Clonage humain, les enjeux éthiques
 
 

Le protocole de Kyoto : utile ou non ?

 

Vaincre la stérilité (1)

Ceux qui proposent le clonage reproducteur évoquent tout d’abord les cas extrêmes de lutte à la stérilité. Des cas qu’on n’arrive pas à traiter par la panoplie actuelle des techniques de reproduction assistée.

En voici un exemple typique. Un cas fictif, mais qui pourrait être réel…

ELLE :
Nous deux, on s’aime profondément. C’est fait pour durer, on sera ensemble toute notre vie…
 
  LUI :
Nous voulons vraiment un enfant, mais pour moi, c’est impossible. Je ne produis pas de sperme, c’est de naissance. Les médecins ne peuvent rien pour moi.
ELLE :
Nous y avons beaucoup réfléchi. Nous voulons un enfant qui nous soit génétiquement relié. Alors, je suis prête à porter l’embryon qui sera fécondé à partir d’une de ses cellules. Ce sera son clone, et notre bébé à nous.
 
  LUI :
Mettez-vous à notre place un instant : pour nous, le clonage, c’est la seule solution ! Et rassurez-vous, nous l’aimerons, notre enfant. .

Le philosophe britannique
John Harris

Du point de vue utilitariste, ce scénario ne pose pas de problème.
« Beaucoup de gens accordent de l’importance à la filiation par les gènes. Ce n’est pas mon cas, mais je les respecte, et je les comprends. Et je ne vois aucune raison, en autant que nous avons la technologie, de frustrer ce désir », soutient John Harris.
Le biologiste français
Axel Khan
Pour Axel Khan, le désir de créer son propre double est fondamentalement malsain : « Dans la filiation normale d’un couple fertile, on cherche chez l’enfant les traits de visage ou de caractère qui rappellent papa, maman, le grand-père, la grand-mère, le lignage. Mais on attend de l’enfant qu’il vous étonne par ses traits, sa personnalité, son originalité.

Un homme stérile peut augmenter la dimension de l’altérité dans la filiation en acceptant que sa femme soit fécondée avec un sperme de donneur. Lui et sa femme peuvent adopter un enfant. Si l’homme ne peut imaginer comme enfant à aimer que sa reproduction génétique, je trouve qu' il y a une régression narcissique de cette dimension de valorisation de l’altérité qui est, je crois, le luminaire faisant briller la filiation. »

Dossier préparé en janvier 2003
D’après un reportage de Jean-Pierre Rogel (journaliste) et Pascal Gélinas (réalisateur)
Adaptation pour Internet : Isabelle Montpetit et Karine Boucher