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Émission
247 |
Le
mardi 15 avril 2003
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Au Canada, trois
millions de personnes possèdent un casier judiciaire. Le déclarer
à son assureur peut coûter cher. C'est en tout cas ce qui
est arrivé à un assuré de la RBC Assurances, qui
a réagi au reportage diffusé le 14 janvier dernier à
La Facture. Découvrant qu'il devait déclarer ses
antécédents judiciaires, cet assuré de la RBC Assurances
a téléphoné à son assureur pour l'avertir
qu'il possédait un casier judiciaire. Il a réagi comme
de nombreux téléspectateurs qui ont regardé le
reportage du 14 janvier.
Leur honnêteté
s'est retournée contre eux : la plupart de ceux qui ont
suivi l'exemple de l'assuré de la RBC ont vu leur police d'assurance
annulée sur-le-champ. Mais attention, tous ne se sont pas fait
rembourser les primes qu'ils avaient payées, alors qu'en réalité
ils n'étaient même pas assurés. C'est ce qui est
arrivé à celui qui avait un contrat avec la RBC Assurances.
| Dans
notre reportage
du 14 janvier, La Facture rapportait l'histoire d'un
couple d'assurés chez Wawanesa. À la suite d'une réclamation,
Wawanesa a mis fin à leur contrat, tout en leur remboursant
la totalité des primes d'assurances qu'ils avaient payées
depuis deux ans. La compagnie d'assurances a agi ainsi car l'homme
du couple n'avait pas déclaré son casier judiciaire,
datant de plus de 17 ans et sans récidive. |
La
compagnie d'assurance résilie sa police
En
janvier, apprenant lors de l'émission qu'il devait déclarer
ses antécédents judiciaires, un Québécois
assuré à la RBC Assurances a tout de suite appelé
son assureur. Selon lui, cette première conversation téléphonique
s'est très bien passée. Mais son soulagement a été
de courte durée : le lendemain de cette conversation téléphonique,
il apprend que sa police d'assurance habitation est résiliée.
On
ne le rembourse pas complètement
Victime
de son honnêteté, l'assuré réclame alors
le remboursement complet de ses primes, soit 274,68 $ au total,
pour 12 mois. Or, ce n'est pas un chèque de ce montant que l'assuré
reçoit. On lui rembourse 197,32 $, en lui expliquant qu'il
a été couvert pendant trois mois. Il y perd donc 77,45 $.
Mais
était-il vraiment couvert?
Selon RBC Assurances,
cet assuré aurait été remboursé en cas
de sinistre lors de ces trois mois. L'équipe de La Facture
a voulu vérifier si cet assuré était vraiment
protégé pendant ces mois-là, malgré l'existence
d'un casier judiciaire. Elle a soumis à une préposée
de RBC un cas fictif, similaire à celui de l'assuré
qui a déclaré ses antécédents.
Surprise! L'entreprise
n'assure pas les clients qui, comme lui, ont un casier judiciaire
pour menaces et faits mineurs, et ce même si les faits reprochés
remontent à plus de dix ans. Avec une telle réponse,
il est étonnant que la RBC ait mentionné à l'assuré
qu'il était couvert pendant ces trois premiers mois.
Maître
Jeannick Desforges, d'Option consommateurs, ne croit pas qu'il était
assuré pendant cette période : « C'est
un peu surprenant de dire qu'en cas de sinistres, par exemple, on
vous aurait payé. Tant mieux s'ils l'avaient fait, mais c'est
quand même surprenant parce qu'ils ont dit au départ
qu'ils n'assuraient pas ce type de clientèle. Donc, avec cette
prémisse de base, on ne voit pas pourquoi ils ont décidé
de résilier plutôt que d'annuler simplement la police ».
Résilier ou annuler une police d'assurance, ça n'a pas
les mêmes conséquences
Voici l'exemple
d'un assuré qui a payé, à l'avance, sa prime
pour l'année :
-
La
résiliation s'applique quand l'assureur apprend, en cours
de contrat, au mois d'avril par exemple, un fait qui modifie le
risque. Ce fait n'existait pas au moment où le client a
souscrit à la police d'assurance. Dans ce cas-là,
l'assureur peut mettre fin au contrat en ne remboursant pas les
primes déjà payées de janvier à avril,
puisque le client était couvert pendant cette période.
Il doit par contre rembourser les primes payées d'avril
à décembre.
-
L'annulation,
elle, s'applique quand l'assureur apprend, en cours de contrat,
un fait qui existait au moment de la signature, mais que l'assuré
ne lui a pas divulgué. L'assureur est en droit, à
ce moment-là, d'annuler le contrat, mais il doit alors
rembourser les primes payées depuis janvier puisque s'il
avait connu ce fait-là dès le départ, il
n'aurait jamais accepté d'assurer le client.
Le
dossier qui occupe La Facture est clairement un cas d'annulation,
puisque si la RBC avait connu ses antécédents judiciaires
dès le départ, elle ne l'aurait jamais assuré.
RBC Assurances refuse de commenter le cas. Mais il n'en demeure
pas moins que la RBC a choisi, à tort, la résiliation,
et c'est pourquoi on n'a pas remboursé à l'assuré
toutes ses primes.
« Les
assurances ont le gros bout du bâton »
.
De
plus, c'est la RBC qui a suggéré à son assuré
de demander lui-même la résiliation de sa police d'assurance.
Un geste qui porte à conséquence : d'un côté,
en procédant ainsi, l'assuré n'entache pas son dossier.
En contrepartie, il se prive de tout recours judiciaire éventuel
contre la RBC. Mais il faut savoir que si l'entreprise avait annulé
la police, comme elle aurait dû le faire, cela aurait été
encore plus profitable pour l'assuré. En cas d'annulation,
c'est comme si le contrat n'avait jamais existé : non
seulement le client est remboursé, mais en plus, il ne restera
pas de traces de ce malentendu, donc pas d'incidence.
L'assuré
du reportage s'est trouvé du jour au lendemain sans assurance
habitation. Pendant cinq longues semaines, il a tenté,
en vain, de se trouver un nouvel assureur.
Craignant
que son assureur automobile, l'Industrielle-Alliance, ne résilie
à son tour sa police, l'ancien assuré de la RBC
a tardé à l'appeler. À bout de ressources,
il a fini par contacter son assureur automobile, et il a eu une
bonne surprise : non seulement son assurance automobile n'a
pas été résiliée, mais en plus, on
lui a proposé une assurance habitation.
Pour
l'Industrielle-Alliance, son cas ne constitue pas une aggravation
de risque. Et, cadeau-bonus, sa franchise a plaidé en sa
faveur. Suzanne Michaud, porte-parole de l'Industrielle Alliance,
explique ainsi la réaction de son entreprise : « Je
vous dirais que le fait qu'il nous appelle de lui-même indique
c'est quelqu'un qui est foncièrement honnête. Ça
vaut la peine de regarder les cas, un petit peu comme on le fait,
cas par cas. Je pense qu'il faut tout faire finalement pour laisser
la chance aux gens de démontrer qu'ils sont de bons assurés
potentiels ».
Pendant que
La Facture tournait ce reportage, l'ancien assuré
de la RBC a obtenu son pardon de la Commission nationale des libérations
conditionnelles. C'est une très bonne nouvelle pour lui,
puisque les assureurs membres du Bureau d'assurance du Canada
ont choisi de ne plus refuser d'assurer les gens ayant un casier
judiciaire, mais ayant obtenu leur pardon.
Hyperlien
pertinent
Option
consommateurs
Bureau
d'assurance du Canada
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