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Le 21
octobre 2001
Le
bioterrorisme après le 11 septembre 2001
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Ce n'est pas la première fois que l'on utilise des bactéries mortelles de cette façon. Au cours des années 80 en Afrique du Sud, des attentats à petite échelle utilisant des armes biologiques ont été perpétrés par le gouvernement de Pretoria. Pour éliminer certains leaders anti-apartheid, on aurait mis de l'anthrax entre autres dans des filtres à cigarettes, dans des paquets de chewing-gum ou de chocolats.
Mais les armes biologiques sont-elles idéales pour des terroristes qui voudraient éliminer de grandes populations ? On parle ici de bombes fabriquées à partir de bactéries ou de virus mortels. La liste est longue, plus de 70 pathogènes possibles. Les plus menaçants incluent l'anthrax, la variole, la peste et la toxine botulinique. Le favori est l'anthrax. Cette bactérie cause une maladie qui n'est pas transmissible mais que l'on disait mortelle auprès de 100% de ses victimes. Est-ce vraiment le cas ? Rien n'est si sûr… Quelques heures plus tard, les premières victimes arrivent dans les hôpitaux avec des symptômes s'apparentant à ceux de la grippe. Mais rapidement les médecins russes constatent des hémorragies au cerveau et dans les poumons, causant rapidement la mort, souvent en moins de 48 heures. Bilan : une épidémie qui dura plus d'un mois mais qui enleva la vie à 66 personnes. À Sverdslosk, l'anthrax n'a pas causé un taux de mortalité de 100% mais seulement de 2%. C'est le seul cas documenté des effets d'une exposition aérienne à de l'anthrax sur les populations humaines. On a constaté que les jeunes de moins de 25 ans ont résisté à l'anthrax. « Ce n'est pas tout le monde qui est vulnérable à l'anthrax. C'est peut-être les gens qui fument, les gens qui sont déjà malades, les gens qui sont un peu âgés », explique Jeanne Guillemin, du Massachusetts Institute of Technology, à Boston, qui a fait partie de cette équipe de scientifiques. Pourquoi l'anthrax n'a-t-il pas été aussi virulent qu'on aurait pu le craindre à Sverdlovsk ? Cette bactérie n'est pas faite pour voyager par la voie des airs. Au contraire, l'anthrax se trouve dans le sol et contamine surtout les herbivores. Au contact de ces animaux, les humains développent souvent une maladie de peau guérissable. Plus rarement, l'anthrax peut attaquer au système digestif si l'on mange d'un animal infecté.
Ce n'est pas pour rien que les membres de la secte Aum ont utilisé un gaz chimique. Les armes chimiques sont simples et efficaces si on les compare aux armes biologiques. Au départ, l'intention de la secte était d'utiliser l'anthrax. À neuf reprises, de l'anthrax et de la toxine botulinique ont été relâchées par camion dans les rues de Tokyo. Toutes ces tentatives échouèrent. Pourtant, la secte Aum avait à sa disposition d'immenses laboratoires modernes, des scientifiques et des budgets illimités. Mais produire une arme à partir de l'anthrax n'est pas si simple. Il faut d'abord obtenir une souche suffisamment virulente. Ensuite, maîtriser la technologie pour transformer l'anthrax en fines particules et mettre au point une méthode efficace de dispersion dans l'air. De plus , lors de l'attaque, même si les conditions climatiques sont bonnes, une bonne partie des spores d'anthrax seront détruites par les rayons ultraviolets… « On ne peut pas le faire avec des petites bombes, on ne peut pas le faire avec des camions ou quelque chose comme ça. Il faut avoir des avions, pour le faire de façon efficace. Il faut avoir des ressources, les ressources d'un état ennemi », explique Jeanne Guillemin.
Ken Alibek était l'un des grands patrons de Biopreparat. Il a fait défection aux États-Unis au début des années 90. Ses déclarations sur l'état de l'arsenal soviétique ont ébranlé le gouvernement américain. Des terroristes pourraient-ils profiter de cette expertise soviétique? « Je ne crois pas que la Russie utilise les armes biologiques contre ses états voisins ou contre les États-Unis, affirme Ken Alibek. Ce serait un suicide pour la Russie. Ce qui m'inquiète, c'est la connaissance et l'expertise que cette nation possède et plus particulièrement les milliers de scientifiques et d'ingénieurs qui ont travaillé à la recherche et au développement de ces armes biologiques. Ce sont eux qui constituent, à mon avis, la plus grande menace. »
De toute façon, l'expérience du passé démontre qu'il est très difficile pour un groupe terroriste de produire, manipuler et livrer une arme biologique à des fins de destruction massive. Le choix le plus simple et le plus efficace pour les terroristes reste celui des armes conventionnelles. En utilisant des avions comme bombes, les terroristes du World Trade Center en ont fait l'horrible preuve… Journaliste : Michel
Rochon
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