenté en sel, ils vont
augmenter rapidement leur tension artérielle. Il y
a des individus qui sont moins sensibles. On sait qu'il y
a entre 50 % et 60 % de la population qui est sensible
au sel», explique le Dr Vanasse.
«Ça ne veut pas dire que, parce qu'à
40 ans, leur tension artérielle est normale, qu'à
50 ans, la tension artérielle sera la même. Alors
je pense que c'est une question de prévention. Et pour
éviter ou retarder l'incidence de l'hypertension, je
pense que c'est bien de développer une alimentation
où le sel est moins présent», renchérit
Mme Blais.
Mais encore faut-il deviner où se cache le sel
«Au Canada, on n'a pas de loi qui va régir
les étiquettes et on espère que ça s'en
vient. On n'a pas de teneur, on ne sait pas combien de sodium
est contenu dans ces produits-là. Les études
ont démontré que lorsqu'on réduit la
quantité de sodium dans notre alimentation, il y a
une corrélation positive ou directe avec la réduction
de l'hypertension», poursuit-elle.
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Guy
Drouin souffre d'hypertension. Il se doit de réduire
sa consommation de sel. À l'épicerie,
il se rabat sur la publicité pour l'achat
de produits faibles en sel. «Je pense
que les compagnies qui fabriquent ces produits-là
avec beaucoup de sel veulent rendre leurs produits
plus attrayants. J'ai l'impression qu'on veut
créer une accoutumance au sel, pis au goût.
Ça fait longtemps que je suis conscient
de ça, sauf que, depuis que je fais de
l'hypertension, j'y suis plus sensible qu'avant»,
raconte-t-il.
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«On vit dans une société où
le sel est omniprésent. On en a partout. On s'est accoutumé
au sel. Je pense qu'il faut, pour la population en général,
apprendre à manger un peu moins salé»,
conclut Mme Blais.
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