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L'intelligence artificielle au service de la DPJ
Le psychologue Marcel Frenette, du Centre jeunesse de Lanaudière, veut mettre de la rigueur dans ce flou. Il travaille avec Patrick Abriat, un spécialiste de l'intelligence artificielle, à mettre au point un système informatisé qui guide les travailleurs sociaux, sans toutefois remplacer la personne humaine.
Le travail que fait Gervais depuis 20 ans exige à la fois de grandes qualités humaines et beaucoup de rigueur, car les décisions doivent s'appuyer sur des faits. Il doit s'assurer de la véracité des faits rapportés au moment du signalement. Il doit aussi évaluer leur impact sur l'enfant. Heureusement pour Gervais, la situation de Mélanie est claire puisque la mère confirme les propos de sa fille. Si cela n'avait pas été le cas, il aurait fallu placer l'enfant temporairement et demander au tribunal de trancher. Au bout de quelques jours, Gervais a terminé son enquête. A-t-il en main tous les éléments qui vont lui permettre de prendre sa décision? C'est ici que le Système de soutien à la pratique (SSP) peut lui venir en aide. Le système va lui poser une centaine de question. «À partir des questions que le système va me poser, donc des réponses que je vais lui donner, le système va me proposer ce qu'on appelle une hypothèse diagnostique sur la sécurité et le développement de l'enfant», expose l'intervenant.
Comment l'ordinateur traite-t-il les réponses données par Gervais? Les ovales et le carré représentent des neurones informatiques. Ils communiquent entre eux au moyen de valeurs numériques. Au cours de son raisonnement, l'ordinateur doit évaluer le danger que court Mélanie lorsque sa mère la laisse seule toute la nuit. Deux facteurs influencent la réponse: d'abord la durée pendant laquelle Mélanie est laissée seule, et ensuite, sa vulnérabilité comme enfant. Une valeur est accordée aux deux facteurs. Plus le total de ces valeurs est élevé, plus le diagnostique indiquera que l'enfant est en danger. Gervais a répondu aux questions qui concernent la situation de Mélanie. Sur la toxicomanie de la mère et son impact sur sa fille, mais aussi sur des éléments comme les compétences parentales et la vulnérabilité de l'enfant. Conclusion de l'ordinateur : la sécurité et le développement son compromis. C'est ce que Gervais soupçonnait. Maintenant, l'ordinateur réorganise les informations fournies par Gervais pour rédiger un canevas de rapport.
Du signalement à la fermeture du dossier, le SSP permettra de s'assurer que les mesures nécessaires soient prises pour corriger la situation de l'enfant. L'intelligence artificielle au service de la DPJ? On peut commencer à y croire. Journaliste
: Isabelle Montpetit Hyperliens pertinents
Système de soutien à la pratique (SSP), par Sogique La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Association des centres jeunesse du Québec
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