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La poursuite
Me
Samson poursuit en dommages un distributeur de produits informatiques
ainsi qu'une multinationale, fabriquant d'ordinateurs, à
la suite de l'achat en mars 2001, d'un ordinateur portable défectueux.
Les parties en cause
Me
Samson allègue «(...) qu'ils n'ont pas respecté
l'esprit et les dispositions de la Loi sur la Protection du
consommateur et qu'ils ont contrevenu à leur obligation
de fabricant et de distributeur (en ne lui livrant pas) un appareil
conforme et utilisable selon l'usage auquel est destiné
ce genre d'appareil.»
La
représentante de la multinationale est venue directement
de Toronto pour défendre les intérêts de
sa compagnie. Elle dit ne pas avoir l'habitude de se retrouver
devant les tribunaux.
Quant
au représentant du distributeur de produits informatiques,
c'est une première, lui qui occupe le poste de directeur
du groupe service depuis 12 ans.
La
cause débute
On
sent un peu de fébrilité dans l'air avant le début
de la cause
Tout le monde s'installe. Personne ne parle...
Le juge Louis Vézina, qui dirigera le procès,
fait son entrée.
Première
à prendre la parole : la poursuite
Me
Samson doit prouver qu'il a subi des dommages. Documents à
l'appui, il explique au juge que son ordinateur portable était
défectueux dès le moment où il l'a eu en
sa possession.
Il spécifie au juge qu'il s'agissait d'un problème
avec la carte modem, et qu'en raison de ce problème,
il était incapable de se brancher à Internet.
Il ne pouvait donc plus travailler à partir de chez lui
et communiquer à distance avec ses étudiants,
comme le font de plus en plus de professeurs.
Ce qu'il
réclame : 600 $ de dommages exemplaires et 1200 $
de dommages compensatoires, pour ces tracas qui ont duré
près de quatre mois.
Puis,
la question du juge : comment Me Samson en est-il
arrivé à établir le montant de 1200 $ pour
des dommages compensatoires?
«J'ai calculé à peu près le nombre
d'heures que je pouvais perdre par semaine à me déplacer
pour aller à la Faculté, imprimer ou envoyer mes
e-mails que je ne pouvais envoyer à la maison. (
)
Ça fait à peu près 16 semaines si on compte
du 30 mars jusqu'au 18 juillet. À raison d'une couple
d'heures par semaine, je ne pense pas que c'est exorbitant et
exagéré», affirme Me Samson.
Puis, une deuxième question du juge : «Est-ce
exact de dire que vous n'avez pas eu de pertes pécuniaires?»
Me Samson lui répond qu'il n'a effectivement pas perdu
de salaire.
Deuxième à prendre la parole :
la défense
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Le
représentant du distributeur de produits informatiques
tente à son tour de convaincre le juge Vézina.
Le commerçant reconnaît que l'ordinateur était
défectueux, mais explique qu'il s'agissait d'un problème
complexe et que sa compagnie a d'ailleurs tout fait pour
tenter de le régler. Mais, malgré les inspections
et les réparations, le représentant admet
que les problèmes ont persisté durant de nombreuses
semaines. |
Finalement,
en juillet 2001, soit quatre mois après l'achat, les
deux compagnies acceptent d'échanger gratuitement l'ordinateur
portable défectueux de leur client contre un appareil
identique, neuf et fonctionnel.
Me Samson admet que ce produit était alors «parfait,
impeccable.»
Le juge Louis Vézina intervient : il se demande alors
pourquoi les deux parties se retrouvent devant lui : «Vous
n'avez pas essayez des fois de vous parler, de trouver un terrain
d'entente pour fermer ce dossier?» Le juge insiste
sur la possibilité qu'ont les parties de s'entendre hors-cour
:
«Savez-vous
pourquoi ils ont fait des corridors assez larges dans le Palais
de Justice? C'est pour permettre aux parties de se parler avant
d'entrer à la cour. Et des fois, il y a beaucoup de choses
qui se règlent, surtout au point de vue civil. (
)
Un bon règlement, c'est quand les deux parties sont également
insatisfaites (
) Il faut que tout le monde mette de l'eau
dans son vin.»
Vient
ensuite le tour de la représentante du fabricant : Celle-ci
plaide que tout a été fait pour satisfaire Me
Samson.
Le
juge conclue
«Je
vais prendre la cause en délibéré. (
)
Le problème, ce n'est pas pour moi de rentrer dans les
considérations techniques, je vais m'y perdre avec une
facilité remarquable. (
) Le problème pour
moi, c'est de déterminer dans quelle mesure ces faits qui
ont été mis en preuve devant moi donnent ouverture
à des dommages pour troubles, ennuis et inconvénients
ou dommages moraux tels que qualifiés dans la requête.
Ceci étant dit, je prononce le délibéré
et la cour est ajournée.»
Quant à
la décision, elle viendra par la poste.
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