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Émission
228 |
Le
mardi 12 novembre 2002
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La maison de ses rêves
à démolir...
Certaines
personnes n'en peuvent plus d'habiter la ville. Vivre
à la campagne : plusieurs en rêvent mais
peu de
gens prennent la décision de quitter la ville.
Le
couple de notre histoire a fait ce choix.
Mais
ils le regrettent amèrement.
Le
problème, ce n'est pas la campagne mais leur
nouvelle maison. Dans toute l'histoire de La Facture,
c'est un des pires cas de vices cachés que nous
ayons vu...
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Les
faits
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« Je
pense qu'il faut sérieusement considérer la démolition
et la reconstruction simple de ce bâtiment.»
- Michel Ewert, inspecteur.
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Un couple veut
quitter la ville pour retrouver l'air pur de la campagne. En juin
2001, ils visitent une maison, à St-Colomban. C'est le coup
de foudre. Le couple fait une offre d'achat qui est acceptée.
Le prix : 59 500 $.
Mais leur coup de foudre ne dure que 24 heures.
Après avoir fait sa première lessive, madame découvre
que l'eau se jette directement à l'extérieur de la maison.
Tout comme l'eau de la cuisine, qui prend le même chemin. Ébranlés
par la découverte, les propriétaires vérifient
les conduits de la salle de bain : l'eau coule directement dans le
«sous-bassement» :
«Ça
fait une humidité épouvantable, tout le dessous est
humide», indique monsieur. Quand à la toilette, les
eaux usées se jettent dans un réceptacle de métal,
qui sert de fosse septique, et qui est en fait
un bidon d'huile
à chauffage modifié. Celui-ci est rouillé et
percé. «Comme il y a des fuites, ça pollue
les sources aux alentours. Ça pollue tout», ajoute
monsieur.
Six mois après avoir aménagé dans la maison,
le couple a un doute sur la qualité de l'eau. Il la fait donc
analyser par un laboratoire, qui les avise rapidement de ne plus boire
cette eau, car elle est contaminée par des coliformes fécaux.
Le
taux dépasse 4 fois la norme. Leur puits est donc condamné.
Pour s'alimenter en eau, le couple doit se rendre en voiture
à une source située à Bellefeuille, un
village voisin.
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Les propriétaires réclament l'annulation de la vente
Le
couple regrette de s'être montré si enthousiaste lors
de l'achat de leur maison. Il réclame l'annulation de la vente
à l'ancienne propriétaire, qu'il accuse d'avoir délibérément
camouflé tous les vices affectant la maison.
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Les
acheteurs avaient pourtant fait de l'inspection de la maison
une condition pré-achat. Mais ils ont commis une erreur
: ils ont limité le mandat de l'inspecteur aux fondations
de la maison, confiants que le reste était en bon état.
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La
version de leur inspecteur
La
Facture a rencontré leur inspecteur. Celui-ci affirme que
le couple ne «voulait qu'une vérification des fondations
uniquement». Autodidacte, l'inspecteur effectue à
l'occasion des contrats pour une firme : «Ce (qu'ils voulaient),
c'est une opinion verbale de la condition de ses fondations»,
nous dit-il. C'est donc à titre personnel et non d'employé
de la firme que cet inspecteur a donné son opinion sur cette
maison.
«C'est une maison mobile (
) ils vendent ça comme
ça, (c'est) sur des vérins, aux coins, et (..) un support,
de deux trois blocs de ciment en dessous pour la tenir. Je suis allé
voir en dessous. J'ai dit à la dame qu'il n'y avait rien de
détérioré en dessous, qu'un peu de ventilation
allait seulement être nécessaire».
Mais
ce n'est pas ce qu'en pensent deux autres inspecteurs, qui
ont donné leur avis dans le cadre d'une poursuite judiciaire
intenté par le couple :«Ce sont des fondations
qui sont complètement inadéquates, qui ne ressemblent
en rien à ce que les codes, les normes et la bonne
pratique exigent.» - Michel Ewert, inspecteur.
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L'inspecteur du couple,
lui, considère qu'il n'avait pas l'obligation de circuler partout
sous la maison, puisque ses clients n'avaient exigé qu'une «opinion
verbale des fondations en faisant le tour !» De plus, estime-t-il,
«Ce qui inquiétait (madame), c'était les
2-3 craques qu'il y avait dans la roche. Mon mandat était donc
de lui dire si cela était oui ou non dangereux. Or, je lui ai
dit que ce n'était absolument pas dangereux».
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Ce
n'est rien et pourtant, selon le rapport de l'ingénieur,
ces fissures indiquent l'instabilité du revêtement
extérieur.
· De plus les fondations reposent
sur des supports improvisés, précaires et sujets
aux effets du gel.
· Le vide sanitaire est, de surcroît,
insalubre. Le système de plomberie est inadéquat
et polluant.
· Quant au toit, sa pente n'est
pas suffisante, ce qui augmente les risques d'infiltration
d'eau.
Bref, mieux vaut démolir.
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L'opinion d'un autre inspecteur
L'inspecteur
Michel Ewert n'y va pas par quatre chemins : il met en doute les compétences
de l'inspecteur engagé par le couple : «Il ne devrait
pas ne pas comprendre ni ne pas voir, parce que sinon, il faut mettre
en doute ses compétences.»
Quant
à l'inspecteur du couple, il répète que
son mandat ne se limitait qu'à répondre à
la demande du couple, soit de faire une opinion verbale sur
l'état des fondations. Car au-delà de cela,
estime-t-il, il aurait fait du «bénévolat».
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La
fiche descriptive de la maison : trompeuse?
Cette maison avait été inscrite par un agent immobilier.
À certains égards, la fiche descriptive de la maison est
trompeuse : on peut y lire que le toit a été refait en
1997, toutefois, l'agent affirme n'avoir jamais eu de preuve à
ce sujet. Il s'était, en fait, seulement fié à
la parole de son client, le vendeur. :
Les
devoirs et obligations des agents immobiliers sont pourtant
très clairs. L'agent doit être en mesure de démontrer
l'exactitude des informations qu'il diffuse aux acheteurs.
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De plus, on
peut lire sur la fiche que la maison est desservie par une fosse septique.
Or, l'agent savait-il que la fosse n'était pas fonctionnelle?
L'agent
affirme qu'il n'a jamais, lors de ses visites, senti d'odeurs
particulières. De plus, il indique que la municipalité
lui aurait affirmé «qu'il n'y avait eu aucune
plainte sur cette propriété».
C'est vrai. Mais La Facture a appris que la municipalité
de St-Colomban a écrit en 1998 qu'elle ne pouvait attester
ni garantir le bon fonctionnement de l'installation septique.
Une information qui n'a jamais été communiquée
au couple.
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Malgré
nos efforts répétés, l'ancienne propriétaire,
refuse de nous donner sa version des faits.
En
conclusion
À
ce jour, la propriétaire ne conteste pas la présence de
vices mais refuse de reprendre sa maison. Cela se règlera sans
doute devant un juge.
Si vous avez l'il
sur une maison de campagne, demandez à la municipalité
qu'elle certifie la conformité de la fosse septique. Si vous
avez des doutes, faites faire un test de couleur pour au moins savoir
si la fosse est étanche.
Surtout, n'hésitez
pas à faire faire une inspection complète de la propriété
et exigez de l'inspecteur qu'il vous remette un rapport écrit,
ce qui vous sera fort pratique, en cas de poursuite.
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Hyperlien
pertinent :
Les
vices cachés
(La gravité; le caractère
caché du vice, les recours,etc.)
Réseau juridique du Québec
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