| Les pistes d’espoir
(deuxième partie)
uant
aux recherches personnelles du Dr Judes Poirier sur les déficiences
génétiques dans la production de cholestérol,
il n’existe présentement aucun traitement. Mais il
serait possible de prévenir le développement de
la maladie chez les personnes qui présentent ce problème
génétique.
Au cours des dernières années,
trois grandes études épidémiologiques ont
montré que les statines, des médicaments bien connus
pour réduire le cholestérol sanguin, seraient des
agents protecteurs particulièrement efficaces. Elles permettraient
de réduire jusqu'à 70 % le risque de développer
des démences comme la maladie d'Alzheimer. «
Ça paraît paradoxal, effectivement, qu'une baisse
du cholestérol dans le sang ne reflète pas nécessairement
une baisse du cholestérol dans le cerveau. Il semble que
les statines rendent le cholestérol plus facilement accessible
aux cellules nerveuses, qui en ont bien besoin pour maintenir
la santé de leur membrane et favoriser le développement
de connections entre cellules nerveuses »,
précise de Dr Poirier. L'action des statines sur la maladie
d'Alzheimer demeure inexpliquée. Leur effet sur le niveau
de cholestérol dans le cerveau doit encore être vérifié.
D'importantes études internationales sont en cours pour
confirmer leur effet bénéfique. Leur utilisation
pourrait peut-être révolutionner le traitement de
la maladie.
Mais quand près de 80 % des neurones
ont disparu, les statines ont-elles vraiment une chance contre
la maladie d'Alzheimer? « Une fois que la maladie
est déclarée, c'est trop tard. Les statines sont
efficaces pour ralentir la progression avant d'avoir les symptômes.
C'est trop tard une fois que la maladie est déclarée
», déplore le Dr Poirier. Les statines
ne pourront donc pas, à elles seules, triompher de la maladie
d'Alzheimer. Si elles s'avèrent efficaces en prévention,
elles pourraient s'intégrer à d'autres médicaments
qui ont déjà fait leurs preuves pour ralentir la
perte de mémoire.
|