Les
faits
Victime
d'étourdissements et voyant sa santé défaillir,
monsieur veut se débarrasser de ses responsabilités
de propriétaire. Il décide de vendre sa maison. Mais
au bout de deux ans, une condition qui est essentielle pour lui repousse
les acheteurs : il veut demeurer locataire de son quadruplex.
À l'automne 2000, alors qu'il n'espère même plus
et que sa maison n'est plus entre les mains d'un agent immobilier,
un nouvel agent se présente chez lui. Il informe alors monsieur
qu'il est intéressé à acheter sa propriété
mais à titre privé et que monsieur pourrait, comme il
le souhaite, demeurer locataire. Rapidement, les deux hommes développent
un lien de confiance. Le prix de la propriété convenu
entre les deux parties est alors de
275 000$.
L'agent et sa compagne achètent le quadruplex dans le mois
suivant. Comme convenu, ils signent une promesse d'achat à
275 000$ . Mais étonnamment, ils signent deux documents
chez le notaire :
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-
Un premier document qui est l'acte
de vente au prix de
275 000$ . Or, ils ne paieront pas 275 000$, puisque
- Il y a un deuxième document,
qui parle plutôt d'une vente à 195 000 $. Et dans
ce document, on dit que le propriétaire fait un don de
80 000$ à l'acheteur.
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L'homme de notre
histoire affirme qu'il n'avait pas compris qu'il donnait cette somme.
Aujourd'hui, il veut annuler la transaction.
La
version des trois parties
Le
notaire Claude Sylvestre est formel : le vendeur était
consentant dès le début : «C'est évident
que monsieur ne gagnait rien dans cette transaction-là. (
)
Il était victime mais il était victime consentante.»
Quant à
l'acheteur, il refuse d'annuler la transaction. L'équipe de
La Facture l'a rencontré chez son avocat mais sans la
présence de nos caméras. Selon lui, le propriétaire
est bien celui qui a proposé le don de 80 000$. Bien que se
disant fort mal à l'aise face à une telle situation,
le couple décide finalement d'accepter l'offre de monsieur.
Le vendeur lui,
est catégorique : il affirme ne pas avoir compris la transaction
: «Ils m'ont parlé d'un contrat qui représente
un don (à l'acheteur) mais qui n'est pas enregistré
(
) J'avais peur de perdre la vente. Je me demandais ce qui se
passait.»
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La
Facture demande l'avis d'un autre notaire
Jean Lambert a été président de la
Chambre des notaires du Québec. Selon lui, un notaire
doit s'assurer que les parties devant lui signent en toute connaissance
de cause.
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Mais
le notaire Claude Sylvestre dit avoir pris toutes les précautions
nécessaires en exigeant trois conditions à l'acte de
vente : 1- Un rapport médical de l'acheteur (qui démontre
que l'individu «est sain d'esprit»); 2-
que celui-ci consulte un comptable, puis; 3- la signature d'une
convention, dans laquelle monsieur affirme être «conscient
qu'il y a une donation», bref, qu'il ne veut pas de cet
argent. Monsieur remplit toutes ces exigences, bien qu'il considère
que les deux premières aient été faites plutôt
rapidement.
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Chez
le comptable, tous les calculs ont été faits sur
la base d'une transaction à 275 000.$ Jamais la question
du don de 80 000$ n'a été évoquée.
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1
acte de vente, 2 documents : pourquoi?
Le
notaire Sylvestre choisit de faire deux documents : le premier,
un acte de vente de 275 000$, puis le deuxième appelé
convention. Ce document notarié révèle que le
montant de la vente de
275 000$ est fictif et que le vrai prix de vente est de 195 000 $.
Cette convention parle d'un don de 80 000$ du vendeur à l'acheteur.
Un type de transaction que le notaire Jean Lambert dénonce
:
«Le notaire ne devrait pas instrumenter l'acte de vente en
disant que le prix est X, alors qu'il est Y. C'est plus qu'anormal.
Ça peut être un acte d'inscription en faux de l'acte.
C'est très sérieux. C'est contraire à notre éthique
professionnelle. Le notaire commet un faux.»
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Un
recours est-il possible?
«En examinant l'ensemble des éléments
de la preuve, les tribunaux vont probablement reconnaître
le principe de base de notre société civile, soit
celui que les consentements doivent être donnés
en toute connaissance de cause. En s'apercevant que l'une des
parties ne l'a pas fait, ils annuleront la transaction»
- Jean Lambert, notaire.
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Puis,
l'acheteur devient
légataire universel
Après
cette transaction, quelques semaines plus tard, monsieur pose un autre
geste qu'il regrette aujourd'hui : il fait un testament dans lequel
il fait de l'acheteur, son légataire universel. En d'autres
mots, il lui lègue presque tout.
Aujourd'hui, monsieur, qui considère qu'il était confus
à l'époque, a refait son testament en faveur de sa fille
unique. Mais était-il confus? Nous l'ignorons. Une chose est
certaine, il était perdant dans cette transaction.
En
conclusion
Monsieur
est déterminé à aller jusqu'au bout. Il veut
récupérer ses
80 000$ ou sa maison. Jusqu'à maintenant, il a porté
plainte : à la Chambre des notaires, à l'Association
des courtiers et agents immobiliers du Québec et à
la police de Longueuil contre l'acheteur. Une enquête
est en cours.
Une histoire que nous allons suivre!