La période
des déménagements approche. Vous avez peut-être
déjà réservé votre déménageur.
Mais connaissez-vous bien vos droits en tant que client? Connaissez-vous
les droits des entreprises de déménagement? Récemment,
un citoyen de la région de Québec s'est lancé dans
l'aventure du déménagement sans avoir posé suffisamment
de questions. Ce jour-là, c'est lui qui s'est fait mettre en
boîte.
Son
déménageur repart avec ses biens
Depuis
un mois, un citoyen fait du camping dans son nouveau logement de Saint-Édouard
de Lotbinière. Son aventure débute le deux mars 2003,
quand la compagnie Déménagement à prix modique
arrive dans son ancien logement, à Sainte-Marguerite de Beauce.
Ce citoyen a une entente verbale avec ses déménageurs,
il n'a aucun contrat signé. Il quitte Sainte-Marguerite de Beauce
pour emménager une centaine de kilomètres plus loin, à
Saint-Édouard de Lotbinière.
Une surprise attend ce client lorsque les déménageurs
arrivent à son nouveau logement. Les déménageurs
exigent un supplément parce qu'ils ont dû parcourir une
plus grande distance que prévu pour arriver à destination.
Au lieu du montant de 220 $ dont il aurait été question
au téléphone, les déménageurs demandent
maintenant 260 $, taxes et assurances comprises. Le client se serait
rendu à la caisse populaire pour découvrir que ses fonds
étaient gelés. Il lui a été impossible de
retirer les 260 $. Il propose de payer les déménageurs
par chèque. L'entreprise lui refuse ce mode de paiement. Déménagement
à prix modique est reparti avec la presque totalité des
biens de son client parce qu'il n'a pas pu payer en argent comptant.
Quelques
heures plus tard, le client aurait téléphoné à
la compagnie pour fixer un autre rendez-vous. Il ne se souvient plus
exactement de la date choisie. Chez Déménagement à
prix modique, on est formel, le client a demandé que ses biens
lui soient livrés le mardi suivant. Le client n'est pas sur place,
les déménageurs retournent à Québec.
.
Ce
client devait déjà 260 $. L'entreprise ajoute un
autre 260 $ pour le déplacement inutile. Les parties essaient
de s'entendre, sans succès. Déménagement à
prix modique décide d'entreposer les biens de ce client en attendant
qu'il trouve l'argent pour régler ses dettes. Le client devra
payer un troisième déménagement à 260 $
et des frais d'entreposage de 86 $ par mois, pour un grand total
de 866 $!
Le client n'a pas cette somme. « De
toute façon, je ne serais pas intéressé à
payer ça. Je ne peux pas payer des choses qui m'appartiennent
à ce prix-là. C'est complètement aberrant. »
La compagnie de déménagement avait-elle le droit de confisquer
les biens de son client? Chantale Paquet explique : « On
est parfaitement en loi en repartant avec la marchandise, c'est notre
seule garantie de paiement, et ça nous en prend une. »
Selon
Daniel Gardner, professeur de droit à l'Université Laval,
l'entreprise avait le droit d'agir comme elle l'a fait. Ce droit est
garanti par l'article 2058 du Code civil. « La compagnie
de transport a certainement le droit de retenir les biens du client
jusqu'à parfait paiement du prix qui avait été
convenu parce qu'il ne s'agit pas, dans un cas comme ça, d'une
saisie, alors on n'a pas à appliquer les règles du Code
de procédure civile sur les biens jugés essentiels, les
biens insaisissables. C'est simplement un moyen de pression, donné
à la compagnie de transport, pour inciter l'autre partie à
remplir sa part du contrat. »
La compagnie avait-elle le droit de refuser
un paiement par chèque? Le client de la région de Québec
s'attendait à ce que les déménageurs acceptent
son chèque. Selon M. Gardner, un créancier n'est pas tenu
d'accepter un chèque personnel, mais il est tenu d'accepter de
l'argent comptant, un chèque certifié ou un mandat postal.
Le nouveau résident de Saint-Édouard
de Lotbinière reste amer. « Ils disent que nul
n'est censé ignorer la loi... mon Dieu! Faudrait tout savoir. »