Clonage humain, les enjeux éthiques
 
 

Le protocole de Kyoto : utile ou non ?

 

Vaincre la stérilité (2)

De toute manière, les gènes ne dictent pas notre personnalité. Les clones, tout comme des enfants normaux, seront influencés par l’environnement, le milieu dans lequel ils vivent.

Le neuropsychologue et
philosophe britannique
Kenan Malik

Pour le neuropsychologue et philosophe britannique Kenan Malik, le destin des clones est loin d’être prédéterminé : « La plupart des jumeaux grandissent dans le même environnement. Les clones grandiront dans des environnements différents, ils auront des parents différents, regarderont la télé ou iront à l’école à des époques différentes. Les différences entre eux seront plus marquées que celles qu’on voit habituellement entre de vrais jumeaux.

Et puis, tout clone sera unique. Il ne sera la copie de personne, il aura une personnalité unique, un destin imprévisible, tout comme vous et moi. »

Catherine Labrusse, juriste et membre du Comité des experts européens en bioéthique
Selon les opposants au clonage, les enfants clonés porteront le poids des attentes de leurs parents.

Catherine Labrusse est membre du Comité des experts européens en bioéthique et spécialiste reconnue des droits de l’enfant. Pour elle, le clonage s’assimile à l’inceste.

« Ce n’est pas de l’inceste par la sexualité, explique-t-elle. Ce qui est important dans l’inceste, ce n’est pas simplement l’acte sexuel entre personnes apparentées. C’est, précisément, de porter atteinte à l’identité, à la singularité généalogique de chaque individu.

Tous les systèmes de parenté sont là pour construire la place singulière de chaque individu dans un système de rapports à l’intérieur de la parenté. Le clonage vient tout brouiller. »

Dossier préparé en janvier 2003
D’après un reportage de Jean-Pierre Rogel (journaliste) et Pascal Gélinas (réalisateur)
Adaptation pour Internet : Isabelle Montpetit et Karine Boucher