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L'hyperventilation Entre 6 et 10 % de la population respirent trop. Ces gens éliminent plus de gaz carbonique que n'en produit leur organisme. C'est l'hyperventilation. L'individu voit double, est étourdi et il a la sensation de perdre conscience. Le pneumologue André Cartier a trouvé une solution toute simple au problème : enseigner la respiration. Ceux qui respirent trop, respirent mal. Ils ont une respiration thoracique plutôt qu'abdominale. Il suffit de leur apprendre à respirer « par le ventre » pour que leurs problèmes s'envolent.
Mme Chalifour ressentait aussi un point au cœur. Une douleur constante à laquelle elle s'était habituée. Et en plus, il y avait des étourdissements, des vertiges et même des engourdissements. « Moi, j'avais seulement les doigts qui venaient tout engourdis. On ne les sent plus du tout, du tout. Il faut bouger, il faut faire vraiment des mouvements pour que cela revienne. On ne sent plus du tout les doigts. Des étourdissements très régulièrement j'étais très étourdie, dans la brume aussi, on se sent un petit peu parti, peut-être un peu comme les gens qui prennent des médicaments. »
Le pneumologue André Cartier, armé des résultats des analyses et sachant les symptômes de Mme Chalifour, n'a pas hésité à poser son diagnostic : syndrome d'hyperventilation. L'anxiété et le stress alliés à de mauvaises habitudes respiratoires aboutissent souvent à ce diagnostic. « Le problème n'est pas au niveau des poumons qui fonctionnent de façon normale, nous dit le Dr André Cartier. D'ailleurs, c'est ce qui se passe, vous les faites fonctionner un petit peu trop. Quand vous faites un effort physique, quand vous faites des soupirs, quand vous bâillez, qu'est-ce qui se passe? En fait, c'est le gaz carbonique qui chute et quand le gaz carbonique chute, ça explique tous les symptômes que vous avez. »
Le résultat ne se fait pas attendre : la livraison d'oxygène au cerveau peut être réduite de 50 %. Les étourdissements, la sensation de flotter dans les nuages, apparaissent. Engourdissement des mains, des pieds, point au cœur, spasmes musculaires, maux de tête. Une kyrielle de symptômes apparaissent. Or, il n'est pas toujours facile de mettre le doigt sur le problème.
La solution : la rééducation respiratoire. La majorité des gens qui souffrent d'hyperventilation chronique ont une respiration thoracique. Lorsqu'ils respirent, leur poitrine se gonfle en haussant les épaules. C'est une respiration contre-nature qui demande beaucoup d'effort. Voici la bonne façon de respirer : on inspire par le nez. Le diaphragme se contracte et descend. En s'abaissant, il permet aux poumons de gagner en volume. L'air pénètre profondément dans les poumons. En même temps, le diaphragme pousse sur les viscères et fait gonfler le ventre. Puis, lors de l'expiration par la bouche, le diaphragme se relâche et remonte. Les poumons se vident. C'est un mouvement naturel, nécessitant peu d'énergie. Mais gonfler le ventre n'est pas toujours approprié. Il existe une véritable tyrannie du ventre plat qui favorise la respiration thoracique au détriment de la respiration abdominale.
Il faut aussi apprendre à respirer moins vite. Environ 10 à 12 respirations par minute. Les hyperventilateurs roulent beaucoup plus rapidement, jusqu'à 40 respirations par minute. Ils doivent apprendre à faire des pauses, à ralentir le rythme. « Il faut que les gens comprennent que leur problème ne sera pas peut-être pas réglé en deux mois, mais pas en deux minutes, nous explique le Dr Cartier. Ce sont eux qui doivent faire les efforts. Ils doivent eux-mêmes corriger leur respiration. On ne leur donne pas une pilule miracle. On leur montre ce qui se passe, ce qui est tout de travers et on leur dit, c'est à vous à travailler pour corriger cela. » À la maison, Mme Chalifour fait ses exercices. Respirer par le nez, utiliser le diaphragme, gonfler le ventre, faire des pauses. Ce n'est pas toujours facile de changer ses habitudes respiratoires. « J'ai tellement ressenti le bien-être tout de suite que j'ai vraiment mis l'accent sur ça, nous dit Mme Chalifour. Moi, j'ai vraiment, vraiment fait un effort parce que je savais que cela allait me faire respirer par le nez et non la bouche, et c'est probablement pour ça que la douleur de la poitrine a disparu assez rapidement, parce que c'est ça qui faisait que j'avais la grande douleur le fait que je respirais par la poitrine au lieu de l'abdomen. Alors j'ai tout de suite vu la différence. Ça n'a pas coupé à 100 % mais j'ai ressenti une amélioration progressive. » Aux grands maux, il ne faut pas toujours de grands remèdes. Le simple fait de bien respirer peut faire toute la différence. Journaliste : Claude
D'Astous
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