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Biométrie : sécurité ou
menace
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Depuis le 11 septembre
2001, la biométrie, cet ensemble de techniques
de contrôle de l'identité comme la
reconnaissance de l'iris, des empreintes digitales
ou des caractéristiques du visage, est
en pleine expansion. D'ici quelques années,
il est vraisemblable que chaque citoyen américain
possédera une carte d'identité biométrique
et que le gouvernement en exigera une de tous
les visiteurs étrangers. Est-ce une bonne
ou une mauvaise nouvelle? Les opposants à
la biométrie brandissent le spectre de
Big Brother. Les responsables de la sécurité
se réjouissent. Et les deux camps ont probablement
raison.
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Journaliste et réalisateur : Normand
Grondin
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À
l'aéroport d'Amsterdam, comme partout dans le
monde, les fouilles sont fréquentes, l'attente
est longue, les règles sont strictes. Pour accélérer
le flot des passagers, les autorités ont installé
un nouvel appareil aux douanes. Plus besoin de présenter
un passeport. Votre il suffit. Après un
contrôle par un officier de police, le voyageur
s'installe devant un scanner et introduit sa carte d'identité.
La caméra balaie l'iris et relève plus
de 250 points de références. L'appareil
les transforme ensuite en une formule mathématique
qui est stockée sur une carte à puce.
« C'est rapide, mais aussi très
sûr parce que chaque iris est différent,
explique un employé de l'aéroport. En
plus, [le contrôle de] l'iris est [un moyen] moins
vulnérable que [celui] des empreintes digitales.
Vous pouvez vous couper le doigt ou la paume de la main,
alors qu'avec l'iris, c'est tout de même moins
fréquent. C'est donc un système très
sûr. »
La reconnaissance de l'iris fait partie
d'un ensemble de techniques qu'on appelle la biométrie.
Chaque individu possède des caractéristiques
physiques qui sont uniques et permanentes : son visage,
ses yeux, ses mains et, bien sûr, ses empreintes
digitales. Les appareils de biométrie servent
à capter ces informations. Elles deviennent alors
une référence biométrique. La preuve
que vous êtes bien la personne que vous prétendez
être.
Pour les services de sécurité,
c'est un outil de travail extraordinaire. Mais pour
les simples citoyens, c'est une arme à double
tranchant. La biométrie doit être accompagnée
d'une banque de données sur les personnes. Ce
sont les usages secondaires de ces banques de données
qu'il faut questionner, et non pas le fait qu'on utilise
la biométrie pour nous identifier dans un endroit
précis.
À
l'aéroport de San Francisco, les employés
utilisent la biométrie depuis une dizaine d'années
pour avoir accès aux zones réservées.
L'appareil mesure les différences entre la main
de l'employé et une main standard. Ces données
sont ensuite cryptées et enregistrées
dans un fichier qui servira ensuite de référence.
La question qui se pose est : qui empêcherait
un terroriste de couper la main d'un employé
et de l'utiliser pour ouvrir une porte, par exemple.
« Quand une main est coupée, le
sang coule forcément. Or, le sang contribue à
donner la forme et la taille à la main. Dès
qu'elle est coupée, elle change directement.
Donc ce n'est pas la solution pour tromper le système »,
rassure un employé de l'aéroport. Le terroriste
devra donc contraindre l'employé vivant à
mettre sa main dans le scanner s'il veut franchir la
barrière de sécurité
Vos empreintes digitales sur une
carte à puce
À Québec, la compagnie
Labcal a rafraîchi une ancienne technique policière
: celle des empreintes digitales. Labcal a conçu
un appareil portatif qui reproduit les empreintes digitales
en trois dimensions : le smartprint. Il suffit d'inscrire
un nom, de choisir un doigt et de le placer sur le lecteur.
L'appareil prend une quarantaine de mesures, qui sont
ensuite inscrites sur une carte à puce. L'avantage
de ce système, c'est qu'il ne retient rien en
mémoire. Vous êtes le seul propriétaire
de votre identité biométrique.
Le marché des empreintes digitales
est en pleine expansion. D'ici deux ans, tous les Américains
qui travaillent dans le secteur de la défense
et du transport posséderont leur carte d'identité
biométrique.
Le vol d'identité
Comme
c'est le cas avec tous les systèmes biométriques,
une erreur est toujours possible. « On
peut tromper la biométrie parce que la biométrie
est digitalisée, donc on peut l'altérer,
la changer. Là, [on parle de] vol de votre identité
biométrique. C'est vraiment un scénario
surréaliste, mais si on vole mon identité
biométrique, ce qui prend certainement une expertise,
mais qui est possible, j'aurai de la difficulté
à rétablir mon identité comme citoyenne »,
avance Jennifer Stoddart, présidente de la Commission
d'accès à l'information.
Les autorités aéroportuaires,
principales intéressées par la biométrie,
assurent que tout ce qu'ils désirent est d'utiliser
cette technologie pour confirmer votre identité,
par mesure de sécurité. Le problème
est que l'utilisation d'une nouvelle technologie dépend
rarement des seules intentions de ceux qui l'ont mise
au point. Parfois, sur le terrain, tout devient possible.
« Je pense que la biométrie
et toutes les techniques de surveillance réduisent
notre marge d'autonomie comme citoyen, s'inquiète
Jennifer Stoddart. Et ce sont des libertés
très précieuses. Je pense qu'il ne faut
pas renoncer à ces libertés sans se poser
des questions. »
Pour en savoir plus :
Biométrie
: incidences et applications pour la citoyenneté
et l'immigration
Site du ministère de la Citoyenneté et
de l'Immigration
La
biométrie au Québec : les enjeux
Document de la Commission d'accès à l'information
sur les enjeux de l'application de la biométrie
au Québec
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