Conclusion
Mais tout ça se passe au Nord, dans notre hémisphère.
Pourtant, cest la biodiversité du Sud qui est la plus menacée.
«Cest un dilemme qui mamène
à dire quil faudrait que le Nord fasse plus deffort pour
aider le Sud, nous dit Claude Hamel. Et les efforts sont à
tous les niveaux. Aussi bien au niveau économique quau niveau
de la formation.»
En plus denseigner à lUQAM, Claude
Hamel est responsable dun programme de formation en biodiversité
dans les pays francophones dAfrique. Les moyens sont dérisoires
alors que la tâche à accomplir est immense. En fait, ces programmes
existent depuis la signature, en 1992, de la Convention de Rio sur la diversité
biologique. À lépoque, cette Convention avait suscité
beaucoup despoir, mais les États-Unis ont toujours refusé
de ratifier cette entente. Ils sopposent au partage équitable
des profits tirés de lexploitation des ressources du Sud. Les
États-Unis, en somme, refusent de reconnaître que le sort de
la biodiversité est entre les mains des pays du Nord.
«Je pense que cette conscience-là existe,
ajoute Claude Hamel. Mais ça ne se traduit pas très
rapidement par des gestes concrets. Et cest là que cest
dangereux. Le temps joue contre nous. Il faut des actions concrètes
et rapides. Je ne sais pas ce quil faut faire pour que le Nord comprenne.
Mais actuellement, je ne vois pas daction concrète ou du moins
très rapide qui fait que ça va changer du jour au lendemain.»
«Tout indique quune extinction majeure
est sur le point de se produire, conclut David Tilman. Elle nest
pas due à une cause extérieure comme une météorite
mais à lactivité humaine. Dici 50 ans, nous pourrions
éviter la majorité de ces impacts. Sinon les générations
à venir pourront se demander avec étonnement pourquoi nos
ancêtres étaient-ils aussi stupides, pourquoi nont-ils
pas compris limportance de la biodiversité, pourquoi ont-ils
laissé tant despèces disparaître?»
Lentrée dans le troisième millénaire sest faite sous le signe du luxe, du faste, de la fête. Mais pendant ce temps, la biodiversité continue de disparaître.
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Claude Hamel, professeur à l'Université du Québec à Montréal et responsable dun programme de formation en biodiversité dans les pays francophones dAfrique.