
On dit souvent qu'avoir un
enfant est l'une des plus belles choses qui soit. Le voir
grandir, le voir découvrir le monde, en prendre
soin... Parfois, pourtant, la vie se retourne contre nous.
Le
Code civil du Québec prévoit que les parents
ont une obligation alimentaire à l'égard
de leur enfant, même lorsque ce dernier est majeur.
De plus en plus d'enfants se prévalent de cette
disposition du Code civil et entament des poursuites contre
leurs parents afin que ces derniers leur versent une pension.
C'est ce même article
de loi qui permettait il y a quelques années les
poursuites de petits-enfants contre leurs grands-parents.
En 1996, sous la pression des aînés, l'article 585
a été abrogé. On y a retiré
la référence grands-parents-petits-enfants,
mais la responsabilité entre parents et enfants
a été maintenue.
Les enfants
ont-ils raison de s'adresser aux tribunaux pour obtenir
une aide alimentaire et des montants pour leurs études?
Qui sont ceux qui poursuivent? Pourquoi le font-ils? Quel
est l'impact d'un procès sur une famille?
Enjeux vous présente
l'histoire de plusieurs de ces familles déchirées
par l'incompréhension et par l'argent.
Un exemple
Sylvie Lemieux apprend
le 31 août 2001 qu'elle est condamnée
à verser une pension alimentaire de 225 $
par mois à sa fille âgée de
21 ans.

« Elle m'a envoyé
une lettre me demandant de l'aider. C'est comme
cela que ça a commencé. »

« J'aurais voulu qu'elle soit là
pour moi. »
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L'obligation
alimentaire entre les parents de ligne directe ne va pas
seulement dans un sens. La nécessité de
fournir des « aliments » est réciproque.
Cela veut donc dire que des parents peuvent exiger de
leur enfant qu'il leur vienne en aide.
Au Québec, l'une des
causes qui a le plus attiré l'attention des médias
est le cas de parents qui vivaient dans la pauvreté
et qui ont poursuivi leur fille qui venait de gagner 2,1 millions
à la loterie. Ils ont gagné leur cause et
leur fille a été condamnée à
leur verser 1000 $ par mois jusqu'à ce qu'ils
puissent toucher leur pension de vieillesse.
Il n'existe aucune donnée
pour chiffrer le nombre de poursuites d'enfants
majeurs. Mais la plupart des avocats s'entendent
pour dire que ce type de cause a largement augmenté
depuis les 10 dernières années.
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Affronter son enfant, son père
ou sa mère en justice est un processus douloureux
qui est souvent le résultat de plusieurs années
d'incompréhension entre parents et enfants.

| Un
suivi à notre reportage
Le père de
famille nommé Robert, qui
débourse 17 000 $ de pension alimentaire
chaque année à son ex-femme et ses
trois enfants (dont deux sont majeurs), avait demandé
l'annulation des pensions pour sa femme et ses deux
enfants majeurs. La Cour avait refusé. Le
18 septembre 2002, la Cour d'appel a une fois
de plus rejeté sa demande. Cet homme doit
donc continuer à payer les pensions à
ses deux enfants majeurs, qui viennent de débuter
des études en maîtrise.
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Journaliste : André Viau
Réalisatrice : Anne Sérode