Nous
vivons maintenant dans un monde de plus en plus artificiel. L'électricité
et les systèmes modernes d'éclairage nous permettent de poursuivre
nos activités nuit et jour, sans être esclaves de la lumière solaire.
Nous pouvons aussi voyager jusqu'aux antipodes en quelques heures,
ce qui était encore impensable au siècle dernier. Or, l'être humain,
comme la plupart des animaux, a une horloge interne ajustée aux
rythme du jour et de la nuit. Une horloge que l'évolution n'a pas
préparée à traverser plusieurs fuseaux horaires en quelques heures.
Pourtant, il existe des moyens pour remettre à l'heure notre horloge
biologique. |
Jean
Beauchemin se prépare à prendre l'avion pour Paris, depuis Montréal. Compte
tenu des fuseaux horaires, il devra avancer sa montre de six heures. Déjà,
il appréhende les malaises que va provoquer ce changement d'heure, des
malaises qui vont durer tant qu'il n'aura pas aussi ajusté son horloge
interne, son horloge
biologique.
À
l'hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, l'équipe de Marie Dumont étudie cette
horloge cachée au creux du cerveau, celle qui contrôle le sommeil, l'appétit,
la température du corps, la sécrétion des hormones, etc. D'après leurs
recherches, il serait possible de modifier l'heure de l'horloge biologique,
en modifiant l'éclairage.
Ainsi, dès
son arrivée à Paris, Jean Beauchemin devra se couvrir les yeux de lunettes
très noires et les porter pendant tout son trajet vers l'hôtel. Arrivé
à sa chambre, il fera une petite sieste dans l'obscurité. Mais à midi,
changement de stratégie! Il devra maintenant s'exposer à la lumière vive.
Une sortie sur le balcon, une promenade dans Paris… Tout cela pour éliminer
aussi vite que possible les
malaises liés au «jet-lag», au changement de fuseau
horaire.
D'après
Marie Dumont, le réajustement de l'horloge interne passe par les yeux.
Il y a, sur la rétine de l'œil, des cellules dont la seule fonction est
d'ajuster l'horloge interne, qui est située dans l'hypothalamus, à la
base du cerveau. Mais attention! Pour être efficace, ce signal lumineux
doit parvenir au cerveau de Jean Beauchemin à un moment précis de son
cycle circadien. (explications de
Marie Dumont)
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pour
regarder l'animation, cliquez sur l'image
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À la fin
de chaque journée, la température corporelle baisse peu à peu sous l'effet
de la mélatonine,
l'hormone du sommeil. Or, en fin de nuit, il y a un point-pivot où la
température commence à remonter à cause d'une autre hormone, plus stimulante
: le cortisol. Comme Jean Beauchemin se lève d'habitude vers huit heures,
son point-pivot survient deux heures plus tôt, soit à six heures, heure
de Montréal… ou midi, heure de Paris. En s'exposant à la lumière à midi
- l'heure de son point-pivot -, l'horloge biologique de Jean Beauchemin
comprend qu'elle est en retard et réajuste sont point-pivot pour qu'il
survienne plus tôt, le lendemain.
Si ce réajustement
est efficace, pourquoi Jean Beauchemin ne s'est-il pas exposé à la lumière
encore plus tôt? D'abord, on a découvert en laboratoire que l'exposition
à la lumière doit survenir APRÈS l'heure du point-pivot pour avancer l'horloge
biologique. Si le signal lumineux survient avant le point-pivot, il recule
l'horloge biologique, au lieu de l'avancer.
En
somme, la recette de Marie Dumont est simple : chacun doit d'abord identifier
son point-pivot personnel, c'est-à-dire deux heures avant le moment habituel
du réveil. Ensuite, il ne suffit que de transposer ce point-pivot dans
le fuseau horaire de la destination. Pour un voyage vers l'est, il faut
avancer l'horloge interne et s'exposer à la lumière APRÈS l'heure fatidique,
comme l'exemple de Jean Beauchemin. Mais pour un voyage vers l'ouest,
c'est le contraire, il faut s'exposer à la lumière AVANT le point-pivot
pour reculer l'horloge biologique.
Enfin, dernière
astuce, pourquoi ne pas ajuster son horloge interne avant de partir en
voyage! Le matin de son départ, Jean Beauchemin aurait pu se lever deux
heures plus tôt et s'exposer aussitôt à la lumière, il aurait ainsi raccourci
d'une journée son acclimatation parisienne!
Journaliste
: Gilles Provost
Réalisatrice : Yves Lévesque
Adaptation pour Internet : Caroline Paulhus
Hyperliens
Centre
d'étude du sommeil, Hôpital du Sacré-Coeur
Société
canadienne du sommeil
Liste de chercheurs, dont Marie Dumont, et leurs coordonnés
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