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Le 24 octobre
1999
Tout
a commencé par des études épidémiologiques. On a constaté que dans la population
française, où la consommation de vin est élevée, on meurt moins de maladie
cardiaque que dans d'autres populations où on consomme nettement moins de
vin.
Étonnant... mais ce phénomène peut être dû au mode de vie: les Français, ce sont de bons vivants, ils prennent du vin en bonne compagnie et ils prennent leur temps... On a donc parlé d'effet cardio-protecteur du vin, mais cela ne faisait pas l'unanimité. Du moins, jusqu'à une étude danoise publiée récemment.
À
l'Institut de médecine préventive de Copenhague, on a suivi plus de 13 000
hommes et femmes sur une période de 16 ans. Résultat : ceux qui consomment
modérément du vin réduisent considérablement leur risque de maladies cardio-vasculaires
par rapport à ceux qui n'en prennent pas. On n'a observé aucune réduction
de risque parmi les buveurs de bière ou de spriritueux.
Conclusion: seul le vin protège le coeur. Mais attention, on parle ici d'une consommation modérée : deux à trois verres par jour, pas plus. Au-delà, des effets néfastes apparaissent. Autre surprise de cette étude : l'effet protecteur ne semble pas dû à l'alcool que le vin contient, mais plutôt à ses composés non alcoolisés.
Mais
de quels composés peut-il s'agir et comment agissent-ils? Ici, on entre
dans le domaine des hypothèses.
Le vin est un liquide complexe, formé de centaines de molécules. Certains chercheurs sont sur la piste des phénols. Ces composés chimiques ont des propriétés antioxydantes. Au niveau le plus intime de la cellule - par exemple, dans la paroi des vaisseaux - , ils agissent comme des éboueurs naturels, ils débarrassent les cellules de leurs débris. D'autres chercheurs travaillent sur un des phénols, nommé resvératrol.
Le
resvératrol est un antibiotique naturel de la vigne, qui lui permet de résister
aux attaques des moississures. On le trouve surtout dans la pellicule des
raisins. À cause de différences dans les processus de fabrication,
sa concentration est toujours plus élevée dans le vin rouge que dans le
vin blanc.
Administré à des rats, le resvératrol améliore la circulation du sang, et diminue les risques d'obstruction des vaisseaux. Chez l'homme, la preuve équivalente n'est pas faite, mais tout cela suggère un mécanisme d'action physiologique. Le composé actif du vin empêcherait les dépots de mauvais cholestérol et aiderait les vaisseaux à bien fonctionner.
Pour
les amateurs de vin, nouveau rebondissement.
Car, si les bienfaits sont dans la partie non alcoolisée du vin, ils se retrouvent aussi dans le fruit non fermenté, dans le raisin! Ainsi, un authentique jus de raisin serait tout aussi bénéfique que le vin rouge. A preuve, cette étude récente de la revue de l'Association américaine de cardiologie. Pendant deux semaines, on a fait boire du jus de raisin rouge à 15 patients à risque coronarien. Au bout de l'expérience, l'élasticité de leurs vaisseaux s'était beaucoup amélioriée. Un résultat préliminaire encourageant, qui reste toutefois à confirmer.
Phénols,
resvératrol, raisins rouges.... certaines entreprises ont vite flairé la
bonne affaire. Bientôt, au Canada, à la pharmacie du coin, on vous proposera
un autre supplément diététique.
Mais attention! La santé cradiaque, c'est plus qu'un bon coup de marketing, ou un verre de rouge à l'occasion... Tous les médecins à qui nous avons parlé sont unanimes: un coeur en forme, c'est un poids-santé, une saine nutrition, et de l'exercice physique. Désolés, chers amateurs de vin...mais il vous reste une consolation: boire du vin entre amis fait généralement baisser le niveau de stress. Et ça, c'est assez bon pour le coeur! |