La
culture des plantes génétiquement
modifiées, comme le maïs, le soja et
le canola, est essentiellement l'affaire de quatre
pays, dont le Canada et les États-Unis.
Au départ, en 1996, les entreprises de biotechnologie
avaient fait miroiter aux fermiers une agriculture
plus concurrentielle, plus rentable, plus efficace
et plus propre. Ce n'est pas ce qui s'est produit.
Au contraire, les cultures transgéniques
seraient la cause d'une catastrophe économique.
C'est de la Grande-Bretagne
que provient ce constat, plus particulièrement
de la Soil Association, un regroupement de
fermiers, de chercheurs et de nutritionnistes qui
fait la promotion de l'agriculture biologique.
L'Association affirme
que les cultures transgéniques n'ont tout
simplement pas livré la marchandise. D'abord
la rentabilité est en baisse. Les semences
de maïs et de soja transgéniques coûtent
plus cher que les semences naturelles. En outre,
ces récoltes se vendent moins bien, car de
plus en plus de pays refusent de les acheter.
Ensuite,
il y a le rendement à l'hectare. Avec le
maïs transgénique résistant à
la pyrale, on observe un léger accroissement
de la production. Par contre, ce n'est pas le cas
du soja transgénique qui affiche une baisse
de rendement variant entre 6 % et 11 % par rapport
aux souches conventionnelles, sans qu'on sache pourquoi.
Quant
à la réduction prévue des arrosages
de pesticides, elle ne s'est pas produite. De plus,
des cultures transgéniques résistantes
aux herbicides ont commencé à transmettre
cette propriété à certaines
mauvaises herbes. Les agriculteurs doivent multiplier
les arrosages de pesticides au lieu de les réduire.
Donc, un gain nul en ce qui a trait à la
pollution, et des coûts supplémentaires
pour l'achat des pesticides.
Enfin,
il y a le problème de la contamination des
cultures non transgéniques. C'est ce qui
arrive présentement en Saskatchewan, au point
où c'est tout le secteur de la production
de canola biologique qui est menacé de disparition.
Il est de plus en plus difficile de garantir la
pureté des récoltes traditionnelles.
Conséquence : c'est tout le marché
des exportations qui s'effondre.
Pour
compenser ce manque à gagner, les États-Unis
ont dû augmenter leurs subventions à
l'agriculture de 3 à 5 milliards de dollars
par année depuis 1999. La facture est salée.
La Soil Association l'évalue à
12 milliards de dollars, seulement pour les États-Unis.
Néanmoins,
même si les promesses des entreprises de biotechnologie
n'ont pas été tenues, Monsanto entend
mettre sur le marché américain un
blé transgénique d'ici 2005. Le Canada
n'a toujours pas donné son accord. Il est
vrai que les agriculteurs canadiens auraient tout
à perdre s'ils adoptaient ce blé transgénique
puisque le marché mondial ne serait probablement
pas intéressé par cette production.
Pour
en savoir plus
Seeds
of Doubt
Rapport de la Soil Association (en anglais)
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Journaliste :
Mario Masson
Réalisatrice :
Marièle
Choquette
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