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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Kitcisakik

Mise à jour le mercredi 24 janvier 2007 à 22 h 45
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Kitcisakik

Il y a un an, le triste sort de la communauté autochtone de Kitcisakik avait fait la manchette en pleine campagne électorale fédérale. Ce village d'environ 400 âmes, situé dans la réserve faunique de la Vérendrye et sans statut aux yeux de l'État, refuse de devenir une réserve indienne de peur de perdre le contrôle de sa destinée.

Des dizaines de familles y vivent sans eau courante ni électricité, dans de trop petites maisons mal isolées. Les jeunes doivent se rendre à l'école à Val-d'Or, à une heure de route, où il passeront d'ailleurs la semaine en foyer scolaire, loin de leur langue et de leur culture.

Au fil des ans et à coup de batailles de financement à la pièce, les Algonquins de Kitcisakik sont parvenus à construire quelques infrastructures de base comme un édifice administratif, un dispensaire, un bloc sanitaire, une garderie et un petit centre multifonctionnel où les enfants de maternelle et de première année reçoivent leur éducation.

Comme dans toute communauté isolée, l'équilibre social de Kitcisakik demeure fragile, avec ses problèmes d'alcoolisme, de toxicomanie et de jeu compulsif. Mais les gens de Kitcisakik gardent espoir en rêvant de se construire un nouveau village.

Le projet Wanaki, qu'ils caressent depuis maintenant quatre ans, les doterait de toutes les infrastructures modernes, dont une école pour garder les jeunes chez eux. Il serait construit à une vingtaine de kilomètres du village actuel, ce qui nécessiterait une nouvelle route d'accès. Dans sa phase initiale, Wanaki (qui veux dire paix) comprendrait 70 nouvelles maisons. Mais il faudrait une centaine de millions de dollars pour y arriver. En décembre dernier, le chef du Conseil anicinapek de Kitcisakik, Edmond Brazeau, a rencontré le ministre fédéral des Affaires indiennes et du Nord, Jim Prentice.

Ces dernières semaines, les membres de la communauté ont manifesté l'intérêt d'établir un partenariat avec Ottawa pour que le projet voie le jour dans un avenir rapproché. Depuis, on sent souffler comme un vent d'optimisme sur Kitcisakic.