L'enquête
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« On
a excavé jusqu'à la fondation et ça a été
reconstruit (
) le garage, l'entrée, la salle familiale,
le lavoir, la salle de bain, bref, le tiers de la maison!»
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Cas no 1 :
La Facture est d'abord retournée chez Michel Thériault
à St-Bruno. Il a dépensé plus de 37 000 $ de
sa poche pour remettre sa maison dans son état original. Il
doit maintenant poursuivre l'entrepreneur qui l'avait construite dans
les année 80, parce qu'il refuse d'en assumer la responsabilité.
Cas no 2 :
Nous sommes également retournés chez Daniel Gaudette,
qui habite à quelques rues de là.
«La fissure était ici sur le coin, elle
a été réparée
»
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«Ici
dans le bureau, il y avait ce que j'appelais le monticule
de baseball
)»
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«Lorsque la pyrite a été extraite,
c'était comme une piscine
.»
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Pour M. Gaudette et sa conjointe, le prix payé ne se calcule
pas seulement en argent : «Il y avait des moments où
l'on avait plus de chauffage, plus
d'électricité. À un moment donné, on a
dû couper l'eau (
) Plus de téléphone (...)
Nous sommes allés vivre 15 jours à l'hôtel, ça
fait beaucoup de frais.»
Un
entrepreneur indépendant a évalué le coût
des réparations à 57 000 $. Mais heureusement, la facture
s'est finalement avérée moins élevée pour
le couple. Une autre bonne nouvelle: monsieur et madame recevront
sous peu un chèque (8197$) du Programme gouvernemental d'aide
aux victimes de la pyrite. Une aide fort appréciée,
mais qui est loin de correspondre au coût total des réparations.
Car le programme, administré par la Société d'habitation
du Québec, ne paie en fait qu'une partie du coût des
réparations.
Charles
Tanguay, porte-parole de l'Association des consommateurs pour
la qualité dans la construction, nous explique que ce couple
fait partie d'une minorité, car la plupart des victimes de
la pyrite ne sont pas admissibles au programme d'aide : «Le
programme vise la réparation de sous-sol, mais les garages
sont exclus. Or il y a beaucoup de cas qui se situent dans les garages,
car il y a une plus grande épaisseur de remblais sous le garage
généralement. Il y a donc beaucoup de (gens) qui sont
déçus.»
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La Société d'habitation du Québec prévoit
que d'ici 2010, 20 % des garages de la banlieue sud de Montréal
auront été endommagés. Ce sont 15 000
garages qui devront être réparés aux frais
de leurs propriétaires. En fin de compte, seuls les
12 000 sous-sols qui pourraient être endommagés
d'ici là sont admissibles au programme.
«Il y a aussi tous les cas dont les dommages ne sont
pas suffisamment sérieux pour nécessiter des
réparations mais qui doivent quand même subir
des pertes de valeur.»
- Charles Tanguay, ACQC.
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Exigez
la pierre «DB»!
Depuis
1999, les gens sont inquiets. Selon les chiffres obtenus par La
Facture, environ 35 000 propriétaires de la région
de Montréal ont demandé un test de dépistage
de pyrite. Plus de 25 % de ces tests en ont révélé
la présence. Et pour 10 % d'entre eux, la pyrite avait déjà
fait des dommages.
Mais comment s'assurer
que la pierre de remblais ne gonflera pas? Selon le géologue
Alain Blanchette, il existe une seule garantie : exiger une pierre
certifiée DB, dalle de béton, soit «une pierre
qui a été testée spécifiquement pour le
potentiel de gonflement.»
Mais
le problème, comme le souligne le géologue, c'est que
cette certification n'est même pas encore obligatoire : «Dans
le système actuel, un consommateur qui achète une maison
neuve qui a été construite à l'été
2002 et qui ne demande pas les billets de pesée, les bordereaux
de livraison, bref, des preuves qu'il a bel et bien une pierre DB,
n'aura pas nécessairement cette pierre certifiée (
)
On peut donc pas garantir que ces bâtiments sont sur un remblais
qui est stable chimiquement.»
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La
demande pour de la pierre certifiée DB ne cesse d'augmenter.
Ce qui inquiète, c'est que d'après le nombre de
mises en chantier résidentielles, plus d'une maison sur
deux a été construite avec de la pierre de remblais
non certifiée!
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Combien coûte cette pierre?
Utiliser
de la pierre certifiée DB pour une maison neuve coûte
à peine 100 $ de plus. Selon Bruno Nantel
de l'Association
provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ),
son prix ne pose donc pas de problème : «Les entrepreneurs
ont compris rapidement que c'était dans leur intérêt
et dans celui des consommateurs d'utiliser une bonne pierre.»
Mais d'ici là,
d'autres propriétaires découvriront eux aussi des dommages
causés par la pyrite: «On
ne peut pas y échapper, il y a des travaux à faire (
)
Il faut savoir que lorsqu'on s'embarque dans un recours judiciaire,
ça peut être très long et très coûteux.»
- le propriétaire Michel Thériault.
En conclusion
D'ici
à ce que la certification DB soit obligatoire, si vous achetez
une maison neuve, inscrivez dans votre contrat d'achat l'obligation
d'utiliser une pierre de remblais certifiée «DB»
et demandez à voir le bon de livraison. Mais sachez une chose
: si vous avez acheté une maison construite depuis 2000 et
qu'un jour vous avez un problème de pyrite, vous pourrez poursuivre
l'entrepreneur pour vices cachés.